2012-08-17
Les Libyens maintiennent les coutumes du Ramadan
Par Asmaa Elourfi pour Magharebia à Benghazi – 17/08/12
Malgré les difficultés actuelles, les Libyens ne renoncent pas aux vieilles traditions qu'il affectionnent et qui accompagnent le mois sacré.
La fabrication de pains au four et de la soupe arabe kima avec de la viande hachée et des oeufs en font partie. A l'approche de la fin du Ramadan, les Libyens se ruent pour acheter de nouveaux vêtements et préparer les mets de l'aïd al-Fitr.
"Je ne veux pas que ce mois soit ordinairel", explique Fatma Elkfefi, réceptionniste dans une clinique dentaire de Benghazi. "Malgré les longues journées, les hautes températures et la pression au travail, il existe encore une ambiance particulière lors du Ramadan, que nous attendons chaque année."
"Mon mari et moi sortons acheter des vêtements de la fête pour les enfants", ajoute Elkfefi, mère de trois filles et d'un garçon. "Mais nous ne voyons rien de bien nouveau sur les rayons ; presque tout ce que l'on trouve sur les marchés a plus d'un an. Et les prix sont quand même très élevés. Je ne comprends pas pourquoi. Les commerçants pensent-ils que les clients sont naïfs ? Mais dans l'ensemble tout va bien, et nous attendons des jours meilleurs."
La situation sécuritaire était tendu au début du Ramadan, a expliqué Rabee El Agewry, employé dans une compagnie pétrolière, mais "les choses sont revenues à la normale".
"Nous pouvons sortir faire des courses, rendre visite à la famille après la rupture du jeûne, et parfois rencontrer des amis dans un café ou sur la Corniche", explique-t-il. "La seule chose qui est ennuyeuse et assez irritante, c'est le bruit des feux d'artifice et, parfois, des balles."
"Il est difficile de faire la différence entre les deux, car tous deux sont forts et effrayants", poursuit El Agewry. "Nous craignons surtout les blessures occasionnées par les feux d'artifice. L'ancien régime ne contrôlait pas totalement la vente de ces feux. Espérons que les choses iront mieux maintenant que la Libye est libre !"
Le mois du Ramadan est particulièrement fatiguant pour ceux qui jonglent entre travail et famille.
Rima al-Amari, ingénieure et mère d'un enfant, est l'une d'entre eux.
"Malgré mes horaires de travail chargés, je dois respecter les habitudes du Ramadan et préparer les plats traditionnels", explique-t-elle à Magharebia. "Mais contrairement aux femmes au foyer, qui préparent les pâtisseries de l'aïd à la maison, je préfère les acheter. C'est à la fois plus facile, plus rapide et plus pratique."
"La hausse des prix des légumes et de la nourriture en général a été minime cette année, à l'exception de la viande rouge", explique-t-elle. "Les vêtements sont également de plus en plus chers. Mais nous nous plaignons plus du manque de produits que des prix, et du prix élevé du peu qui est disponible Je n'ai qu'un enfant, et je n'ai donc pas trop de difficultés à acheter ce que je veux pour lui, mais je m'inquiète pour les familles qui ont cinq enfants ou plus."
Adel el-Rabei, commerçant, se plaint également de la flambée des prix. "Oui, les produits sont chers, mais nous devons également payer des sommes élevées aux importateurs. Nos produits se vendent donc cher. S'y ajoutent les droits de douane et les taxes, qui viennent encore faire grimper les prix. Et malheureusement, ce sont les Libyens qui travaillent dur qui finissent par en payer le prix", conclut-il.
Abonnez-vous à notre newsletter et recevez les derniers articles de Magharebia dans votre boîte aux lettres électronique.

![[AFP/Mahmud Turkia] Les Libyens préparent les pâtisseries traditionnelles pour fêter le mois sacré du Ramadan.](/awi/images/2012/08/17/120817Feature4Photo1-271_179.jpg)
PUBLIEZ VOTRE COMMENTAIRE 0