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2012-04-12

La Tunisie lève l'interdiction de manifester sur l'Avenue Bourguiba

Par Houda Trabelsi pour Magharebia à Tunis – 12/04/12

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La Tunisie a levé, mercredi 11 avril, l'interdiction des manifestations sur l'Avenue Habib Bourguiba, deux jours seulement après que la police ait violemment dispersé une manifestation organisée à l'occasion de la Journée des Martyrs sur la principale artère de la capitale.

"L'avenue est réouverte à tous les Tunisiens, ceux qui veulent y manifester, s'y promener ou y travailler", a déclaré le ministre de l'Intérieur Ali Laayaredh à l'issue d'un conseil des ministres.

Cette décision fait suite à une importante manifestation organisée lundi par de jeunes diplômés de l'université sans emploi, qui a été réprimée par la police à l'aide de matraques et de gaz lacrymogènes. Au moins quinze manifestants ont été blessés, ainsi que huit policiers.

Le gouvernement dirigé par le mouvement Ennahda s'était retrouvé sous le feu de très sévères critiques de la part de l'opposition et des militants des droits de l'Homme après l'interdiction des manifestations prononcée le 28 mars et les heurts qui s'en sont suivis.

"Nous ne faisions que porter des drapeaux et des banderoles, et ils nous attaqués à coups de gaz lacrymogènes. Lorsque nous nous sommes enfuis dans une rue avoisinante, ils nous ont suivis", explique Raja Slama, une militante des droits de l'Homme. "Nous comprenons la répression, mais pourquoi cette insistance et une telle détermination ?"

Monia, une jeune femme de 33 ans au chômage, indique à Magharebia qu'elle considérait cette interdiction de manifester comme "une bêtise" au vu du "symbolisme historique associé à l'Avenue Habib Bourguiba, théâtre de la célèbre marche du 14 janvier 2011 qui avait conduit au renversement de l'ancien Président."

Une autre militante, Saïda Garrache, qualifie ces affrontements lors de la Journée des Martyrs de "déclaration officielle de confiscation des droits du peuple tunisien à célébrer son histoire, son passé et son présent".

Certains s'interrogent toutefois sur cette recrudescence de manifestations.

"Est-il logique d'assister à des manifestations d'une telle ampleur, réunissant un si grand nombre de personnes, pour une telle diversité de raisons, chaque jour et sans autorisation ?", se demande Hatem Soltan. "Les autorisations de manifester doivent être respectées. C'est vrai que la liberté est un droit, mais elle n'est pas un droit qui doit être assumé à l'aveuglette, sans conditions ni limites."

"Pourquoi les manifestants ne se sont-ils pas rendus au cimetière de Séjoumi pour y prier pour le salut des âmes des martyrs et pour y manifester ?", demande Boubaker Azzouz. "Pourquoi n'ont-ils pas manifesté le 9 avril de l'an dernier, alors qu'Essebsi était au pouvoir, et ont-ils choisi de manifester aujourd'hui ? Leurs buts politiques sont clairs, et nous ne voulons pas que quiconque exploite le sang des martyrs tunisiens à des fins politiques, électorales et partisanes", ajoute-t-il.

Pour sa part, le ministère de l'Intérieur a publié un communiqué après les évènements de lundi, condamnant "la violation délibérée et préméditée de la loi et les tentatives de certaines personnes de semer le chaos et de déstabiliser le pays, plutôt que de respecter la loi et les libertés".

Pour sa part, Lotfi Azzouz, directeur d'Amnesty International Tunisie, déclare qu'il est "perturbant de voir les autorités tunisiennes recourir aux mêmes lois que celles qui avaient cours au temps de l'ancien Président Ben Ali. Ces mêmes lois ont toujours été condamnées par les personnes-mêmes qui tentent aujourd'hui de les appliquer pour réprimer et museler les journalistes."

"Tout cela envoie des signaux alarmants, notamment lorsque nous voyons des tentatives de revenir aux mêmes vieilles méthodes au lieu d'un engagement à protéger un débat libre et ouvert, qui caractérise une société respectueuse des droits de l'Homme et de l'Etat de droit", ajoute-t-il.

Le Syndicat national des journalistes tunisiens (SNJT) réagit avec fermeté, publiant un communiqué qui appelle les associations de la société civile et les partis politiques à "se tenir à ses côtés dans le combat contre la nouvelle dictature".

Le SNJT condamne également le manque d'action de la part des juges au sujet des plaintes déposées contre les agresseurs de journalistes, ajoutant qu'il s'en remettra aux tribunaux internationaux et lancera une campagne pour défendre la liberté d'expression.

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  1. Anonymous_thumb

    عبد الرؤوف بن محمد ،تونس 2012-4-13

    Je voudrais adresser un appel aux fils de mon cher pays. Nous devons tous nous rappeler que la miséricorde de Dieu est immense. Je suis d'accord avec le frère Hatim Sultan حاتم سلطان dans sa théorie concernant les douloureux évènements récents du 09/04/2012. J'espère que tout le monde s'unira à ceux qui ont été désignés par Dieu pour servir le pays et le peuple, dont les officiels actuels du gouvernement. Alors patience, patience et patience! Dieu aide ceux qui sont patients. Les gens doivent croire dans la puissance de Dieu seul capable de changer les situations, ce n'est pas le cas de ceux qui brandissent des slogans pour des desseins connus par Dieu tout-Puissant seulement. Il a prédestiné les premiers pour diriger ce pays, puis les a supprimés en raison de leurs actions, Il est capable de nous montrer la même chose concernant ceux qui sont parvenus à atteindre le pouvoir dans la période actuel s'ils trahissaient Dieu dans les promesses qu'ils Lui ont faites "le serment". Et donc, nous devons faire attention à celui qui s'agite. Cela veut dire que nous ne devons pas faire confiance aux gens et nous assurer de leurs intentions. Demandons fidèlement à Dieu de nous protéger, de nous soulager des difficultés, de nous soutenir, de faire changer notre situation et d'aider les hommes de notre gouvernement. C'est Dieu Qui les a choisis pour servir le pays et la population.

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