2007-06-29
Le festival de Gnaoua et musiques du monde souffle ses dix ans
Par Sarah Touahri et Oumnia Guedda pour Magharebia à Essaouira – 29/06/2007
Le festival de Gnaoua et musiques du monde a fêté ses dix ans ; un anniversaire fort en couleurs et en symboles. La ville d’Essaouira a vibré pendant cinq jours du mardi 19 au samedi 23 juin sous les rythmes originaux de cette manifestation particulière qui attire chaque année des artistes originaires d' Essaouira et de bon nombre de pays.
La musique Gnaoua mêle un style de musique marocaine à ses origines sub-sahariennes. Elle fait aussi référence à un groupe ethnique et à un ordre religieux, descendant en partie d'africains noirs qui ont émigré en caravanes, dans le cadre du commerce trans-saharien.
Les gnaoui jouent une musique de transe, hypnotique, marquée par des sonorités basses, des mélodies rythmiques, des chants en 'call and response', des battements de main et des cymbales appellées krakebs. Les cérémonies gnaouas utilisent la musique et la danse pour invoquer les saints ancestraux, afin de faire fuir le Démon, de soigner les maladies psychiques et la douleur physique.
Le festival est resté fidèle à sa philosophie visant à donner au patrimoine culturel Gnaoui la possibilité de s'exprimer et de s'épanouir en créant un espace de dialogue. Au total, ils sont quelque 25 groupes Gnaoua, près de 250 artistes marocains ainsi que150 musiciens étrangers qui ont redonné vie aux sons traditionnels. L'interaction de cette musique ancestrale et des rythmes du monde progresse et ce sont des moments intenses et d'une grande émotion qui ont été offerts au public.
Essaouira a revêtu ses plus belles parures, les artères de la ville étaient investies par une foule bigarrée, marocaine, occidentale ou africaine. Jeunes et moins jeunes se partageaient la même ambiance festive et originale. Des projections en lumière passant sur le patrimoine architectural des vieilles rues de la ville avaient été installées sur les remparts de la médina.
Le programme de cette année a proposé aux festivaliers une invitation rythmée à travers une série de manifestations intellectuelles, musicales et culturelles. . Des manifestations qui ont investi la ville et les lieux d’Essaouira de manière progressive. « Nous avons voulu démarrer progressivement car c’est pendant le week-end qu’on reçoit beaucoup de mondes », dit la directrice du Festival, Neila Tazi.
Le Festival a ravivé l'intérêt pour les musiques et les traditions gnaouis. « Je suis très ravi. C’est mon premier véritable concert et je trouve qu’à travers notre rencontre avec des artistes étrangers, l’art et le patrimoine se trouvent enrichis. », signale maître Gnaoui Abdellah Guinea.
"la tradition renaît", dit Mohamed Kouyou, confrère de Guinea. "Les organisateurs font tout pour empêcher notre art de disparaître. Le fait que des artistes internationaux apprécient la musique gnaouie est une grande reconnaissance qui nous procure une grande fierté. "
Cette année, un hommage a été rendu à un des maîtres de la musique gnaoua, H’mida Boussou, décédé en février dernier à l'âge de 68 ans. Boussou a rejoué son dernier concert, donné l'année dernière, devant un public de 25000 fans. Son fils, qui vit en France, contribuera lui-même à l'hommage rendu en jouant avec le groupe de son défunt père.
Neuf Scènes ont été programmées pour enchanter le public du festival. Les festivaliers ont écouté à la fois musiciens Gnaoua, seuls ou en fusion avec des musiciens étrangers, des artistes ou des groupes étrangers. Quelque 500 000 festivaliers ont apprécié trois concerts exceptionnels, autour des trois directeurs artistiques et musiciens Abdeslam Alikane, Loy Ehrlich et Karim Ziad. Chacun d’entre eux a conçu une création musicale inédite réunissant musiciens Gnaoua et artistes world. Karim Ziad se félicite du succès du festival tout en signalant que le public ne peut qu’apprécier la manifestation si tous les éléments de réussite sont réunis.
Selon les organisateurs, le Festival a souhaité célébrer ses dix ans en renouant avec les meilleures fusions musicales depuis sa création. Dans cet objectif, ils ont invité des musiciens world ayant marqué l’histoire du festival, et notamment le guitariste français Louis Bertignac, le percussionniste burkinabé Yaya Ouattara, le batteur-né Cyril Atef, le percussionniste marocco-sénégalais Mokthar Samba et le pianiste autodidacte Jean-Philippe Rykiel.
L’artiste américain Hari Hoeing est ravi du temps passé au festival. « J’aurais aimé rester plus longtemps. Le travail que nous avons réalisé m’a beaucoup touché. », s’exclame-t-il.
Danses, sauts, chants, couleurs…Les spectacles étaient éblouissants de l’avis de nombre visiteurs. Le grand public est reconnaissant au festival. Ils sont des milliers de personnes à venir découvrir pour la première fois le festival d’Essaouira ou à renouveler le rituel. Certains évoquent le charme de la ville, d’autres s’attachent à la programmation artistique de la manifestation en citant les affinités des musiciens, les qualités artistiques et les rencontres inédites et originales.
Samira Bahi, marocaine résidante en France, vient spécialement pour apprécier l’ambiance que procure la manifestation aux lieux. Elle dit à Magharebia que le Festival d'Essaouira a eu le mérite d’encourager les Marocains à redécouvrir les rythmes des Gnaoua qui constituent une partie riche de leur patrimoine culturel. « Je viens chaque année comme à l'aventure car je vis de grands moments d'émotion, dans une ambiance en même temps festive et pacifique. », précise-t-elle.
