2012-08-06
Le Maroc subit les aléas de la crise mondiale
Par Siham Ali pour Magharebia à Rabat – 06/08/12
Après avoir résisté pendant des années, l'économie marocaine commence à ressentir les effets de la crise économique mondiale.
Tel a été en substance le message adressé par le ministre de l'Economie et des Finances Nizar Baraka le vendredi 3 août lors du conseil des ministres.
Le Maroc connaît désormais des problèmes de liquidités monétaires, qui ont chuté de 60,4 pour cent durant le deuxième trimestre de 2012, a précisé le ministre. Les transferts provenant des expatriés marocains ont baissé de 4,6 pour cent. Les réserves de change suffisent à peine à couvrir quatre mois.
Selon lui, c'est la ligne à ne pas franchir. Pour répondre à la situation, la banque centrale a injecté 59 milliards de dirhams dans l'économie.
"Le manque de liquidités pourrait avoir un impact dangereux sur les investissements, étant donné que les investisseurs auront une vision faible par rapport à leurs projets", a dit à Magharebia l'économiste Amine Senhaji.
D'autres indicateurs sont également au rouge. Le déficit commercial a augmenté de 5,9 pour cent en six mois seulement. Un ralentissement a été enregistré dans les exportations du secteur manufacturier. Le secteur de l'électronique, par exemple, a enregistré une baisse de 11 pour cent. Le secteur du tourisme, sur lequel repose l'économie marocaine, s'est contracté de 1,6 pour cent.
Face à ces chiffres, les députés marocains ont fait part de leurs inquiétudes.
Le poids de la crise économique se fait désormais ressentir au Maroc, alors que par le passé, le royaume était relativement épargné par les problèmes affectant le climat international, a indiqué Ahmed Zaydi, chef du groupe parlementaire de l'Union socialiste des forces populaires. Il a souhaité une évaluation des incidences pour le pays et la mise en place de solutions nécessaires.
Malgré ces indicateurs inquiétants, Baraka a affirmé que la situation reste "maîtrisable pour le moment".
"Le taux de croissance prévu est de 3,4 pour cent pour cette année", a-t-il déclaré. "L’économie marocaine produit toujours. Les risques existent. Il faut rester vigilant pour l’avenir."
Idriss Azami el Idrissi, ministre délégué en charge du budget, a expliqué que bien que ces chiffres soient "choquants", le gouvernement lancera de nouvelles mesures pour répondre à la crise.
Selon Senhaji, plusieurs solutions sont à envisager, notamment la réorientation des investissements publics qui sont de 180 milliards de dirhams en 2012.
"Vu le retard accusé dans l’adoption de la loi de finances, ces investissements ne seront pas mis en œuvre en totalité", a dit cet économiste. "Il faut ainsi les orienter pour contrecarrer la crise."
De leur côté, les citoyens affichent leur inquiétude.
Safae Ibrahimi, infirmière, espère que le Maroc saura dépasser cette phase difficile. "Ce sont les scénarios extrêmes qui effleurent l’esprit, comme la crise en Grèce. J’espère que nous n’arriverons pas à ce stade-là", a-t-elle expliqué.
Abonnez-vous à notre newsletter et recevez les derniers articles de Magharebia dans votre boîte aux lettres électronique.

![[AFP/Abdelhak Senna] Le ministre de l'Economie et des Finances Nizar Baraka explique que le Maroc fait face à une crise des liquidités consécutive au ralentissement de l'économie mondiale.](/awi/images/2012/08/06/120806Feature2Photo1-271_179.jpg%20%20)
PUBLIEZ VOTRE COMMENTAIRE 7
lol-)* rabat 2012-8-13
Quelle "crise mondiale" ??? ça c'est le lexique de la "pensée unique" ... La vérité c'est qu'on est dans l'ordre des choses du cours normal du capitalisme : les riches s'enrichissent davantage et les pauvres s'appauvrissent jusqu'à périr ... Alors le 'grin grin'de la 'crise ' !?! Le maroc ne va pas aussi s'y mettre pour justifier l'état de faillite de son système comme les occidentaux pour camouffler la faillite de leur système capitaliste qu'ils ont imposé à toute la planète avec leur mondialisation agressive maudite . Le maroc est asservi a des intérèts qui ne sont pas les siens , la facture présentée au peuple sera hélas salée et douloureuse. M6 devrait juste se souvenir que la souveraineté qu'il a bradée pour ses seuls intérèts monarchiques , appartient au peuple qu'il a spolié , humilié , paupérisé , abruti ... le privant même du minimum d'éducation lui permettant de lire et d'obéir au commandement de son Dieu : " Iqra! " ...
