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2012-03-09

Polémique sur les inscriptions électorales en Algérie

Par Lyes Aflou pour Magharebia à Alger – 09/03/12

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L'inscription tardive de trente mille militaires sur les listes électorales dans la wilaya algérienne de Tindouf suscite un débat entre les observateurs et le gouvernement.

Plusieurs partis politiques ont emboîté le pas à la Commission nationale de surveillance des élections législatives (CNSEL) qui a crié à la manipulation des listes électorales après l’inscription de milliers de militaires alors que l’opération de renouvellement des listes électorales est officiellement close. De plus, la preuve de changement de résidence de ces électeurs supplémentaires n'a pas été apportée, selon le président de la commission, Mohamed Seddiki, ce qui favoriserait le double vote.

Répondant à ces accusations, le ministre de l'Intérieur Dahou Ould Kablia a déclaré, le mardi 6 mars, que la procédure d'inscription de ces personnels militaires était "justifiée par la situation sécuritaire dans la région qui nécessite la mobilisation de l’armée pour assurer la protection des frontières". Il a ajouté que la région constituait "une exception en raison de la situation aux frontières".

Mais Seddiki a précisé que cette procédure était illégale pour plusieurs raisons.

La première est que la wilaya de Tindouf, qui "compte 45 000 habitants, ne doit pas avoir plus de 22 000 électeurs. Or, du jour au lendemain, la wilaya se retrouve avec près de 60 000 électeurs. Nous sommes alors en droit de nous poser plusieurs questions."

Il s'est demandé ensuite si "ces nouveaux inscrits ont changé de résidence, comme le prévoit la réglementation, et s’ils ont été radiés de leur commune de résidence d’origine".

Enfin, il s'est interrogé sur le point de savoir pourquoi avoir eu recours cette démarche groupée, alors que la loi prévoit que les électeurs en mission, dont les militaires, peuvent signer des procurations à leurs proches pour leur permettre de voter à leur place.

La CNSEL relève également que le nombre d'électeurs a "anormalement augmenté" dans d'autres wilayas comme Tamanrasset, Adrar et Jijel. S'y ajoute encore le fait que les nouveaux électeurs portés sur les listes l’ont été après le 21 février, soit après l’expiration des délais légaux.

Prenant le relais de son ministre pour répondre à ces accusations, Mohamed Talbi, directeur général des libertés publiques et des affaires juridiques au ministère de l’Intérieur, a récusé en bloc les reproches formulés. S'exprimant mardi à la radio, il a déclaré que "la question du corps électoral resurgit à chaque scrutin."

Il a ajouté qu'auparavant, on s’interrogeait sur le vote des corps constitués dans les casernes. Cela a été supprimé pour permettre à cette catégorie d’électeurs de voter le jour du scrutin, selon Talbi. "Conformément à la loi, les éléments de l’ANP ont été inscrits dans le cadre des recours administratifs et judiciaires", a-t-il précisé, ajoutant qu'il n'y avait pas eu d'inscriptions au-delà du délai réglementaire.

Ce responsable du ministère de l'Intérieur a rappelé à son auditoire qu'il existe une disposition dans la loi relative au régime électoral qui autorise un délai supplémentaire au delà du délai légal.

"L’article 22 ouvre des délais supplémentaires pour rattraper tout ce qui n’a pu être fait pendant la période de révision, pour permettre l’inscription de ceux qui ont été omis sur la liste électorale. Si vous faites une réclamation, qui est rejetée, et que vous faites un recours judiciaire, la loi est là pour vous permettre d’exercer ce droit", a-t-il souligné.

Il a par ailleurs indiqué que les comités électoraux dans les différentes wilayas, présidés par des magistrats, "ne prendront jamais le risque et la responsabilité d’inscrire des gens avant de les radier préalablement des listes de leur commune d’origine".

Réagissant à cette controverse, le Mouvement pour la société de la paix (MSP), d'obédience islamiste, a mis en garde contre la tendance à vouloir entraîner l’armée dans les conflits politiques. Dans un communiqué, le parti a souligné que l'armée "ne devrait pas être exposée aux critiques en l'impliquant dans une question politique qui a déjà été débattue".

