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2010-04-09

Les stations thermales algériennes accueillent un nouveau type de clientèle

Texte et photos par Nazim Fethi pour Magharebia à Alger – 09/04/10

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Les stations thermales de sources chaudes en Algérie ont longtemps été des lieux très prisés par les seniors venus y chercher le calme et y profiter de soins réparateurs, mais leur renommée s'est désormais étendue parmi les familles algériennes, modifiant ce qui était autrefois une destination de vacances réservée.

Lors de ces vacances de printemps, qui se sont terminées le lundi 6 avril, des hordes de vacanciers ont fait le siège des sources d'eau chaude et des stations du nord-est du pays.

Salah, un cadre bancaire, et sa femme Rabia, pharmacienne, ont pris des congés maladie pour emmener leurs enfants dans la wilaya de Guelma, à quelque 550 kilomètres d'Alger.

"Nous travaillons toute l’année, sauf un mois pendant l’été. Les enfants sont en vacances, nous ne pouvons pas les laisser seuls à la maison pendant toute la période des vacances, alors nous nous sacrifions", nous avoue Rabia.

La route entre Alger et Guelma est habituellement calme le week-end. Mais le 19 mars, date de début des vacances de printemps, la sortie de Constantine connaissait un flux incessant de cars en partance pour Guelma, marqués "excursion".

Premier arrêt de ce circuit des sources : Hammam El Maskhoutine, la station thermale la plus ancienne et la plus connue dans la région. Le parking du lieu fait penser à celui d'un stade sportif, avec des véhicules et des piétons faisant la queue devant les barrières.

"Nous avons reçu 30 000 visiteurs, 3 000 voitures et 250 cars ce vendredi", explique Amar Taoutaou, le directeur technique du complexe.

A la réception de l'hôtel, c'est la bousculade ; chacun veut une chambre ou un chalet, pendant que le réceptionniste s'égosille à crier que l'hôtel est complet.

Bachir, un homme d'une soixantaine d'années, visiteur régulier, vient d'arriver de Constantine : "J’ai pris le premier taxi collectif vers Guelma et de là, j’ai pris le bus pour le Hammam", explique-t-il à Magharebia. "On me dit que c’est complet. Je vais attendre jusqu’à midi, si une chambre se libère."

Bachir se plaint du coût élevé des séjours. "Au printemps, les prix grimpent. Mais c’est le meilleur moment de la saison pour soigner mon rhumatisme", explique-t-il.

"J’ai fait le tour des hammams de la région, mais celui-ci reste le meilleur. Mes douleurs disparaissent quand je viens me baigner ici", nous explique-t-il en allant attendre qu'une chambre se libère.

Hammam El Maskhoutine offre à la fois des possibilités de loisir pour les touristes et les familles, et des cures thermales pour les infirmes et les personnes âgées. Outre son complexe public de 44 hectares, il propose un grand nombre de bains traditionnels, dont certains datent de l'époque romaine. Mais ce sont les espaces verts et les zones de détente qui attirent le plus les jeunes familles et les enfants.

Mais pour de nombreux vieux habitués, ces jeunes vacanciers changent l'ambiance de ces cures.

El Hadja Saliha, une Algéroise de 72 ans qui a fréquenté nombre de hammams traditionnels et de stations, se déclare peu impressionnée par Hammam El Maskhoutine. "Si je suis là, c’est parce que la caisse d’assurance m’a trouvé une prise en charge pour une cure de 21 jours ici ; si j’avais les moyens, je serai partie ailleurs", explique-t-elle à Magharebia.

"Et j’aurais évité la période des vacances scolaires", ajoute-t-elle.

A quinze kilomètres de là se trouve la station thermale entièrement neuve d'Ouled Ali, qui comprend deux complexes privés et un hammam municipal. Les parkings sont noirs de monde, les hôtels et les chalets totalement complets, et dès 7 heures du matin, des queues se forment devant les portes des hammams et des salles de soin.

A la réception du complexe El Baraka, un patient âgé se plaint à la réceptionniste du bruit que font les enfants qui jouent dans les couloirs de l'hôtel. Cette dernière lui explique que les familles sont là en vacances.

"Mais que faites-vous des curistes qui viennent se soigner ?", demande l'homme. La réceptionniste reconnaît qu'elle ne peut pas faire grand'chose.

"Regardez, en face de la réception, ces jeunes qui sont en train de chanter et de danser", explique-t-elle à ce client frustré. "Ils sont venus en excursion organisée par leur lycée. Doit-on leur interdire de venir ?"

Les stations thermales étaient auparavant fréquentées par des patients auxquels les caisses d'assurance maladie recommandaient des cures thermales. Mais ces trois dernières années, les familles ont été tellement nombreuses à fréquenter les lieux pendant les vacances scolaires que les propriétaires ont été contraints d'agrandir leurs installations.

Et la situation est partout la même : à Hammam El Maskhoutine, où un nouveau hammam, de nouvelles installations de réception et une nouvelle clinique ont ouvert, et où un nouvel hôtel cinq étoiles et des zones de jeux sont en construction, ou à El Baraka, où de nouveaux chalets sont en train d'être construits, ou dans le magnifique complexe Bouchahrine, où un centre de traitement ultra moderne est sur le point d'être achevé.

Outre la frénésie des nouvelles constructions pour pouvoir répondre à une demande toujours croissante, le rush vers les stations thermales a également entraîné une forte hausse des tarifs.

Salim, la quarantaine, a trouvé la solution. Ce comptable originaire d'Annaba s'organise avec ses voisins pour louer des minibus chaque jour pour parcourir la centaine de kilomètres qui les séparent des sources d'eau chaude de Guelma.

"On amène notre nourriture avec nous. On ne paye que les tickets d’entrée au hammam à cent dinars. Quant à l’hôtel ou aux bungalows, c’est pour les gens envoyés par les caisses d’assurances ou les riches", explique-t-il.

Les avis divergent sur les raisons de cette ruée vers les stations thermales. Said, enseignant de Laghouat dans le Sahara, a une explication très simple : "Nous n'avons nulle part où aller."

"Ces complexes sont un mélange de parcs d’attraction, d'aires de jeux pour les enfants et un moyen de se refaire une santé pour les adultes, donc on joint l’utile à l’agréable", explique-t-il à Magharebia.

Quant aux jeunes de la région de Guelma, ils voient cet afflux de touristes comme une manne tombée du ciel.

A Ouled Ali, un village perdu entre les montagnes verdoyantes, Rabah, un habitant, explique qu'avant la récente frénésie des touristes pour les sources d'eau chaude, "il n’y avait rien, à part l’agriculture et l’élevage".

"Personne n’avait entendu parler de nous, mais avec les deux complexes et l’affluence des curistes, tout le monde y trouve son compte", ajoute-t-il. "On travaille dans les complexes, on revend des choses demandées par les curistes", explique ce jeune à Magharebia.

"On commence à sentir que nous existons."

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  1. Anonymous thumb

    ADAM/ROBERT 2014-6-10

    francais au mois d aout en algerie possible de faire une cure de 3/4 jours a guelma plus me dire les prix

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    faridos 2012-12-16

    prire me donner les tarif de chambre de hammame oulad ali et dfe tarik et le dortoir a hammame debagh de guelma ainsi que leurs avis personel

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    salim anwan 2011-10-17

    salut moi salim dalger je viens de visité cet beau coin de station thermale c est magnifique mais c est dommage c'est cher la résidence cause manque investissements dans les hotels bye

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    fati73 2010-4-14

    je rêve d'y être

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