2012-06-18
Une étude marocaine révèle la "souffrance croissante" des jeunes
Par Hassan Benmehdi pour Magharebia à Casablanca – 18/06/12
Le manque de moyens financiers continue de briser les rêves de nombre de jeunes Marocains, dont beaucoup s'interrogent sur l'efficacité réelle des réformes annoncées.
L’Enquête nationale sur la jeunesse, réalisée par le Haut commissariat au Plan (HCP), montre que plus de la moitié des Marocains âgés de 18 à 45 ans vivent encore chez leurs parents.
Selon les résultats de cette enquête rendus publics le vendredi 1er juin, le manque de ressources financières empêche de nombreux jeunes de mener une vie indépendante. De ce fait, 42 pour cent des jeunes n'envisagent pas de se marier. Pour la tranche d'âge des 35 à 44 ans, ils sont 25 pour cent à partager ce sentiment.
Pour Ahmed Lahlimi, Haut commissaire au Plan (HCP), cette situation concerne plus particulièrement les hommes que les femmes, un phénomène qui s'explique principalement selon lui par le chômage.
Selon cette enquête, l'emploi constitue une priorité pour 96 pour cent des jeunes. Puis viennent la réforme de l’enseignement, les conditions de logement et l’amélioration des services de santé. Le respect des droits de l’Homme est une priorité pour 72 pour cent des jeunes, et l’élargissement de la liberté d’expression pour 62 pour cent.
Interrogés sur l'avenir, ils sont 84 pour cent à se dire inquiets de la cherté de la vie et 78 pour cent du chômage et de la baisse des ressources. Deux tiers des 18-24 ans disent n'avoir aucune source de revenu.
Malgré l'appel lancé au parlement par les jeunes Marocains pour résoudre ces problèmes, cette enquête montre que les jeunes Marocains continuent d’accorder peu d’intérêt à la chose publique.
Seul un pour cent des jeunes adhèrent à un parti politique, quatre pour cent participent à des rencontres ou à des activités politiques ou syndicales, quatre pour cent participent à des manifestations sociales ou des grèves, et neuf pour cent participent à des activités bénévoles. En outre, 36 pour cent participent aux élections de façon régulière et 14 pour cent de façon non régulière.
"Quand l’Etat et les partis politiques ne répondent pas aux aspirations et aux attentes légitimes des jeunes, il est normal qu'ils se sentent abandonnés", expliquent Hamza, Nabil et Aymen, tous trois étudiants à Casablanca, qui font part de leur désappointement face à la politique appliquée par l’Etat pour les jeunes.
Issam Laghbach, un autre jeune Casablancais, a expliqué à Magharebia que l’idée d’arrêter ses études pour aider financièrement les cinq membres de sa famille ne le quitte pas : "Je dois arrêter de penser à moi quand je vois chaque jour mon père se battre pour subvenir à nos besoins, et cela me fait de la peine de le voir dans cet état", a-t-il expliqué.
Karima, la trentaine, est fiancée depuis deux ans. Avec son futur époux, ils veulent se marier, mais à défaut de moyens, ils préfèrent attendre des jours meilleurs.
"Ce que nous gagnons ne nous permet pas d’acheter un appartement et d’assurer quotidiennement le coût de la vie de plus en plus élevé", déplore-t-elle.
Pour les responsables politiques, une meilleure connaissance des problèmes et des défis rencontrés par cette catégorie de la population marocaine apportera un éclairage utile pour définir les politiques économiques et sociales.
Lors d'une conférence de presse, Lahlimi a appelé à "une meilleure mise à profit" des conclusions de cette enquête, qui se veut une matière première "pure et prometteuse" pour élaborer une politique donnant de "l'espoir pour l'avenir".
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![[AFP/Abdelhak Senna] Selon une étude récente, l'emploi est le sujet de préoccupation majeur pour les jeunes Marocains.](/awi/images/2012/06/18/120618Feature3Photo1-271_179.jpg)
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marakchi 2012-7-4
La seule réponse à la soufrance croissante du peuple en général , de la jeunesse en particulier c'est ... LA REVOLUTION DU PEUPLE POUR LE PEUPLE ...
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3abir 2012-6-24
Je suis Aabir, de la ville de Marrakech. Ce sont des questions difficiles.
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