2012-07-18
Les Maliens résistent à la tactique d'Ansar al-Din
Par Jemal Oumar pour Magharebia à Nouakchott le 18/07/12
La situation empire dans le nord du Mali sous la poigne des groupes islamistes radicaux, qui imposent la sharia après avoir chassé les forces laïques du Mouvement national pour la libération de l'Azaouad (MNLA).
Les traitements très durs appliqués par les factions radicales telles qu'Ansar al-Din ont provoqué la colère des habitants, et les habitants de la ville de Goundam, à 100 kilomètres à l'ouest de Tombouctou, ont organisé une manifestation, vendredi 13 juillet.
"Les participants à cette manifestation portaient des drapeaux de l'Etat malien et scandaient des slogans favorables au gouvernement central alors qu'ils défilaient dans les grandes artères de la ville", a expliqué à Magharebia Osman Ag Mohamed Osman, journaliste dans le nord du Mali.
L'agence mauritanienne Sahara Media a rapporté le vendredi 13 juillet les propos d'un commandant sur le terrain d'Ansar al-Din à Goundam, qui affirmait : "Les manifestants scandaient des slogans contre l'application de la sharia islamique et favorables au gouvernement central de Bamako, et portaient son drapeau. Ils ont retiré les drapeaux d'Ansar al-Din et les ont remplacés par des drapeaux maliens, et ont tenté d'empêcher les moudjahidines d'entrer dans la mosquée pour les prières du vendredi."
Le maire de Tombouctou Halle Ousmane a indiqué que selon ses contacts à Goundam, la cause directe de cette manifestation était "la flagellation par des éléments d'Ansar al-Din d'une jeune habitante de Goundam après qu'elle fut sortie dans la rue en portant une robe jugée indécente par ces éléments."
"Ce groupe a poursuivi cette jeune fille et l'a arrêtée dans sa propre maison, où elle a été fouettée devant ses propres enfants et sa famille", a raconté le maire. "Les gens se sont alors rassemblés en masse pour condamner cet acte, et Ansar al-Din a tiré des coups de feu en l'air pour disperser les manifestants. Mais le peuple a continué sa marche malgré ces coups de feu."
Ousmane a ajouté que la manifestation s'était poursuivie toute la journée et que les gens ne s'étaient pas rendus aux prières du vendredi. Ils ont également organisé une importante manifestation sur une place publique, où des discours condamnant cet incident ont été prononcés.
"Cet acte est très, très, très grave", a déclaré le maire de Tombouctou. "Les gens sont extrêmement furieux d'un tel comportement inhumain. Les personnes qui habitent encore dans la ville ne resteront jamais silencieuses après cet incident ; les actions de protestation et les manifestations des citoyens se poursuivront, bien que tous les responsables administratifs et élus se soient enfuis à Bamako il y a déjà quelque temps."
Les propos du maire ont été confirmés par Mohamed Ag Ahemdu, journaliste de l'Azaouad. "Cette jeune fille, issue des ethnies Songhai et Touareg, a été fouettée en raison de ses vêtements", a-t-il expliqué à Magharebia.
"Pour les habitants locaux, une telle robe est liée à des habitudes et à des traditions héritées du passé, et il est difficile de convaincre les gens de changer leurs habitudes vestimentaires du jour au lendemain en fonction de l'interprétation d'un groupe qui interprète l'Islam à sa manière et tente d'imposer ses vues au peuple", a-t-il ajouté.
Toutefois, le porte-parole officiel d'Ansar al-Din Sanad Ould Bouamama a affirmé à Magharebia qu'il n'y avait eu "aucune manifestation" à Goundam, tout juste "des mouvements de la part d'un petit groupe de jeunes après que des entités extérieures mal intentionnées les eurent mobilisés pour perturber l'ordre".
"Ce que les gens décrivent comme une manifestation contre Ansar al-Din n'est pas la vérité", a-t-il affirmé. "Il s'agit seulement d'un incident qui a eu lieu parce qu'une jeune fille de Goundam était sortie en portant des vêtements indécents et après que les jeunes lui eurent demandé de porter des vêtements décents conformes au code vestimentaire de la sharia."
Abou Bakr al-Ansari, spécialiste des affaires maliennes et journaliste pour Le Quotidien, a expliqué à Magharebia que cette manifestation était "naturelle" et venait en réponse à une mobilisation des tribus locales contre Ansar al-Din et ses alliés d'al-Qaida.
"La haine des gens pour cette nouvelle réalité a été si forte qu'ils ont contacté tous les responsables touaregs hors de la région, qu'il s'agisse de simples particuliers, de diplomates ou d'intellectuels, pour obtenir leur soutien moral et financier en vue de chasser ces groupes terroristes", a ajouté al-Ansari.
La résistance aux groupes radicaux ne se limite pas à Goundam. L'AFP a indiqué le 11 juillet que les Arabes de Tombouctou avaient récemment mis en place un groupe armé appelé la "Brigade de la vigilance", pour empêcher la destruction des derniers tombeaux par les groupes islamistes extrémistes.
"Nous n'allons pas permettre à des gens qui ne savent rien de l'Islam de venir détruire nos trésors. J'ai étudié en Mauritanie et en Arabie saoudite, personne ne dit dans le Coran que nous devons détruire des tombes", a expliqué le leader du groupe Tahel Ould Sidy, des propos rapportés par l'AFP.
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![[Jemal Oumar] Une jeune Malienne est flagellée par des radicaux qui veulent imposer leur interprétation de la sharia.](/awi/images/2012/07/18/120718Feature2Photo1-271_179.jpg)
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MOUSTAPHA 2012-7-30
il y 'a que les pauvres qui subissent la tyrannie des terrosristes- aprés avoir échoué en Algérie, au Maroc en Tunisie ces dictateurs sanguinaires veulent à tous prix terroriser les pays sahéliens en leur imposant par les armes la charia - nous sommes de vrais musulmans, nous souhaitons que la charia soit appliquée avec modération dans tous les pays musulmans mais avant celà tout le monde musulman doit avoir de quoi tenir c'est à dire travailler, avoir tout ce dont on a besoin pour ne pas voler, tuer ect... EN CE MOMENT LA CHARIA pourra être appliquée à tous- couper la main d'un pauvre qui a volé quelque chose pour se nournir, tuer une femme qui vient tout juste d'avoir un enfant parce qu'elle l'a eue hors mariage peuvent être tolérés si la charia accepte la circonstance atténuante - soit on a bien compris la charia ou bien on nous l'a mal expliquée dans tous les cas celà ne doit pas se faire comme le font ces terroristes armés- non à la charia au bout du fusil oui à la charia avec un programme de développement social d'avoir -
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Anonymous 2012-7-19
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