0 Aime
miséreux 2012-8-12
ياسين المغرب ... oublierais-tu M6 ??? C'est le plus grand voleur , il en rendra compte au peuple lorsque l'heure des comptes sonnera ... à la LOUIS XVI très probablement.
0 Aime
malek marakchi 2012-8-12
Safae Ibrahimi, infirmière, espère que le Maroc saura dépasser cette phase difficile. "Ce sont les scénarios extrêmes qui effleurent l’esprit, comme la crise en Grèce. J’espère que nous n’arriverons pas à ce stade-là", a-t-elle expliqué... Pardonnez moi madame, la situation du maroc est au delà de celle de la grèce, nous, noua n'avons plus de souveraineté, le roi ne décide de plus rien, il obéit ...
0 Aime
Altermondialiste 2012-8-10
Altermondialiste /Le Maroc mime ses modèles jusqu'à employer la même rhétorique : "Le Maroc subirait les aléas de la crise mondiale"... explication commode, magique, qui ne fâche personne ! Après tout qui a déjà rencontré "mme crise mondiale"? C'est moins périlleux que d'identifier les mécanismes du capitalisme ultra libéral hégémoniste qui sert les nantis et dont la finance est ces dernières décennies en pilote automatique,ce qui n'empêche les dirigeants occidentaux de lui « venir en aide » avec l'argent du contribuable, en somme : l’argent des pauvres sert à aider les banquiers !?! Quel cynisme !!! Comme si ce système était un dogme inscrit dans le marbre et qu’il n’y avait d’autre voie pour le développement !!! C’est ce que veut faire croire cette mondialisation belliqueuse dont l’échec est flagrant. Le Maroc souffre de son système mimé sur les fondamentaux de ce système capitaliste qui exploite les plus pauvres les plus nombreux ... Les choses vont aller en s'aggravant et l'austérité pour les plus pauvres encore plus dure, les caisses publiques sont vides non pour les besoins du service public mais pour les appétits voraces des prédateurs ... la famille royale en tête ...
0 Aime
رضوان بن راشوق 2012-8-9
Dieu soit loué. Personne ne nie que le Maroc passe par une crise. Mais ce qui est étrange, c'est que nous ne savons pas quand nous avons pu vivre dans le confort dans ce cher pays. Le Maroc repose sur la main-d'oeuvre dans son économie. La plus grosse part du budget au Maroc est extraite de taxes directes ou indirectes imposées par l'état (le roi, l'entourage et les bâtards qui sont à leurs côtés). Cette dernière catégorie s'enrichit au détriment de la seconde. C'est exactement ce que le colonisateur français ou le colonisateur en général faisait. La solution est simple. Le roi du Maroc possède plus de 60 palais à travers tiout le pays. Il n'y aurait pas de mal s'il renonçait à la moitié d'entre eux. Il n'y aurait pas de mal à ce qu'il réduise les impôts. Alors nous vivrions bien. Il n'y aurait pas de mal à ce qu'il réduise le nombre de ces grands pillards qui nous entourent.
0 Aime
ياسين المغرب. 2012-8-8
Le Maroc est victime de l'impact du vol et du pillage de l'argent public par les ministres et les parlementaires. C'est là la vraie crise dans le pays.
0 Aime
khalihne 2012-8-7
On espère que l'économie marocaine se redressera aussi vite que possible.
0 Aime