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2012-03-25

La sécurité au Sahel menacée par le coup d'Etat au Mali

Par Jemal Oumar à Nouakchott et Nazim Fethi à Alger pour Magharebia – 25/03/12

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L'Union africaine a suspendu le Mali de toutes ses activités, vendredi 23 mars, dans le cadre des condamnations internationales de plus en plus nombreuses du coup d'Etat qui a secoué Bamako la semaine dernière.

Cette mesure de l'UA fait suite aux déclarations de l'Algérie, du Maroc, de la Tunisie, du Niger, du Nigeria, de la France, des Etats-Unis, de l'Union européenne, de la Banque mondiale et du Conseil de sécurité des Nations unies dénonçant cette prise de pouvoir.

Des soldats mutins, commandés par le capitaine Amadou Sanogo, ont pris le pouvoir mercredi, affirmant que le gouvernement du Président Amadou Toumani Touré était incapable de gérer la rébellion touareg dans le nord du pays. Les soldats du Comité national pour le redressement de la démocratie et la restauration de l'Etat (CNRDR) ont promis de remettre le pouvoir à un gouvernement démocratique.

Après avoir effectué deux mandats, le Président Touré ne comptait pas se présenter à nouveau lors du scrutin du 29 avril.

Le sort du chef de l'Etat renversé reste incertain, dans une atmosphère encore marquée par des tensions et des confrontations entre les insurgés et la garde présidentielle. Les rebelles touaregs ont profité de cette carence de pouvoir pour poursuivre leur offensive et assiéger la ville de Kidal, a indiqué l'AFP.

Ce coup d'Etat aura "des répercussions extrêmement néfastes sur la sécurité au Sahel et au Sahara, qui connaissent déjà de nombreux problèmes, dans la mesure où la région est engagée depuis des années dans une guerre féroce contre al-Qaida, à laquelle sont venues s'ajouter depuis quelques mois la rébellion touareg et les revendications de l'est de la Libye en faveur de l'autonomie, l'escalade de la menace des militants en Tunisie, les tensions à la frontière algéro-libyenne et l'incertitude sur le sort des otages au Niger. Le Sahel ne peut donc se permettre d'envisager de nouvelles tensions", a expliqué le spécialiste Al-Mukhtar Salem.

"Les acteurs de la région et la communauté internationale doivent pleinement assumer leur rôle pour tenir en échec tous ces projets sanglants dans la région", a-t-il ajouté.

Mohamed Muftah, spécialiste de la sécurité au Sahel, estime que l'Algérie connaîtra des problèmes supplémentaires sur ses frontières sud par suite du désir des insurgés de lutter militairement contre la révolte des Touaregs.

Selon lui, cette situation pourrait entraîner de nouveaux déplacements des populations locales, ce qui "sera sans aucun doute une opportunité pour les groupes terroristes de renforcer leur présence et l'occasion pour les gangs du crime organisé et les trafiquants d'intensifier leurs activités. Tout cela fait de cette région une véritable poudrière."

Pour sa part, le gouvernement algérien a déclaré rejeter "fermement" tout changement constitutionnel au Mali.

"L’Algérie suit avec une grande préoccupation la situation au Mali. De par notre position de principe et conformément aux dispositions de l’acte constitutif de l’Union africaine, nous condamnons le recours à la force et rejetons fermement les changements anticonstitutionnels", a déclaré Amar Belani, porte-parole du ministère algérien des Affaires étrangères.

"Nous estimons que toutes les questions internes au Mali doivent trouver leur règlement dans le cadre du fonctionnement normal des institutions légitimes de ce pays et dans le cadre du respect des règles constitutionnelle", a-t-il ajouté.

L'Algérie n'a jamais connu une telle instabilité sur ses frontières méridionales depuis que le Mali avait accédé à l'indépendance en 1960, a expliqué le politologue M'hand Berkouk.

"L’Algérie est un interlocuteur incontournable dans la lutte antiterroriste au Sahel et dans les négociations avec la rébellion touareg", a-t-il souligné, ajoutant qu'il pense que "Alger continuera à jouer son rôle de médiateur, appuyé par ses excellents relais au Mali."

"La logique de la sécurité régionale primera sur le reste", a-t-il affirmé.

Selon une autre politologue, Louisa Ait Hamadouche, même si l'Algérie pourrait "invoquer l’insécurité à ses frontières pour négocier avec les rebelles sans l’aval du pouvoir central malien, elle ne le fera pas."

"Il est très important qu’Alger maintienne sa neutralité positive", a-t-elle fait valoir. En d'autres termes, qu’elle continue de promouvoir un projet économique et politique qui maintienne l’intégrité territoriale du Mali, sans s’ingérer dans les affaires internes de ce pays, l'une des constantes de sa politique étrangère.

La rébellion touareg doit trouver une solution politique négociée à l’intérieur du Mali, ont insisté pour leur part les analystes politiques Ahmed Adimi et Abdelaziz Rahabi.

Contacté par téléphone, Noureddine Mzala, journaliste algérien en poste à Bamako depuis un mois, a expliqué que les mutins étaient venus dans son hôtel et avaient "arraché le portrait du Président malien accroché à la réception de l’hôtel, nous ont salué et nous ont juste affirmé que le Président avait fui".

"La situation reste tendue et confuse", a-t-il poursuivi. "Les militaires sont en train de procéder à des arrestations de fonctionnaires, alors que certaines unités de l’armée restent toujours fidèles au Président renversé. On entend toujours des coups de feu autour du palais présidentiel et des scènes de pillage sont signalées ça et là."

"Tout le pays est paralysé, les administrations sont restées fermées", a-t-il indiqué. "Le couvre-feu devrait être instauré, mais le peuple malien reste divisé entre partisans et opposants à ce coup de force. L’on sait, en revanche, que des manifestations sont prévues pour les jours à venir. Elles devraient faire pencher la balance pour l’une ou l’autre partie du conflit."

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  1. Anonymous_thumb

    L'Africain 2012-5-1

    Adam Neira en tant qu'Africain je dis : prions pour le Mali , prions pour l'Afrique et tous les Africains car nous sommes la cible de tous ces fléaux qui ne tombent pas du ciel!Ce système de la mondialisation capitaliste ultra libérale repose sur l'exploitation et le pillage de notre continent , il est impérieux d'entretenir sa déstabilisation pour "justifier" leur ingérence multiforme,non contents de tenir les états sous tutelle, privés de leur souveraineté ... ce qui ne les empêche pas de faire porter le chapeaux aux dirigeants comme s'ils avaient une quelconque marge de manoeuvre !? Ils nous prennent pour des babouins ... Malheureusement la guerre est écrite dans les "gènes" du capitalisme , les contradictions s'aiguisent et nous sommes dans l'exacte configuration d'un conflit mondialisé ... la "fameuse crise financière" , le surendettement des états occidentaux , le glissement dangereux de ces régimes européens vers l'extrème droite , sont autant de signes avant coureurs . Dieu protège les Africains et L'Afrique !!!

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  2. Anonymous_thumb

    Adam Neira 2012-3-25

    Prions pour le Mali.

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