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2012-06-11

Les habitants de Kidal manifestent contre les islamistes

Par Jemal Oumar pour Magharebia à Nouakchott – 11/06/12

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Des affrontements ont éclaté la semaine dernière entre les deux principales factions de rebelles touaregs dans le nord du Mali après des manifestations de citoyens contre la présence continue des groupes armés et l'imposition de la charia.

Jeudi 7 juin, dans les faubourgs de Kidal, des partisans du Mouvement national pour la libération de l'Azaouad (MNLA), d'obédience laïque, ont affronté des combattants de la tribu des Ifogas d'Iyad Ag Ghaly, affiliés au groupe islamiste radical Ansar al-Din.

Mohamed Ag Ahmedu, journaliste habitant à Gao, a expliqué à Magharebia que ces heurts avaient éclaté à la suite "des manifestations organisées par les habitants de Kidal les 6, 7 et 9 juin. Ces manifestations sont également le reflet des profondes divergences politiques qui ont conduit à l'annulation de l'accord conclu le 26 mai entre les deux groupes, qui prévoyait la création d'un Etat islamiste, ainsi que le reflet du rejet par la population de cet accord."

Les deux groupes se sont toutefois empressés de réfuter les informations concernant ces confrontations armées. Dans un communiqué publié vendredi par le responsable du bureau de presse du MNLA Bakai Ag Hamad Ahmed, le groupe rebelle a indiqué que les informations concernant des affrontements entre les deux factions étaient "totalement fausses".

"On assiste plutôt à une convergence de vues entre les deux parties sur le fait de travailler ensemble dans l'Azaouad, et des discussions sont en cours entre des éléments du groupe et le bureau du MNLA à Kidal", a précisé ce communiqué.

Il ajoute que "le MNLA et Ansar al-Din organisent des réunions à Kidal et Tombouctou pour parvenir à une solution satisfaisante pour l'ensemble des parties."

Toutefois, l'agence ANI a rapporté les propos de Mohammed Ag Mahmoud, l'un des responsables d'Ansar al-Din, affirmant que "la confrontation a éclaté après que le MNLA eut utilisé des habitants civils de Kidal qui manifestaient cette semaine contre le groupe islamique ; ils ont encouragé les femmes et les enfants à manifester contre nous, et nous sommes désormais engagés dans une épreuve de force."

De plus, afriquinfos.com a cité Moussa Salem, partisan du MNLA, affirmant qu'ils avaient été "agressés". Il a expliqué que la maison du leader d'Ansar al-Din Iyad Ag Ghaly avait été attaquée par certains rebelles touaregs.

Selon des observateurs, ces affrontements témoignent des positions contradictoires entre les factions touaregs laïques et islamistes.

"Ces incidents prouvent également qu'un conflit imminent est sur le point d'éclater entre les deux groupes, bien qu'ils réfutent les récents heurts pour éviter des tensions supplémentaires", a expliqué l'analyste Abdul Hami al-Ansari à Magharebia depuis Tombouctou.

La crise au Mali reste un motif d'inquiétude pour la communauté internationale. Jeudi dernier, les leaders de la région ont avalisé une proposition du président de l'Union africaine Boni Yayi de déférer la situation au Conseil de sécurité des Nations unies en vue d'une éventuelle intervention militaire. Cette décision a été prise lors de la conférence du Groupe de liaison africain sur le Mali de l'UA, à Abidjan.

Cependant, certains observateurs maliens doutent qu'une éventuelle intervention militaire permettra d'apporter une solution au problème.

"Cette force militaire dont ils parlent n'est encore que des mots", a expliqué Baba Ahmed, correspondant de Jeune Afrique au Mali. "Je ne pense pas qu'une intervention militaire quelle qu'elle soit permettra de résoudre rapidement la situation, parce que les groupes armés présents dans le nord confortent jour après jour leurs positions au sein de la population", a-t-il ajouté.

Il a indiqué qu'Ansar al-Din a organisé le nettoyage du réseau d'évacuation autour de Gao en le confiant à des jeunes, tandis que le Mouvement pour l'unité et le djihad en Afrique de l'Ouest (MUJAO) a créé des emplois pour les chômeurs, leur fournissant de l'argent en échange de leur recrutement.

Pour leur part, de nombreux observateurs estiment que les manifestations se poursuivront jusqu'à ce qu'Ansar al-Din et al-Qaida quittent la région.

"Les manifestations de mercredi et de jeudi alignaient des enfants, des femmes et des personnes âgées", a expliqué à Magharebia Ennara Ag Mohamed, un habitant de Gao.

"Ils étaient si furieux que les vieux ont retiré leurs masques pour exprimer leur colère contre l'oppression pratiquée par des éléments d'Ansar al-Din contre les femmes ; une oppression dénoncée par l'ensemble de la population de l'Azaouad, parce que c'est la première fois dans l'histoire de cette région depuis quatre siècles que les femmes de l'Azaouad sont battues", a-t-il ajouté.

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  1. Anonymous_thumb

    Yacine 2012-6-12

    L'approche de Mr Jemal Oumar est trop académique. Ce qui s'est passé à Kidal relève d'une simple querelle entre des membres appartenant à deux grandes tribus, les Ifoghas, la tribu d'Iyad Ag Ghaly et les imghads, la principale composante du MNLA. Il faut savoir que le suivi de l'application de la charia (police islamique) a été confié à des personnes issues des ifoghas et à certains étrangers (MUJAO et AQMI). Ces derniers ont interdit tous les "rassemblements mixtes" (ils ont touché à la culture ancestrale des Touaregs). Le facteur déclenchant a été le fait d'interdire aux jeunes de jouer au football et de donner des coups de fouets aux jeunes recalcitrants. Les mères, avec un coup de puce des imghads du MNLA, sont parties se plaindre chez le vieux Intallah, sur leur chemin elles ont caillassé le domicile d'Iyad Ag Ghaly. Les ifoghas sont intervenus et c'était la pagaille. le reste c'est connu, le MNLA a été chassé, par les armes, de la ville de Kidal et son drapeau n'y flotte plus. Le MNLA est parti se plaindre "dans les bras" de blaise Compaoré, se déclarant favorable à une intervention militaire de la Cédéao. Une intervention militaire africaine est la plus mauvaise chose qui puisse arriver dans cette région, car ça sera "noirs" contre "blancs", la conotation raciste peut jouer un sale tour aux intervenants. Mais il faut reconnaitre qu'une guéguerre entre les tribus, c'est plus dangereux. C'est difficle à solutionner, mais en attendant, les terroristes, les marchands d'armes et les narcotrafiquants font des affaires. Espérons que les bonnes volontés du monde s'unissent pour mettre fin aux souffrances de toutes ces femmes et ces enfants innocents de l'Azawad.

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