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2012-05-03

La Tunisie et la Libye discutent de coopération militaire bilatérale

Par Monia Ghanmi pour Magharebia à Tunis – 03/05/12

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La Tunisie a demandé la semaine dernière à la Libye de renforcer la surveillance de son côté de la frontière partagée, pour empêcher les trafics d'armes et lutter contre le terrorisme.

Le ministre tunisien de la Défense Abdelkarim Zbidi a souhaité un renforcement des contrôles conjoints aux frontières pour lutter contre la criminalité et la circulation des armes. Il a tenu ces propos lors d'une visite en Tunisie, le 24 avril, du chef d'état major des armées libyennes, le général Youssef Mangoush.

Mangoush a déclaré que la Libye était disposée à renforcer la coopération militaire bilatérale avec la Tunisie et à profiter de l'expérience de l'armée tunisienne dans des secteurs tels que la formation, la santé militaire, la sécurité aux frontières et le développement durable.

"La frontière est une responsabilité commune de nos deux pays", a commenté le blogueur libyen Zouhaeir Boujallad. "Il doit y avoir des efforts concertés de toutes les parties concernées, dans la mesure où la Libye est actuellement dans l'impossibilité, au vu de la fragilité de sa sécurité intérieure et de l'existence d'un important arsenal d'armes, d'exercer un contrôle complet et de surveiller les mouvements de ces armes."

Inquiet de la prolifération des armes et de la montée des luttes entre factions rivales, le gouvernement libyen s'efforce d'imposer l'ordre en intégrant les anciens rebelles au sein des ministères de la Défense et de l'Intérieur, tout en tentant par ailleurs de convaincre les civils de déposer leurs armes.

Le ministère libyen de l'Intérieur a annoncé le 23 avril que 70 000 anciens rebelles seraient intégrés dans ses services.

Le vice-ministre libyen de l'Intérieur Omar Khadhraoui a indiqué dans des propos rapportés par les médias locaux que certains rebelles avaient déposé les armes et annoncé qu'ils rejoignaient le ministère de l'Intérieur, affirmant qu'ils touchent un salaire, sont placés sous le commandement de responsables du ministère et aident dans la lutte contre la criminalité et la protection des sites stratégiques.

Il a estimé que 250 000 armes restent encore aux mains de la population dans le pays.

Depuis le renversement du régime de Mouammar Kadhafi, les organisations terroristes pro-al-Qaida ont bénéficié d'importants envois d'armes provenant de Libye, et ont ainsi pu consolider leurs positions dans les pays du Sahel, comme le Mali, où l'activité de ces groupes djihadistes armés a augmenté après le récent coup d'Etat.

Ces éléments terroristes situés près des frontières avec l'Algérie, la Libye et la Mauritanie, sont une source de préoccupation pour les gouvernements du Maghreb. L'Algérie a exprimé une inquiétude particulière, son ministre de l'Intérieur Dahou Ould Kablia énonçant à plusieurs reprises les craintes d'une menace terroriste renforcée au Mali et la propagation du crime organisé et des trafics.

Pour sa part, la Tunisie a fait part de ses inquiétudes concernant l'infiltration de terroristes du Maghreb au vu des tensions actuelles dans le nord du Mali, où certaines régions sont sous le contrôle d'islamistes radicaux.

Le chef de la diplomatie tunisienne Rafik Abdessalem a déclaré lors d'une conférence de presse tenue mi-avril que "les pays du Maghreb doivent faire preuve de solidarité pour lutter contre le terrorisme, la prolifération des armes et les trafics de drogue dans la région."

Même son de cloche chez Mohamed Ben Zakri, professeur de relations internationales, qui reconnaît que la montée du terrorisme et des formes de criminalité associées auraient des conséquences désastreuses pour la sécurité et la stabilité en Afrique, en particulier dans les Etats du Maghreb.

"Les pays du Maghreb, notamment le Maroc et l'Algérie, doivent désormais travailler main dans la main, mettre de côté leurs différends et leurs conflits, et travailler à renforcer la coopération militaire et sécuritaire pour contrer cette nouvelle menace à la sécurité et éradiquer ces organisationss terroristes qui entravent le développement de la région", a-t-il ajouté.

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  1. Anonymous_thumb

    Anonymous 2012-6-29

    La coordination et la coopération sont une nécessité urgente, en particulier en ce moment.

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    Anonymous 2012-6-7

    Un très bon article !

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    réaliste 2012-5-23

    la coopération est un type de relationship qui signifie mutuel profit et ne peut s'établir qu'entre des parties égales . Hors ce cadre la relation est une relation de suggestion , de domination conforme à la nature des relations internationales en général puisque le seul instrument qui devrait jouer le "rééquilibreur" l'ONU est en fait un élément actif du système hégémonique. Après,l'intérieur,c'est la cinquième roue du carosse.

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    Yacine 2012-5-3

    "Toutes les guerres se perdent de l'intérieur", il ne sert à rien de faire semblant, ou de vraiment renforcer les frontières par des moyens militaires alors que l'intérieur est pourri. La protection des frontières ne doit pas relever uniquement des armes et des moyens militaires. Elles doit relever surtout, de la sensibilisation des populations et de la capacité du ou des gouvernements à développer les zones frontalières, en proposant des projets fiables et viables et le tout, biensur, avec l'implication de la société civile.

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