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2012-04-20

Les répercussions de la crise malienne en Algérie

Par Mouna Sadek pour Magharebia à Alger – 20/04/12

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Il faisait nuit samedi dernier le long de la frontière avec le Mali lorsque les services de sécurité algériens ont repéré un véhicule suspect. Après avoir entrepris de fouiller ce pickup, ils y ont découvert une importante quantité d'explosifs.

Les forces de l'ordre présentes dans la région frontalière de Tamanrasset interceptent régulièrement des trafiquants et des combattants d'al-Qaida au Maghreb islamique. Mais cette fois, les trois Algériens et le ressortissant malien appréhendés le 14 avril près de Tin Zaouatin appartenaient au groupe islamiste Ansar al-Din au Mali, a précisé une source proche des services de sécurité au quotidien Echorouk.

La crise dans l'Etat voisin venait de franchir les frontières algériennes.

Et le pays est désormais conscient de ce que la prise de pouvoir dans le nord du Mali par des islamistes armés et des terroristes signifie pour la stabilité dans la région. Au lendemain du coup d'Etat militaire, Ansar al-Din a mis la main sur la plus grande partie du nord du Mali, conjointement avec le Mouvement national pour la libération de l'Azaouad (MNLA).

Le lendemain de ces arrestations à Tamanrasset, Yves Bonnet, l'ancien directeur de la DST, les services de renseignement français, parlait de la crise malienne lors d'une conférence sur la sécurité au Sahel organisée à Alger. Il y a souligné que "l'Algérie est le seul pays d'Afrique du Nord à disposer d'une armée bien équipée et bien entraînée."

"Il est important pour l'Algérie d’affirmer de manière déterminée sa position de puissance dominante dans la région. Il y va de l'intérêt de sa sécurité nationale", reconnaît le politologue Salah Mouhoubi.

"Notre pays se trouve directement confronté à la situation qui prévaut dans le nord du Mali", a-t-il expliqué à Magharebia. "Nous ne sommes pas à l'abri des prolongements négatifs induits par cette dégradation de la situation."

Lorsque le Mouvement pour l'unité et le djihad en Afrique de l'Ouest (MUJAO), affilié à al-Qaida, a décidé d'enlever sept diplomates algériens du consulat à Gao, l'Algérie s'est trouvée directement impliquée dans la crise malienne, a-t-il ajouté.

Mais le Mali n'est pas seulement le problème de l'Algérie.

Pour l'analyste de la sécurité Ahmed Adimi, "c'est une pression supplémentaire qui devra être supportée par les armées des pays de la région. Les pays du Sahel auront à faire face aussi aux conséquences humanitaires de cette crise, notamment avec les flux de réfugiés maliens."

La situation au Mali contraindra l'Algérie à réserver un budget supplémentaire pour préserver sa sécurité et répondre à l'arrivée de dizaines de milliers de Maliens sur son sol, a-t-il ajouté.

Le Professeur Mhand Berkouk, directeur du Centre de recherches stratégiques et sécuritaires (CRSS) d'Alger, a livré une autre évaluation inquiétante de la situation. Dans un entretien accordé le 9 avril au quotidien El Watan, il a averti que les nouveaux acteurs terroristes au Mali (le MUJAO) et les liens croissants entre les réseaux terroristes au Sahel et ceux présents au Nigeria et en Somalie représentent une menace pour le continent, "du Cameroun au Kenya".

"Ce qui se passera ensuite au Mali sera, à mon sens, bien plus sérieux qu'un simple remous sur le théâtre politique. Cela entraînera la déstabilisation d'un Etat et d'une région, et l'ouverture d'une véritable boîte Pandore de l'insécurité", a-t-il affirmé.

Barkouk envisage deux scénarios possibles pour l'Azaouad : une "afghanisation", avec l'émergence d'un nouveau front terroriste international, ou une "somalisation", avec la prolifération du crime organisé et des trafics de drogue. L'instabilité dans le nord du Niger pourrait également représenter un nouveau casse-tête pour l'Algérie.

Les prévisions de Kamel Rezzag-Bara, conseiller du Président algérien, sont moins dramatiques : "Des groupes terroristes extrémistes veulent déstabiliser la région, mais l’Algérie saura trouver, avec ses partenaires, les moyens adéquats pour faire face à cette menace."