Un avis partagé par le Premier ministre Ahmed Ouyahia lors de la session d'ouverture de l'assemblée populaire nationale, dimanche dernier. "Je regrette cette manière de faire de la propagande par des partis politiques. Cela touche en premier lieu la crédibilité de l’État et de son armée populaire", a-t-il déclaré.

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  1. Anonymous_thumb

    رقيب في التعبئة 2012-3-25

    Pourquoi tous ces roulements de tambour pour des élections dont le citoyen algérien ne se soucie même pas et auxquelles il n'accorde aucune importance ? Le citoyen algérien est fatigué, il en a assez de la politique et des politiciens. Il aspire à une vie digne comme n'importe quel être humain, une maison et un emploi. C'est sa préoccupation majeure. En tant que citoyen, je n'ai jamais vu un ami ou qui que ce soit faire allusion à ces élections. Où sont les membres parlementaires qui avaient dit qu'ils étudieraient notre problème en tant que mobilisateurs ? C'est arrivé il y a un an. Ils avaient promis de nous donner une réponse dans le mois et demi suivant. Mais jusqu'à ce jour, ils ne nous en ont apporté aucune. Comment est-ce que je peux voter alors que mes droits sont usurpés ? Je fais partie de ces personnes mobilisées dans la lutte contre ce qu'on appelle le terrorisme. Je suis aussi le fils d'un Moudjahid qui a battu durant la révolution algérienne contre le colonisateur français. Je vis avec ma famille dans une pièce. On y fait la cuisine. On mange, on boit, on lave dans la même pièce. A qui pouvons nous adresser notre plainte sinon à Dieu l'unique et le plus puissant, le destructeur de Aad et Tamoud, le destructeur du Pharaon, d'Hamane et de leurs arimes? Où sont-ils maintenant ? L'Algérie est pour les algériens, pas pour une population spécifique.

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    ديب فريد 2012-3-21

    Vous êtes la première chaîne arabe à ne pas faire de commentaires au sujet du football, pardon, du ballon de la division qui a été et est encore exploité par les autorités algériennes et tous les pays arabes afin de détourner l'attention des populations arabes des vrais problèmes. Vous êtes la première chaîne arabe à traiter notre problème qui est resté en suspens depuis les années quatre vingt dix, à nous, les membres de la mobilisation, qui avons été appelé dans les années quatre-vingt dix pour lutter contre le soi-disant terrorisme. Les hautes autorités nous avaient alors promis des privilèges, d'élever nos conditions sociales et tant d'autres serments. On était considéré comme les fils de la nation, les meilleurs d'entre eux. Mais nous avons été surpris par la loi sur la réconciliation nationale qui a accordé nos droits à ceux que nous devions combattre. De plus, les autorités algériennes ont voulu nous jeter dans les poubelles de l'histoire, même si aucune poubelle n'avait été fabriquée pour l'histoire algérienne. En second lieu, nous ne cherchions pas de profits, parce que nous ne sommes pas des mercenaires. Mais nous avons constaté que l'argent de l'Algérie était gaspillé et pris par ceux qui ne le méritent pas comme les chanteurs, les concerts, les joueurs qui s'adonnent au ballon de la division. Nous ne mendions pas. Nous ne mendions pas. Ce sont des droits qui nous avaient été promis par les autorités et le haut commandement de l'armée à l'époque. Troisièmement, nous, les membres de la mobilisation,, nous avons mené notre devoir avec dévotion. On nous a poussés dans les régions les plus dangereuses de l'Algérie. Certains d'entre tous sont morts, d'autres sont handicapés. Les meilleurs d'entre nous sont stigmatisés en raison des horreurs que nous avons vu, avec le témoignage des généraux patriotes. Aucun de nous n'a déserté. Notre attitude envers les citoyens a été bonne, comme les citoyens en témoignent eux-mêmes. Quatrièmement, pourquoi est-ce qu'on honore les joueurs de football, pourquoi on les appelle des combattants ?! Par Dieu, quel type de guerre est-ce qu'ils ont mené ? On a renversé les choses. Cinquièmement, on ne gardera pas le silence tant qu'on n'aura pas obtenu nos droits. Nous n'avons pas été tués par les balles du terrorisme ; alors mourrons sous celles de l'état. Les chanteurs, les joueurs du ballon de la division, ces quasi-hommes ne sont pas meilleurs que nous le sommes. Sixièmement, nous n'avons pas protégé les autorités. Nous avons protégé la nation, les citoyens, les institutions et les plus grandes entreprises. Est-ce que nous ne méritons même pas un emploi ? Maintenant on nous dit qu'on est vieux, on ne peut pas vous recruter et on ne vous reconnaît pas en tant que catégorie même si ces officiels avaient l'habitude de rentrer en courant chez eux dès 16 heures, au risque sinon d'être tués. Mais nous défendions et protégions leur sécurité dans les montagnes, les ravins,d ans les rues et dans les avenues, où le soi-disant terrorisme aveugle était niché !

