2012-05-17
Bras de fer entre le gouvernement et les diplômés chômeurs au Maroc
Par Siham Ali pour Magharebia à Rabat – 17/05/12
Le chef du gouvernement Abdelilah Benkirane a réaffirmé mardi 15 mai que le gouvernement ne procédera plus au recrutement direct des diplômés chômeurs.
Le Premier ministre a déclaré que le recrutement direct dans la fonction publique est anticonstitutionnel, estimant que c'est le secteur privé qui doit embaucher le maximum de citoyens. Cette déclaration est la dernière en date dans le conflit qui oppose actuellement le gouvernement et les diplômés chômeurs du royaume.
Des sit-in et des marches devant le parlement ont été fréquemment organisés depuis la décision prise par le chef du gouvernement, le mois dernier. Benkirane a par ailleurs transféré le dossier au secrétariat général du gouvernement pour se prononcer sur le volet juridique de cette mesure prise par son prédécesseur Abbas El Fassi.
Pour calmer la colère des diplômés chômeurs, celui-ci avait signé en avril 2011 un accord avec les coordinations des jeunes chômeurs s’engageant à les intégrer directement dans l’administration.
Le ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement Mustapha El Khalfia a laissé entendre le 12 avril qu'une intégration directe n’est pas possible du point de vue légal étant donné que la constitution dispose clairement dans son article 31 que "l’Etat, les établissements publics et les collectivités territoriales œuvrent à la mobilisation de tous les moyens à disposition pour faciliter l’égal accès des citoyennes et des citoyens aux conditions leur permettant de jouir du droit à l’accès aux fonctions publiques selon le mérite".
Les diplômés chômeurs qui sont organisés en quatre groupes représentant près de trois mille jeunes ont été reçus par Benkirane, le 9 avril. Ils ont, par la suite, porté leur dossier devant la Commission nationale consultative des droits de l’Homme. Le secrétaire général de cette institution, Mohamed Sebbar, a estimé que le gouvernement était tenu d’honorer les engagements du gouvernement précédent en la matière.
Le parlementaire du Parti Authenticité et Modernité Hakim Benchemmass estime que le gouvernement doit saisir l’ampleur de l’engagement, surtout lorsqu’il s’agit d’un engagement pris par son principal allié de la majorité gouvernementale : le parti de l’Istiqlal, dont le secrétaire général n’est autre que l’ancien Premier ministre.
Les diplômés affichent pour leur part leur détermination à ne pas lâcher du lest. Mohamed Sekkal, coordinateur général de la Coordination nationale des diplômés-chômeurs, a expliqué que les coordinations concernées sont déterminées à poursuivre leur lutte et à manifester pacifiquement afin de faire prévaloir leurs revendications portant sur le recrutement direct, surtout qu’ils disposent d’engagement PV signé par Abbas El Fassi.
Le gouvernement a proposé certains mécanismes pour promouvoir l’emploi des jeunes, notamment l’encouragement de l'emploi dans le cadre des associations de proximité et l’octroi de bourses à ceux qui souffrent du chômage depuis de longues années pour suivre des formations de perfectionnement. Le gouvernement mise aussi sur l'auto-emploi à travers la facilitation des procédures et de l'accès au financement.
Selon le président du groupe parlementaire du Rassemblement national des indépendants Chafik Rachadi, pour faire face au fléau du chômage, son groupe présentera prochainement une proposition de loi sur le système de l’auto-entreprise baptisé "Bidaya" (Départ), proposant des mesures simplifiées sur les plans administratif, fiscal et social.
Malgré toutes les déclarations gouvernementales, les coordinations des diplômés chômeurs ne veulent qu’une seule solution, une entrée sans concours dans la fonction publique.
Nombreux sont les jeunes qui craignent d’être embauchés dans le secteur privé ou ont peur de lancer leur propre projet. Selon la sociologue Samira Kassimi, il est temps de changer cette culture enracinée dans l’esprit des Marocains depuis des années, selon laquelle la stabilité ne réside que dans la fonction publique.
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![[AFP/Abdelhak Senna] Le Premier ministre marocain Abdelilah Benkirane a annulé la décision prise par son prédécesseur, Abbas El Fassi, d'effectuer des recrutements directs dans la fonction publique plutôt que de recruter sur le mérite.](/awi/images/2012/05/17/120517Feature3Photo1-271_179.jpg)
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يوسف التمسماني 2012-5-18
Le gouvernement doit se plier à tous les engagements pris par l'ancien gouvernement. C'est stipulé dans la constitution, la continuation des institutions d'état. Sinon, si chaque gouvernement détruit ce que le nouveau a construit, il y aura construction mais destruction. Et ce n'est pas dans l'intérêt de l'état qui veut avancer.
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Mitchell Virchick 2012-5-17
J'applaudis l'effort visant à développer une économie d'entreprise. Autant cela vient défier le statu-quo, autant c'est aussi une étape essentielle vers l'objectif d'un gouvernement moins restrictif dans son contrôle sur les entreprises privées, c'est une société plus créative, une éconmie plus saine, et c'est aussi aller vers le but à long terme d'un chômage réduit dans un meilleur Maroc, plus brillant.
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ilyasse 2012-5-17
Toujours le Maroc !
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