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2012-08-08

Les experts mettent en doute le calendrier électoral en Tunisie

Par Mona Yahia pour Magharebia à Tunis – 08/08/12

Le Premier ministre tunisien a réaffirmé samedi 4 août l'engagement de son gouvernement à organiser le prochain scrutin législatif en mars 2013, malgré les interrogations des juristes qui ont soulevé des doutes sur cette date.

Les derniers commentaires ont suivi le discours prononcé par le Premier ministre le 25 juillet, Journée de la République, lors de laquelle il a confirmé que les élections auraient bien lieu le 20 mars 2013. Ces propos sont venus contredire une déclaration faite auparavant devant une délégation du Conseil du forum social mondial, à laquelle Jebali avait confié que le prochain scrutin ne se tiendrait pas à cette date.

"Je ne pense pas que les élections pourront avoir lieu à ce moment là. Nous sommes déjà en retard", a expliqué Hafidha Chkir, professeur de droit, à Magharebia. "La loi électorale doit être esquissée avant le scrutin et une nouvelle instance électorale être mise en place, en plus du délai exigé pour la rédaction de la constitution. Ces travaux réclament beaucoup de temps".

En réponse à Jebali, concernant la date du 20 mars, Kamel Jendoubi, ancien président de la commission électorale, a expliqué que ce scrutin ne pourra avoir lieu en temps et en heure.

"Lors des élections du 23 octobre, nous n'avions pas eu suffisamment de temps pour nous préparer et il y a donc eu de nombreuses failles", a-t-il expliqué. "Des élections répondant aux normes internationales exigent huit à dix mois de préparation, et il devra y avoir un contrôle, au cours du prochain scrutin, de la publicité politique et des financements".

Même son de cloche chez le professeur de droit Chefik Sarsar, qui a appelé à un retour aux normes internationales afin de pouvoir constater le bon déroulement de la tenue des élections. Selon lui, le scrutin débute dès le lancement et la publication des listes, l'organisation des campagnes, et s'étend jusqu'au scrutin lui-même et à l'annonce des résultats.

L'opposition tunisienne ne perçoit dans la déclaration faite par le Premier ministre Jebali aucune indication garantissant la tenue des élections à la date fixée et a donc demandé une feuille de route claire menant à un scrutin libre, équitable et transparent. Elle affirme que l'assemblée constituante doit débattre de la date du vote et l'annoncer officiellement.

Le parti d'opposition Appel de la Tunisie a publié une déclaration le 25 juillet indiquant que la feuille de route concernant le vote législatif est "vague, souffre d'incertitudes, d'hésitations et présente un manque de consensus, condition préalable à la réussite du scrutin nécessaire pour remettre la Tunisie sur le chemin menant à la stabilité, à la sécurité, au développement global et à l'harmonie".

Toutefois, Mustapha Ben Jafaar, président de l'assemblée constituante, a souligné la nécessité de respecter la date de l'élaboration de la constitution, avec comme date limite le 23 octobre, la même que pour les élections. Maya Jribi, secrétaire générale du Parti républicain, et Ahmed Ibrahim, secrétaire général de la Voie démocratique et sociale, ont également insisté sur l'importance du respect des dates établies.

Rachid Ghannouchi a déclaré aux journalistes le 25 juillet à l'assemblée constituante qu'il s'attend à ce que le président de l'assemblée adhère aux dates prescrites.

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