2012-06-17
Le Maroc explore de nouvelles voies pour aider les jeunes sans emploi
Par Sham Ali pour Magharebia à Rabat – 17/06/12
Le Maroc et ses partenaires internationaux envisagent de nouvelles stratégies pour stimuler l'emploi chez les jeunes.
La question est devenue une haute priorité dans le royaume, après que les jeunes sans emploi eurent accenté la pression sur le gouvernement en organisant des manifestations et des réunions et en cherchant le soutien du Conseil national consultatif des droits de l'Homme.
Alors que près de 250 000 jeunes font chaque année leur entrée sur le marché du travail, le chômage des jeunes est un sujet majeur pour tous les acteurs au Maroc, selon le ministre de l'Industrie et du Commerce Abdelkader Amara.
L'objectif recherché est de pouvoir former des ressources humaines qualifiées pour répondre à la demande de 360 000 emplois dans le secteur d'ici 2020, a-t-il précisé.
Les solutions envisageables sont venues d'un large éventail de sources, a-t-il expliqué. Le gouvernement envisage de lancer un programme de formation dans le secteur du commerce de détail, qui compte près de 1,4 million de salariés et représente la quatrième plus importante contribution au PIB.
Le Rassemblement national des indépendants (RNI) a proposé une loi destinée à créer des mesures incitatives pour un "système d'auto-entreprise" connu sous le nom de "Bidaya" (Départ), qui prévoit une simplification des mesures administratives, fiscales et sociales.
Les personnes ayant un projet d'entreprise devront pouvoir être aidées en rendant moins onéreuses les exigences de lancement de projet, a expliqué le président du RNI Salaheddine Mezouar.
L'idée de ce parti de l'opposition consiste à permettre aux personnes de lancer leur entreprise par le biais de l'internet sans capital initial et selon un taux d'imposition forfaitaire de trois pour cent, a-t-il expliqué. Cette mesure serait appliquée aux sociétés commerciales réalisant un chiffre d'affaires inférieur à un million de dirhams et aux sociétés de service réalisant moins de 500 000 dirhams, a-t-il précisé.
Ces entreprises doivent être aidées pour remporter des marchés publics, et l'ensemble des dépenses doivent être déductibles à cent pour cent pour les encourager à devenir indépendantes et permettre à quiconque de créer sa propre entreprise, a-t-il précisé.
"Il faut valoriser les échecs comme dans la culture entrepreneuriale anglo-saxonne", a conclu Mezouar.
La Banque mondiale s'intéresse également à l'emploi des jeunes au Maroc.
Dans son rapport du 14 mai intitulé "Promouvoir les opportunités et la participation des jeunes au Maroc", elle explique que sur la base d'une enquête réalisée en 2011 auprès de 2 883 jeunes vivant dans les villes, près de trente pour cent des jeunes Marocains âgés de 15 à 29 ans sont sans emploi.
Selon ce rapport, il est temps d'engager un dialogue avec les employeurs pour s'assurer que les jeunes sont en mesure de développer au mieux leur potentiel. La Banque mondiale se dit favorable à une coopération entre le gouvernement et les jeunes pour rechercher les solutions adaptées, et recommande que les jeunes soient inclus dans les processus de décision.
Selon cette enquête, le système éducatif marocain est à deux vitesses : l’école privée qui forme les élites en français, et l’école publique dispensant des cours essentiellement en arabe. Alors que le marché du travail exige la maîtrise de la langue française, les diplômés du système public se trouvent exclus.
Pour Gloria La Cava, analyste à la Banque mondiale, ces recommandations doivent être mises en oeuvre par le biais de programmes complets impliquant à la fois les secteurs public et privé et les organisations de la société civile.
Elle souligne par ailleurs qu'il convient d'adopter des politiques pour aider les jeunes à décrocher un emploi en amélioration la formation, en proposant de réelles possibilités d'emploi, et en luttant contre le travail informel.
Un avis partagé par la sociologue Samira Kassimi. C'est ce que s'efforce actuellement de faire le gouvernement, explique-t-elle.
Elle ajoute toutefois que le chemin sera long et parsemé d’embûches, car les jeunes diplômés, surtout ceux qui vivent dans le chômage depuis des années, ne veulent pas suivre d’autres formations qualifiantes pour pouvoir intégrer le marché de l’emploi.