"Nous considérons nos frontières non pas comme des lignes de séparation, mais comme des espaces de partage et d’échange", a-t-il ajouté. "La stabilité à nos frontières est importante, et nous devons y participer avec les Etats de la région."

Pour l'instant au moins, les Algériens vivant dans le sud du pays se sentent relativement à l'abri du danger.

"Les rebelles maliens n’ont pas l’intention de déstabiliser l’Algérie", a déclaré Ahmed Idabir, l'amenokal (chef de tribu touareg) de Tamanrasset, au quotidien El Watan vendredi dernier. "Nous n’avons pas les mêmes objectifs ni les mêmes revendications que les Touaregs maliens."

Il a néanmoins fait part de son inquiétude concernant les groupes terroristes qui circulent librement dans la région, en particulier dans la ville de Tamanrasset.

La ville était restée à l'écart des conflits durant les années 1990. Mais le mois dernier, un attentat suicide à Tamanrasset perpétré par le MUJAO a blessé quinze policiers et huit civils devant le siège de la Gendarmerie nationale.

"C’est très étrange", a-t-il affirmé. "Des étrangers envahissent la cité et nous ne pouvons plus maîtriser la situation. Nous voulons "nettoyer" notre ville. Nous sommes devenus un carrefour de maladies et de contrebande."

Au vu des différentes menaces que connaît la wilaya, les autorités algériennes sont prêtes à riposter. Et l'une de ces ripostes consiste à améliorer les conditions de vie dans la région.

Bien que le ministre de l'Intérieur Daho Ould Kablia n'ait pas exclu la possibilité de fermer la frontière avec le Mali, l'attention se tourne désormais vers un nouveau programme de développement pour les villes et les villages de l'extrême-sud.

Le Premier ministre Ahmed Ouyahia a récemment annoncé que dix grandes entreprises publiques seraient créées pour assurer la relance de l'économie locale. Selon lui, les programmes de développement pour Tamanrasset "reflètent l’intérêt grandissant et les efforts colossaux de l’Etat visant l’édification de la wilaya".

"Il y a une réflexion extrêmement importante sur le grand sud, tous créneaux confondus, pour qu'il y ait une véritable transformation", a expliqué Ould Kablia.

"Le sud est pour nous une préoccupation importante, pas seulement pour des raisons politiques, mais aussi par devoir de l'Etat qui doit accorder à ses citoyens les mêmes moyens d'une vie décente", a ajouté le ministre.

Et encore plus dans ces endroits, a-t-il ajouté, "parce que la nature ne leur est pas toujours clémente".

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  1. Anonymous_thumb

    maleckmody 2012-9-5

    il va de sois que tous les pays frontaliers concernés par ce fléau doivent avoir une concertation bien définie et ensemble prendre d'assaut, en commun, une stratégie pour une véritable paix dans la sous région ces gropuscules ne doivent en aucun cas entraver une paix, une liberté et une stabilité, islamistes, salafiste MUJAO,Ansardine, MNLA, doivent être extréminer car s'en est une végétation empoisonnée merci

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  2. Anonymous_thumb

    Tam 2012-5-7

    merci mon frère , tu l'as bien dit nous aimons , adorons notre pays , vive l'Algérie et son peuple du sud au nord de l'est à l'ouest ... rendez vous au 10 mai si Dieu le veut c'est les enfants patriotes qui l'emporteront ... si Dieu le veut ... Algérie je t'aime !!!!!!!!!!!!!!!!!

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  3. Anonymous_thumb

    algérien du sud 2012-5-3

    Mieux vaut tard que jamais ! dit l'adage universel ... Traitez les citoyens du sud comme ceux du nord de l'est ou de l'ouest ... c'est le minimum républicain . Il est tant de donner à ces populations aussi algériennes que les autres les possibilités de développer leur région et donner un moyen d'existence à leurs enfants ... Il était temps ! le sud n'est pas qu'exotique pour le tourisme à la recherche de dépaysement , c'est le peuple d'Algérie qui aspire aux mêmes valeurs que le peuple tout entier , en clair ce peuple a droit a une juste répartition de la richesse nationale qui jusqu'à présent l'a oublié ... Nous adorons notre terre notre mère & salamalikoum !!!

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