2012-04-11
Les Tunisiens jugent leur gouvernement
Par Houda Trabelsi pour Magharebia à Tunis – 11/04/12
Alors que les cent premiers jours au pouvoir du gouvernement du Premier ministre par intérim Hamadi Jebali tirent à leur fin, les Tunisiens affichent des opinions mitigées sur l'action globale de l'équipe au pouvoir.
Selon un sondage réalisé le 3 avril par l'agence Sigma Conseil, 86 pour cent d'entre eux estiment que leur gouvernement a échoué dans sa lutte contre le chômage, 75 pour cent qu'il n'a pas réussi à combattre la corruption et la fraude, 90 pour cent qu'il n'a pu contenir la hausse des prix, et 70 pour cent que les Tunisiens sont aujourd'hui moins unis qu'auparavant.
"Le gouvernement actuel a hérité d'une charge très lourde à tous les niveaux, économique, social et même politique", explique Abd Majid Ebdelli, professeur de sciences politiques. "La situation est difficile et nécessite un consensus national et le rejet de tout ce qui est susceptible de creuser les divisions entre les Tunisiens."
"L'action du gouvernement… ne peut être évaluée en utilisant les mêmes méthodes qu'à l'étranger", a-t-il ajouté.
Selon le journaliste Nabil Zaghdoud, le gouvernement tunisien n'a pas réussi à faire passer des messages politiques rassurants qui mettent en lumière sa feuille de route pour les réformes. "Cela ne lui a pas permis de contrôler son propre programme ni les conditions économiques, sociales et sécuritaires dans le pays", a-t-il indiqué à Magharebia.
Un état général de confusion, a ajouté Zaghdoud, pourrait contribuer à certaines des difficultés éprouvées par le gouvernement pour atteindre la légitimité suffisante pour pouvoir contrôler les rouages de l'Etat.
"L'assemblée constituante est entièrement responsable de l'échec du gouvernement à traiter les questions urgentes, parce qu'elle a émis des assurances sans présenter un programme clair. Cela est perçu comme un 'chèque en blanc'", a-t-il ajouté.
Pour le journaliste Nabil Chahed, une vision équilibrée de la situation est nécessaire. "Une telle période [de transition] n'a jamais été facile à tous les niveaux, notamment une très mauvaise opinion du public", a-t-il ajouté.
"Nous devrions évaluer son travail de manière objective, et en souligner le pour et le contre", a-t-il poursuivi, ajoutant : "A ce jour, rien ne suggère que l'opposition serait capable de mieux faire, ni capable de gérer le niveau très élevé des revendications des citoyens."
Dans la rue, les Tunisiens se font l'écho de ces critiques, mais font également preuve de patience.
"Le gouvernement est responsable de la division des Tunisiens entre islamistes et laïcs", a expliqué à Magharebia Mourab Chabbi, 42 ans. "C'est une chose étrangère à notre société, que nous ne connaissions pas jusqu'alors. De plus, le gouvernement a contribué à la croissance du salafisme, qui menace l'équilibre social et intellectuel de la société tunisienne, connue pour sa modération et sa tolérance."
Safwen Bethabet, 27 ans, ne se montre cependant pas aussi critique. "J'estime que le gouvernement a réussi à rétablir la sécurité dans le pays, en dépit des tentatives de faire échouer ses efforts", a-t-il expliqué. "Je vois ce succès dans la présence d'une opposition forte et efficace, et pas seulement de grandes gueules dont le seul but est de renverser le gouvernement sans proposer des options claires."
"Il n'est pas logique de tenir le gouvernement pour responsable après une période aussi courte", a-t-il déclaré.
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![[AFP/Fethi Belaid] Si les Tunisiens reconnaissent qu'une amélioration de la sécurité peut être portée au crédit du gouvernement par intérim, ils estiment néanmoins que beaucoup reste à faire dans de nombreux autres domaines.](/awi/images/2012/04/11/120411Feature2Photo1-271_179.jpg)
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youghourta 2012-4-12
LA tunisie continue de donner ,malgré ses difficultés actuelles, des lecons aux pays arabes; même leur dictateur a été exemplaire dans la crise;
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