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2012-04-17

Le système de santé rebondit en Libye

Interview réalisée par Asmaa Elourfi pour Magharebia à Benghazi – 17/04/12

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Le Dr Fatima Hamroush, ministre libyen de la Santé par intérim, a passé dix-sept ans à l'étranger avant de revenir dans son pays pour y offrir son expertise médicale.

Née à Benghazi, elle a obtenu son diplôme à l'Ecole de médecine Garyounis en 1983. Elle est alors partie en Irlande et est entrée au Collège royal de chirurgie d'Edimbourg en 1999, avant de prendre la direction d'un hôpital spécialisé dans la chirurgie ophtalmologique.

Magharebia l'a rencontrée au cours d'un de ses récents déplacements à Benghazi pour lui demander comment les autorités ont pris en charge la reconstruction du secteur de la santé.

Magharebia : Les problèmes rencontrés dans le secteur de la santé sont-ils attribuables à des capacités médiocres ou à un manque de compétences ?

Dr Fatima Hamroush : Ces problèmes sont dûs à une faiblesse des capacités et à un manque d'expérience chez certains, deux facteurs qui sont liés. Le manque de capacités a entraîné la fragilité de certaines personnes. Kadhafi ne consacrait que deux pour cent du PIB au secteur de la santé. Nous nous battons pour offrir de nouvelles possibilité de collaboration avec le ministère des Finances. La santé en Libye manque de matériels et d'équipements susceptibles d'aider les médecins dans leur travail.

Magharebia : Comment prévoyez-vous d'assurer la promotion du secteur et de former les personnels de santé libyens ?

Hamroush : Nous avons élaboré un plan à long terme, un plan d'urgence, un programme à court terme et un autre à moyen terme, qui visent tous l'avancée du secteur de la santé, qui est à un [niveau] médiocre depuis l'époque de Kadhafi. Oui, de nombreux plans seront nécessaires.

Nous espérons que les premiers résultats seront visibles d'ici deux mois et demi, et qu'une partie pourra être mise en oeuvre dans les semaines qui viennent.

J'ai collecté des données sur les projets de santé qui ont été mis en oeuvre dans le pays ; nous avons pu constater que 70 pour cent de la construction de ces projets avait été terminés, et que 750 d'entre eux étaient restés inachevés. Mais le nombre total des constructions est de mille, et ce programme sera terminé par étapes. Nous débattrons de toutes les lacunes [que nous devons combler dans] tous les hôpitaux, que ce soit au niveau de la maintenance ou de la pénurie de médecins, d'infirmiers ou de directeurs administratifs. Nous avons demandé aux établissements d'établir la liste de leurs besoins.

Nous avons constaté que les Libyens se rendent fréquemment à l'étranger pour leurs traitements, et nous tenterons de fournir ce qui est nécessaire pour garantir les traitements à la fois dans le pays et à l'étranger.

Magharebia : Dans une déclaration précédente, vous aviez annoncé que vous oeuvriez en faveur de la construction d'hôpitaux de campagne dans certaines zones du pays. Où seront-ils situés et quelles seront leurs spécialisations ?

Hamroush : Nous ferons construire des hôpitaux de campagne dans des zones où la maintenance est difficile et où une maintenance complète est nécessaire, ainsi que dans des zones reculées fortement peuplées dont les habitants ont besoin de services médicaux.

Magharebia : Que pensez-vous de l'importation de médicaments de l'étranger en tant que solution d'urgence ?

Hamroush : Les médicaments importés de l'étranger sont une solution d'urgence. Nous n'avons identifié aucun pays avec lequel il existerait une convention sur ce point, parce que cela relève des compétences du Département de la pharmacie, ce qu'il fait actuellement. Concernant le type de médicaments qui seront fournis, ils seront de la même qualité, du même prix et dans le même état.

Magharebia : Avez-vous trouvé une solution à la crise sécuritaire au sein des hôpitaux ?

Hamroush : Cette crise existe malheureusement encore. Nous entendons parler à chaque fois d'incidents survenus dans des établissements hospitaliers entre des médecins et des jeunes dénués du sens de la responsabilité. Mais nous cherchons à coopérer avec le ministère de l'Intérieur pour trouver une solution aux actes irresponsables de certains jeunes. Cela exige la mise en place d'une sorte de coopération entre le gouvernement et la population pour que nous instaurions la sécurité et assurions le confort dans nos hôpitaux.

Magharebia : Que dites-vous aux manifestants ?

Hamroush : Manifester est un phénomène démocratique, mais ce mouvement de protestation doit se construire sur une base saine, et avant de manifester, les citoyens doivent identifier leurs requêtes et obtenir des conseils légaux avant tout, afin de ne pas devoir faire face à une éventuelle interdiction.

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  1. Anonymous_thumb

    الواقع 2012-4-19

    C'est clair et c'est confirmé par les groupes de Libyens qui vont se faire soigner à l'étranger et par les mauvaises conditions dans les hôpitaux pour handicapés qui n'ont même pas d'ambulance, les patients sont transportés dans des voitures privées et on recrute leurs proches pour cela avec à leur tête les soeurs !

    • 0 Aime