Outre les concertes, des manifestations artistiques et culturelles, conférences et rencontres, ont jeté la lumière sur l’histoire des Gnaoua. Des projections de films en journée ont permis également de revenir sur l’histoire du Festival et sur la culture des Gnaouas.
Créé en 1998 sous l’appellation de « premier festival de la culture des Gnaouas », le festival Gnaoua et Musiques du Monde a vu le jour à l’initiative d’une poignée de passionnés ayant à coeur de réhabiliter le patrimoine Gnaoua qui était en voie de disparition. Dès l'origine, l'idée des organisateurs a été de mêler les Gnaoua à des musiciens et des musiques du monde entier : jazz, blues, pop, techno ou percussions africaines.
En une décennie, le visage d’Essaouira s'est transformé. Le festival a, en effet, réussi à booster l’activité économique de la ville à travers les projets infrastructurels, touristiques et immobiliers. L'événement attire chaque année 500 000 personnes, son budget augmente en proportion - il s'est élevé, pour ce dixième anniversaire, à 9 millions de dirhams. Et Essaouira, la ville des vents, ouvre toujours ses bras aussi bien aux fans de la musique Gnaoui qu’aux nouveaux adeptes et leur donne rendez-vous l’année prochaine pour une onzième édition.
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![[Sarah Touahri] L'affiche du dixième anniversaire du Festival de Gnaoua et des Musiques du Monde.](/awi/images/2007/06/29/070629awireportage1-271_179.jpg)
![[Getty Images]Une troupe Marocaine et Burkinabé fusionne lors de la soirée d'ouverture de la 10eme édition du Festival Gnaoua et Musique du Monde d'Essaouira](/awi/images/2007/06/29/070629awireportage2-271_179.jpg)
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soufiane 2010-5-3
Oui, j'adore le Gnawa. Je vais chaque année à Essaouira. Quelle est la date du festival d'Essaouira ? Est-ce que c'est le 22/06/2010?
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مجهول 2010-2-15
Je n'aime pas le Gnaoua. Il n'y a donc pas besoin de le fêter. C'est une perte de temps et d'argent !
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عزيز 2009-8-23
Gnaoua
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salmomo 2009-6-16
C'est un festival génial. Quand est-ce qu'il va s'ouvrir cette année ?
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ehdi salhane 2009-6-5
Un texte intéressant et constructif qui mérite d'être salué.
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moulzim el alaoui 2008-8-27
Le festival de Gnaoua est le plus réussi du monde, en nombre de visiteurs et au vu des artistes célèbres qui y participent, en plus des maîtres du Gnaoua qui ont gagné la célébrité mondiale. Ce festival a réhabilité un patrimoine qui avait été oublié pendant des années. Il est maintenant devenu fameux et populaire parmi les jeunes d'âges différents. La musique Gnaoua est devenue une musique du monde. Tous les musiciens du monde interagissent avec. La musique Gnaoua, détentrice d'une longue histoire, est considérée comme une musique spirituelle. Elle a assuré sa continuité dans cette belle et grande ville grâce à la créativité de maîtres comme le maître El Kasri, le maître Kenya, le maître Alikan, le maître Bakbou et encore bien d'autres. Cette interaction incomparable dans ce festival entre les artistes et le public reflète la réussite de ces maîtres qui sont parvenus à communiquer la chanson Gnaoua aux jeunes. Ils répètent maintenant les paroles de ces chansons, même si elles comprennent des mots et des phrases africaines. De plus, le nombre de visiteurs qui viennent dans cette belle petite ville est estimé à des milliers de gens. Les routes menant d'Essaouira à Marrakech débordent de voitures et de bus. Chacun entame ce voyage afin de sentir le souffle de la musique Gnaoua, qui pénètre les coeurs et s'y loge. Cela devient une addiction annuelle. Quelle agréable addiction ! Puisque nous évoquons le festival Gnaoua, nous ne devons pas oublier un autre festival, organisé chaque année en août dans la même ville, le festival des talents du Gnaoua. C'est un concours annuel réunissant des jeunes pratiquant la musique Gnaoua, venus des différentes régions du Maroc. Ses visiteurs sont également nombreux. Il est aussi important que le premier. C'est un festival qui enrichit ce bel art et assure sa continuité.
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mohamed bouhid 2007-10-22
Vraiment, Kouyou tu es le seul ici.
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عزيز بالحسين 2007-9-1
Dieu bénisse l'art Gnaoui.
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hassan 2007-7-29
vriment wawe
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Hamada 2007-7-1
Salut à vous, voilà un fantastique compte-rendu du festival. Je souhaite seulement que suffisamment de choses aient été réellement faites pour assurer la promotion du festival, avant même qu'il ne se soit déroulé. J'en suis arrivé à me dire qu'il représente en fin de compte l'une des trop rares occasions qui permette au Maroc de briller à travers sa tradition comme une grande nation africaine ! Puis-je seulement préciser que Mokhtar Samba n'est pas un percussionniste, mais l'un des plus grands batteurs du monde. Son apparition majeure s'est effectuée avec Ultramarine, aux côtés de Mario Cannonge (Piano), Nguyen Le (Guitare), Etienne Mabappe (Basse), Bago (Percussion) et Pierre-Olivier Govin (Saxophone). Regardez son album Dounia, il ne contient pas tellement de tagnaouit, mais les cachets du Maroc et de l'Afrique y figurent bien. Vous pouvez aussi voir le soleil de sa vie, Reda Samba ! Une fois de plus merci pour cet article.
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