2012-07-16
Les Marocains demandent des réformes au PJD
Par Hassan Benmehdi pour Magharebia à Casablanca – 16/07/12
Les Marocains accentuent la pression sur le parti au pouvoir pour qu'il mette en oeuvre les réformes prévues dans la nouvelle constitution.
Le Premier ministre Abdelilah Benkirane, confirmé le dimanche 15 juillet au poste de secrétaire général du Parti pour la justice et le développement (PJD), devrait lancer la série de réformes politiques attendues depuis un an et confirmées par les électeurs marocains en juillet 2011.
Dans ses propos tenus à El Hajeb le 30 juin, Benkirane a pris acte de la volonté des Marocains de faire avancer le pays, soulignant que ceux qui sont "confiants en l’avenir de leur pays sont sur la bonne la voie du processus démocratique".
L'opinion a clairement manifesté un désir de changement lors des élections ; dans le tumulte du Printemps arabe, quelque 72 pour cent des électeurs inscrits ont voté en faveur des réformes constitutionnelles.
Mais un an après leur adoption, de nombreux Marocains s'interrogent sur ce que la nouvelle constitution a effectivement permis de réaliser en pratique.
Le sociologue Haitem Merouan a expliqué que six mois depuis l'entrée en fonction du nouveau gouvernement ne suffisaient pas à mettre en oeuvre les dispositions de la nouvelle constitution.
Mohamed Ansari, avocat membre du parti Istiqlal, se montre ouvertement optimiste. "Le fait qu’il opte pour l’approche participative dans l’action gouvernementale atteste de sa volonté de respecter l’esprit de la nouvelle constitution."
L'application des clauses et des principes de la nouvelle constitution est l'affaire de tous, a expliqué Boutina Karouri, membre du PJD.
Mais d'autres responsables politiques et personnalités de la société civile sont plus réservés.
Leila Amlili, membre de l'association Joussour, reconnaît que les réformes exigent plus de temps, mais affirme que le gouvernement envoie des "signaux négatifs". L'un d'eux, explique-t-elle, est la présence d'une seule femme au sein d'une équipe gouvernementale forte de trente membres.
Khadija Rouissi, députée du Parti Authenticité et Modernité (PAM), a indiqué à Magharebia que lorsque les Marocains avaient voté en faveur d'une nouvelle constitution, ils l'avaient fait pour faire des droits de l'Homme et des valeurs de justice, de démocratie et de dignité une partie intégrante de leur vie quotidienne. "Mais aujourd’hui, on est en face d’un gouvernement qui s’accapare le pouvoir et qui agit sans aucune logique participative."
Les Marocains estiment que le changement prendra du temps. "Rome ne s'est pas faite en un jour", a dit Younes, un jeune étudiant de Casablanca, à Magharebia. Les dysfonctionnements institutionnels constatés ces dernières années ne peuvent se résoudre un un an seulement, estime-t-il.
Plusieurs partis politiques, syndicats et ONG ont annoncé dimanche à Casablanca qu'ils avaient créé "l’Organisation marocaine des libertés et de suivi de l’application de la constitution".
Ce groupe cherche à militer pour les droits des citoyens et leur dignité au travers du processus de réforme, selon son président Taeibi Saoudi. De plus, il restera indépendant des partis et des organisations qui ont collaboré à sa création.
Selon ses statuts, cette organisation travaillera à mieux sensibiliser l'opinion aux droits et aux libertés constitutionnels, et militera pour l'égalité au regard de la loi, et pour que la redevabilité devienne la mesure de l'action gouvernementale.
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![[Hassan Benmehdi] Les Marocains s'étaient mobilisés en masse pour apporter leur soutien aux réformes constitutionnelles en 2011.](/awi/images/2012/07/16/120716Feature2Photo1-271_179.jpg)
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