2012-03-27
Le Maroc programme la réforme des subventions
Par Siham Ali pour Magharebia à Rabat – 27/03/12
Le gouvernement prévoit de réserver cette année 32,5 milliards de dirhams au titre du fonds de compensation, en plus de 14 milliards d'arriérés. Les consultations ont débuté mardi 20 mars, pour mettre en place des réformes attendues depuis longtemps.
La compensation grève le budget de l’Etat. En cinq ans, ses dépenses ont atteint 150 milliards de dirhams (13,4 milliards d'euros), l'équivalent de 6 pour cent du PIB.
Aujourd’hui, le gouvernement d'Abdelilah Benkirane s’engage à réformer le système de compensation en 2012, en plafonnant les dépenses à 3 pour cent du PIB tout en permettant aux couches les plus démunies de bénéficier davantage du soutien de l'Etat.
Actuellement, ce sont les plus riches qui bénéficient du système, car ce sont eux qui consomment le plus les produits alimentaires de base subventionnés ainsi que le carburant. Le gasoil arrive en tête des produits subventionnés, avec 19 milliards de dirhams l'an dernier. Il est suivi du gaz butane avec 12,7 milliards de dirhams, puis par le fuel à usage électrique, à 6,7 milliards de dirhams. L’essence, le sucre et la farine coûtent aussi à l'Etat des milliards de dirhams.
Le système de compensation a permis d’éviter les tensions sociales, selon Najib Boulif, le ministre en charge des Affaires générales et de la Gouvernance. Il a expliqué que les subventions gouvernementales ont pu préserver le pouvoir d’achat des citoyens, notamment en temps de crise économique, et qu'elles ont soutenu plusieurs secteurs productifs. Ce qui a permis, selon lui, de sauver des milliers d’emplois.
Mais il souligne également que les dysfonctionnements sont grands et que l’Etat n’arrive plus à maîtriser les dépenses de la compensation.
Il estime que l’opération de réforme doit être participative, car il existe quelques secteurs productifs qui bénéficient largement du système de la compensation.
Selon le directeur de la concurrence et des prix au ministère de l'Economie et des Affaires générales, Hassan Bousselmane, la réforme est un chantier national qui doit reposer sur l'esprit de solidarité et de la cohésion sociale tout en prenant en considération les intérêts des couches moyennes.
L’idée de la réforme repose sur le ciblage des populations démunies afin qu’elles reçoivent directement l’aide de l'Etat. Mais la définition de ce ciblage pose encore problème. Selon Bousselmane, le régime d’assistance médicale pour les économiquement démunis (RAMED) qui vient d’être lancé permettra de clarifier ce ciblage.
Pour le président de l’Association de protection des consommateurs, Mohammed Benkeddour, le lancement de la réforme de la compensation est un acte de bravoure. Il ajoute que cette réforme doit être progressive, en veillant à ne pas porter atteinte au pouvoir d’achat des citoyens des classes moyennes.
Un immense effort est nécessaire pour préserver les prix des produits de base, selon Nadira Guermaï, gouverneur de l’Initiative nationale pour le développement humain. Pour elle, une campagne de sensibilisation doit être organisée pour sensibiliser les citoyens à la nécessité de rationnaliser la consommation et présenter l’intérêt de la réforme.
Concernant les secteurs qui bénéficient des subventions, le président de la Fédération nationale de la minoterie Ahmed Bouaïda explique que les professionnels affichent un esprit de citoyenneté et sont prêts à participer activement à la mise en œuvre des réformes.
Abonnez-vous à notre newsletter et recevez les derniers articles de Magharebia dans votre boîte aux lettres électronique.

![[AFP/Abdelhak Senna] Le gasoil est l'un des produits les plus largement subventionnés au Maroc.](/awi/images/2012/03/27/120327Feature3Photo1-271_179.jpg)
PUBLIEZ VOTRE COMMENTAIRE 1
cht.moh 2012-3-29
je suis contant au sujet de vos commentaires publiés par vos soins MAGHREBIA
0 Aime