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2012-12-13

L'instabilité au Sahel affecte le tourisme du désert en l'Algérie

Par Walid Ramzi pour Magharebia à Alger – 13/12/12

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L'instabilité au Sahel a eu un impact négatif sur l'économie algérienne, affectant, en premier lieu, le secteur du tourisme.

Décembre est habituellement un mois prospère pour les agences de voyages, le désert étant très prisé en tant que destination de vacances d'hiver.

Mais moins de 650 touristes ont visité cette année la province de Tamanrasset, ce qui représente une chute de 60 pour cent depuis 2011. Et ce sont quelque 80 agences de voyages qui pourraient être amenées à fermer boutique.

"Cette situation résulte du déclin significatif enregistré dans le nombre des touristes étrangers au cours des dix dernières années, en raison des conditions sécuritaires en Algérie. Cette baisse est également due à une plus forte détérioration de la situation dans le Sahel", a déclaré le 4 septembre le directeur de l'association des agences de tourisme de Tamanrasset, Azzi Addi Ahmed.

La fermeture d'un certain nombre de sites touristiques, parmi les plus attractifs, situés dans les montagnes du Hoggar et à Tassili est venue exacerber le problème. Ces destinations populaires sont actuellement soumises à de strictes mesures de sécurité.

La Direction centrale du tourisme de la province de Tamanrasset a informé toutes les agences du secteur que la décision de la fermeture de certains hôtels, pour des raisons de sécurité, resterait en vigueur.

L'Askram, situé à 80 kilomètres au nord de la ville de Tamanrasset, restera accessible. Cette région est fréquentée par des touristes désireux de passer le Nouvel An devant des paysages grandioses lors du dernier crépuscule du mois de décembre, et de contempler la première aube de l'année dans le désert.

Selon le président du Syndicat national des agences de voyage (SNAV) Bashir Djeribi, la crise survenue dans le nord du Mali a eu des conséquences majeures sur le tourisme du désert en Algérie.

"Elle a mené à une baisse d'environ 60 pour cent du nombre des touristes locaux et internationaux, transformant les régions de Tassili et du Hoggar en zones isolées", a-t-il expliqué.

Le ministère du Tourisme a tenté, depuis 2005, de promouvoir le tourisme du désert, allant jusqu'à considérer ce dernier comme une ressource essentielle de l'économie nationale, en particulier en tant qu'instrument de développement régional dans le sud du pays.

Mais ce ne sont pas seulement les préoccupations d'ordre sécuritaire qui viennent entraver la réussite de cette stratégie. Les problèmes administratifs empêchent souvent les touristes étrangers d'obtenir une autorisation appropriée pour se rendre dans les régions désertiques du sud.

Les agences de voyages ne sont pas les seules à payer le prix de la baisse du nombre de touristes. Les Touaregs locaux travaillant comme guides sont également concernés.

"Il n'y a aucun autre moyen de gagner sa vie ici ; la région entière vit du commerce qui ne fleurit que grâce aux touristes", explique Mohammed à Magharebia.

"Mais maintenant, avec la baisse du nombre de touristes étrangers, nous sommes forcés de trouver d'autres activités, parfois illégales. Nous risquons nos vies et celles de nos familles pour pouvoir nous assurer un revenu", explique ce guide touareg.

"Nous ne voulons pas pratiquer ce type d'activité et nous ne le souhaitons à personne, parce que les risques sont grands dans le désert, mais il n'y a pas d'autre solution", explique-t-il.

"En attendant le retour des touristes, il n'y a aucun autre moyen de gagner un peu d'argent, sinon par cette activité", ajoute-t-il.

Cette situation a obligé certains propriétaires d'agences de voyage à réclamer des subventions auprès de l'état, pour éloigner le spectre de la faillite.

Pour sa part, le gouvernement a promis de se pencher sur les problèmes présentés par les directeurs des agences.

Lors d'une réunion avec les représentants des agences de voyages, le 27 novembre, le secrétaire d'Etat chargé du tourisme, Mohammed Amin Haj Saeed, a indiqué qu'il soumettrait une proposition au gouvernement visant à simplifier les procédures d'obtention de visas de tourisme pour les étrangers désireux de participer à des excursions dans le sud de l'Algérie.

Le sénateur de la province de Tamanrasset, Massoud Qmama, a également suggéré d'indemniser les agences de voyage.

"Le secteur du tourisme traverse une période de stagnation depuis plus de cinq ans. Cela a commencé lorsque les tensions ont éclaté dans le Sahel", a-t-il déclaré.

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  1. Anonymous_thumb

    omar 2013-10-28

    Ce sont les pressions d'une politique étrangère qui vise à stopper le développement et la stabilité en Algérie.

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    benchikh 2012-12-15

    BON DEBARRAS!!!!!!!!!!!!!!!!!

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  3. Anonymous_thumb

    younsi djamel 2012-12-14

    le Tourisme en Générale et le Tourisme du Saharab Ne représente RIEN en Algerie ! Les Algeriens en Générale Considerent le Tourisme des Etrangers dans leurs PAYS comme de la PROSTITUTION ! et OUI c'est VBrai Parole d'Algerien !

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