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  3. Anonymous_thumb

    LABIDI 2012-3-13

    c'est dommage que tout les partis polilique ainsi que du pouvoir( R N D, F L N ,HAMAS) parlent le meme langage la jeunesse et la femme, mais qui n'ont aucun programme politique,cuturelle,economique loughete el khacheb????????

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  4. Anonymous_thumb

    بن نعوم ابراهيم 2012-3-13

    Les partis en Algérie chantent comme des coqs en plein jour alors qu'ils se réfugient dans leurs poulaillers dès la tombée de la nuit. Chacun prétend que le processus politique est en bonne voie quand il est au pouvoir ou proche du cercle, celui qui n'est pas carré. Pour les partis qui se revendiquent de l'Islam, le Mouvement pour la Société de la Paix a eu un jour le fauteuil de l'administration en charge d'exécuter le programme mais ce n'était pas là son essence, ou le coeur de sa tendance. Alors il s'est positionné au pouvoir en soutenant et en saluant le procédé gouvernemental qui adopte l'exclusion de tous. Mais il a dû abandonner ses principes et il est tombé dans les bras d'Ouyahia et de ceux qui étaient avec lui sous prétexte de remplir le vide - et quel vide ! D'autres courants ont su se propager sur la terre en criant et en pleurant, dans l'espoir qu'ils trouveraient quelqu'un qui les entendent durant au cours de la gouvernance du président au point qu'ils ont ravalé leur dignité, abandonné leurs amis et leurs principes, frappé leur famille, leurs amis et leurs leaders juste pour satisfaire ceux qui se sont plu à démolir les piliers de tout, comme Ouyahia. Si l'armée est le pouvoir actuel dans la société, est-ce qu'on peut savoir par le biais de l'enregistrement de ses membres la réussite de ceux qui appellent au changement ? Commencons maintenant avec l'armée. Elle accueille une grande catégorie de jeunes éclairés, intellectuellement et au niveau pratique. Ils ont le pouvoir d'exprimer une opinion saine, sans fondement particulier. D'un autre côté, dans son poids électorale, elle est comme un instrument qui change puissament le cours des parties qui l'adoptent et qui renforcent leur rang par cet instrument, en comparaison aux votes des électeurs qui représentent 20 millions de voix .

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  5. Anonymous_thumb

    MEKKAOUI 2012-3-11

    C'est vraiment dommage que le FLN parti censé être de la plpert des algeriens soit réduit à un parti de fraude et de corruption.Les mêmes personnes se voient candidats pour la enième fois consécutives d'où aucun changement et il en est de même pour le RND aucune compétence,aucun dévouement vers la nation si ce n'est leurs intérêts personnels tandis que les autres partis aucun programme n'est en vue le seul discours repose sur la fraude .C EST DOMMAGE pour cette ALGERIE DES VALEURS.

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    Anonymous 2012-3-10

    C'est une dictature et on ne peut pas s'en sortir l'algérie vit sur une autre planète. J'aime le président mais le pauvre homme n'arrive pas à contrôler la junte mafia quelle honte pour eux boumedienne était argaz aucune junte ne pourrait abuser du peuple de nos jours s'il était encore vivant aujourd'hui continuons à voter essayons et essayons encore.

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