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![[AFP/Abdelhak Senna] L'ancien ministre marocain des Finances Salaheddine Mezouar (à gauche), vu ici en compagnie du président de la Banque mondiale Robert Zoellick l'an dernier, encourage l'esprit d'entreprise au Maroc.](/awi/images/2012/06/17/120617Feature1Photo1-271_179.jpg)
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hamza 2013-1-28
Je suis d'accord avec ce commentaire. Mais nous ne devons pas oublier que les gens jouent un rôle important dans cette affaire. Par exemple, on remarque que des proverbes célèbres dans nos pays sont tous provoqués par la crainte. Par exemple, marchez d'un mur à l'autre et n'ayez pas peur. Il y a de nombreux proverbes similaires. Mais si nous voulons changer cette patrie, nous devons tout d'abord changer nous-mêmes parce que Dieu a dit "En vérité, Dieu ne modifie point l'état d'un peuple tant que les hommes qui le composent n'auront pas modifié ce qui est en eux-mêmes." Et nous devons donc le faire.
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zaza 2012-7-9
La solution est très simple, et relève de la technique budgétaire : changer la destination de toutes les ressources allouées à la monarchie et les allouer ... aux besoins prioritaires et légitimes du peuple , de la jeunesse en tout premier lieu ... Que le roi prenne en charge sur son patrimoine personnel (gigantesque)les dépenses astronomiques de sa smala aussi nombreuse qu'inutile et nuisible ... Ce ne serait que justice car ces fonds ont été spoliés au peuple , un juste retour s'imposera un jour ou l'autre , soit en douceur , transition vers une monarchie parlementaire , soit la révolution , pas à la mode printemps arabe , mais à la mode 1789 ... Louis XVI & Marie Antoinette auraient été bien inspirés de passez la main & restituer la pouvoir au peuple souverain ... M6 n'est pas assez futé pour anticiper ... mal conseillé ( les conseilleurs ne sont jamais les payeurs !) il se laissera acculer contre le mûr ! Ceux qui le conseillent mènent d'abord leurs petites et grandes combines dans le monde et pratiquent la philosophie du "après moi le déluge!"... Le déluge est hélas inéluctable ...
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Ahmed 2012-6-23
En réalité, je suis d'accord avec l'auteur de ce texte. Il faut juste que ces jeunes travaillent. Les gens qui ont atteint l'âge de la retraite ne devraient pas manger plus que ce qu'ils ont déjà. Les jeunes sont vraiment perdus. Ils ne peuvent plus attendre.
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عبد المولى بنمحمد 2012-6-18
Le Maroc est en train de vivre une crise structurelle qui a engendré la situation économique et sociale qu'il traverse. C'est le résultat des accumulations héritées par le nouveau régime. En dépit des efforts exercés et des solutions suggérées, la situation n'a fait qu'empirer et les protestations se sont multipliées. Les demandes ont varié. Tout le monde cherche à améliorer sa situation. D'un autre côté, le nombre de diplômés des instituts et des universités a augmenté, et ils n'ont pu être absorbés par le marché de l'emploi national. Mais la question qui émerge, c'est : s'il y avait un plan antérieur, est-ce qu'on vivrait une telle crise ? Est-ce que ce n'est pas une crise prématurée ? Est-ce que ce n'est pas une crise qui a été fabriquée par l'ancien régime ? Et voilà que la nouvelle ère est piégée. Est-ce que des médecins peuvent être au chômage dans un pays où il y a un médecin pour 10 000 citoyens ? Est-ce que les docteurs et les diplômés de l'université peuvent être au chômage dans un pays, où le nombre d'élèves dans des classes surchargées atteint les 60 ? Est-ce que les usines et les mines peuvent générer des milliards au détriment d'une minorité de travailleurs ? Est-ce que les jeunes peuvent être au chômage, dans un pays où des forêts de cèdres sont vendues au marché noir sans que personne ne s'en préoccupe ni ne surveille ? Notre problème réside dans le manque de sens de patriotisme, dans la mort de la jalousie au nom de la nation, dans un gouvernement qui a explosé le nombre de ministres et de ministres délégués, dans des chambres législatives dont les sièges restent vides tandis que les comptes en banque de leurs propriétaires augmentent, les chanceux et ceux qui ont des postes de décisionnaires échappent au paiement des impôts, est-ce que ce ne sont pas ces mêmes personnes qui ont appauvri notre patrie ? Est-ce que ce ne sont pas ces gens qui sont responsables du chômage des jeunes ? Ils nous entraînent vers des lendemains bien sombres. Pour la nation, tout est supportable, sauf la faim et l'humiliation ??? Alors montrez de la compassion pour cette chère nation !
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