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2012-06-29

Le secteur du tourisme en Tunisie condamne la violence

Par Monia Ghanmi pour Magharebia à Tunis—12/06/29

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Les salariés du secteur du tourisme en Tunisie ont lancé un véritable cri de détresse après avoir souffert des contrecoups de la récente vague de violences qui a secoué le pays.

Les salariés directement et indirectement liés au secteur du tourisme sont descendus dans la rue le 16 juin, pour condamner la violence qui a terni l'image de la Tunisie au plan international en tant que destination touristique populaire et sure. Ils ont demandé aux autorités de faire appliquer la loi contre tous les actes de violence.

Les manifestants portaient des banderoles sur lesquelles on pouvait lire "Non à la violence ! Non au chaos !", "400 000 emplois menacés" et "Pas de tourisme sans sécurité". Leur but était d'attirer l'attention de la société civile et des autorités sur la situation dangereuse à laquelle est confronté le secteur du tourisme, qui représente sept pour cent du PIB de la Tunisie et emploie directement quelque 400 000 personnes.

Le tourisme représente également vingt pour cent des exportations tunisiennes et douze pour cent de l'emploi total dans le pays.

Le président de la Fédération tunisienne des agents de voyage (FTAV) Mohamed Ali Toumi a confirmé que la violence généralisée qui a éclaté en début de mois avait des conséquences catastrophiques sur le secteur du tourisme, dans la mesure où elle a entraîné des annulations de séjour.

C'est une exposition d'art au Palais Abdellia qui avait provoqué la colère des islamistes ultra-conservateurs, entraînant des émeutes qui avaient débuté le 11 juin et contraignant les autorités à imposer un couvre-feu nocturne dans plusieurs villes du pays. Un jeune Tunisien de 22 ans avait été tué et plus d'une centaine d'autres personnes blessées à la suite de trois jours de violence.

Ces émeutes et ce vandalisme ont attiré l'attention des médias internationaux, et la Tunisie doit désormais s'attacher à restaurer la stabilité et la sécurité pour regagner la confiance des touristes étrangers, a déclaré Toumi.

"Il n'y a aucune alternative au tourisme en Tunisie, c'est un secteur vital pour le pays, qui assure une source de revenu directe ou indirecte à environ un million de Tunisiens", a-t-il expliqué.

"Or, le tourisme ne saurait prospérer dans un tel climat de violence et de chaos sécuritaire", a-t-il ajouté.

Le secteur avait en effet enregistré une baisse l'année dernière par suite du soulèvement populaire, mais commençait à montrer des signes de reprise cette année.

Le nombre de touristes se rendant dans le pays avait augmenté de 51,8 pour cent durant le premier trimestre de cette année par rapport à la même période de l'an dernier.

La Tunisie souhaite attirer cette année six millions de touristes, mais les violences de ces dernières semaines ont porté un coup sérieux à ses attentes, selon Mohamed Belajouza, président de la Fédération hôtelière de Tunisie.

Il a qualifié l'état actuel du tourisme de critique, en particulier après que plusieurs pays eurent lancé un avertissement aux voyages à leurs ressortissants.

Il a demandé au gouvernement de protéger et de sauver ce secteur, parce que ses salariés ne peuvent plus supporter les pertes de revenus qu'ils ont connues par rapport à l'année précédente.

En 2011, le nombre de touristes en Tunisie avait chuté, pour atteindre 4,8 millions, contre 7 millions en 2010.

Mohamed Amine Bouraoui, guide touristique, a confirmé que le secteur du tourisme n'était pas encore sorti de la zone dangereuse.

"Rien ne prouve que cette saison sera un succès", explique-t-il. "Malgré une baisse des prix des séjours, le nombre de réservations a baissé. Cela est dû aux craintes relatives à la destination Tunisie par suite des violences continues et des manifestations dans l'ensemble du pays."

Les salariés du secteur espèrent que la violence et les actes de sabotage s'arrêteront et qu'une solution sera trouvée aux problèmes sécuritaires.

Samir Oueslati, commerçant sur le marché des arts traditionnels de la vieille ville, a expliqué que ces actes de violence affectent la Tunisie dans son ensemble.

"J'espère que les Tunisiens s'uniront contre ceux qui menacent la sécurité de notre pays, pour le plus grand bénéfice de chacun", a-t-il ajouté.

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  1. Anonymous_thumb

    fifi 2012-7-5

    mais les islamistes au service de leurs financiers ont une autre vision du tourisme ... un tourisme islamique s'adressant à une clientèle munie de pétro/flous, bons vivants et bons clients ...

    • 0 Aime