Voulez-vous faire du français votre langue par défaut sur ce site ?

2012-03-07

Près de 19 pour cent de chômeurs en Tunisie

Par Monia Ghanmi pour Magharebia à Tunis – 07/03/12

  • 2

Le taux de chômage en Tunisie s'est élevé à 18,9 pour cent au troisième trimestre de l'année dernière, et environ trois quart des citoyens au chômage n'ont pas encore trente ans.

Ce taux marque une hausse de 0,6 pour cent par rapport au deuxième trimestre 2011, selon les données publiées le 23 février par l'Institut national de la statistique (INS). Le nombre total de Tunisiens au chômage s'est établi à plus de 738 000, soit une hausse de 33 500 personnes.

Ce taux de chômage a augmenté de manière significative chez les diplômés de l'université, atteignant 30,5 pour cent, contre 29,2 pour cent au cours de la même période, s'établissant à 8 242 personnes durant le dernier trimestre de l'année.

Ces mêmes chiffres révèlent également que le taux de chômage est plus élevé chez les femmes, à 28,2 pour cent, en hausse de 0,8 pour cent, contre 15,4 pour cent chez les hommes, qui connaissent eux aussi une augmentation de 0,4 pour cent.

Les taux de chômage varient selon les régions du pays, les résultats soulignant que la région sud-ouest est la plus touchée, avec une estimation de 29,5 pour cent, suivie par le sud-est (27,2 pour cent), le centre-ouest (26,9), et enfin le nord-ouest (22,3). Le taux de chômage le plus bas a été enregistré dans le nord-est, à 14,5 pour cent.

Selon ces données publiées par l'INS, 62 pour cent des chômeurs tunisiens sont sans emploi depuis moins d'un an, et presque un cinquième sont sans activité professionnelle depuis un à deux ans.

Les jeunes chômeurs du pays attendent avec impatience que les autorités s'attaquent à ce problème.

"On ne veut pas être poussés dans des programmes d'emploi fragiles, comme les stages et les contrats d'exploitation, ou l'adoption de méthodes de subventions", a expliqué Aymen Zbidi. "Nous serons patients jusqu'à ce que l'Etat nous assure des emplois permanents".

Depuis qu'il a pris ses fonctions à la fin de l'année dernière, le gouvernement a cherché à offrir davantage d'opportunités d'emplois et à encourager les investissements.

Le ministre du Travail et de la Formation professionnelle Abdelwahab Maâter a promis 225 000 nouveaux postes cette année au cours de diverses apparitions médiatiques. Son programme appelle le secteur privé à créer 50 000 emplois et le secteur public à en livrer 25 000. Par ailleurs, 150 000 emplois seront créés par le biais de la coopération technique avec le Qatar et la Libye.

Le ministre de l'Emploi estime qu'à l'heure actuelle, et en raison de la situation dans le pays, il n'est pas possible de répondre aux besoins de tous les chômeurs, malgré les efforts consentis par l'Etat. Il a expliqué que le problème était structurel, lié à la corruption et à un modèle de développement erroné mis en place par l'ancien régime.

"Le ministère tunisien de l'Emploi ne prétend pas avoir trouvé une solution définitive au problème de l'emploi, la situation économique actuelle ne le permettant pas, et le gouvernement devant faire face à environ 800 000 personnes au chômage", a dit le ministre.

Une conférence nationale sur l'emploi doit avoir lieu au mois d'avril, au cours de laquelle des mécanismes seront développés pour réformer le système. Les chômeurs comptent sur cette conférence pour produire des résultats positifs.

"J'espère que cette conférence réunira la participation intensive de tous les acteurs de la société civile dans leurs diverses orientations, afin que nous puissions unir nos forces et chercher un moyen de régler le problème du chômage", a expliqué Sorour Kaàbi.

Par ailleurs, de nombreux chômeurs pensent qu'aborder le problème exige la création d'un fonds d'indemnisation des chômeurs financé par les institutions et par les salariés. L'Etat et les organisations de la société civile contribueraient à ce fonds, qui agirait pour les chômeurs comme une passerelle leur permettant de dépasser leurs difficultés jusqu'à ce qu'ils retrouvent un travail.

"Nous avons aujourd'hui un besoin urgent de ce fonds, dont la création viendrait sans aucun doute soutenir tous ceux qui n'ont pas eu la chance de trouver un travail, et dont le chômeur pourrait profiterait pour répondre aux nécessités du quotidien", explique Nabil Marouani.

Que pensez-vous de cet article ?

1

Abonnez-vous à notre newsletter et recevez les derniers articles de Magharebia dans votre boîte aux lettres électronique.

PUBLIEZ VOTRE COMMENTAIRE 2

Anonymous thumb

Vous n'êtes pas inscrit. Les commentaires anonymes sont vérifiés. Inscrivez-vous pour que votre commentaire soit publié immédiatement - En savoir plus

Ou publiez votre commentaire en utilisant :

* INDIQUE UN CHAMP OBLIGATOIRE

  1. Anonymous thumb

    Anonymous 2012-3-7

    Les chiffres du chômage ont la même crédibilité que le résultat des élections de Ben Ali. C'est la moitié des Tunisiens au moins qui sont au chômage. Comme ils n'ont rien à faire ils se disputent: Toi tu es salafiste, et toi tu es laïc. Ceux qui ont du travail font la grève. C'est la façon tunisienne de résoudre la crise économique.

    • 0 Aime

  2. Anonymous thumb

    Rudy 2012-3-7

    En generale le fond de chomage est fait par ceux qui travail pour ceux qui ont travaillé et sont ensuite sans travaille, non pas pour eux qui n'ont jamais cotisé pour le chomage.

    • 0 Aime