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2012-02-10

Tahra Hmamich, source d'inspiration pour les jeunes talents marocains

Par Nohad Topalian pour Magharebia à Beyrouth – 10/02/12

Tahra Hmamich chante depuis l'âge de sept ans. Cette artiste marocaine, originaire d'Oujda, a acquis une renommée internationale après être apparue dans la 7ème saison de la Star Academy en 2010.

La jeune femme âgée de 22 ans vient de sortir son dernier titre intitulé "Aiwa, bahibo" ("Oui, je l'aime"). C'est Beyrouth qu'Hmamich a choisi pour ce lancement, devant l'ensemble des médias libanais. Et c'est dans cette même ville qu'elle a reçu Magharebia pour parler de sa passion pour le chant et donner des conseils aux jeunes talents qui émergent aujourd'hui au Maroc.

Magharebia : Pourquoi avoir choisi le Liban pour le lancement de votre nouvelle chanson ?

Tahra Hmamich : Le public arabe et marocain a appris à me connaître à travers la septième saison de la Star Academy sur les écrans libanais. En préparant cette chanson, j'ai adoré, dès le début de ma carrière, communiquer avec les médias libanais, connus pour leur hospitalité, leur engagement et les encouragements qu'ils apportent aux jeunes talents artistiques. Les médias libanais favorisent la célébrité des artistes. Et j'ai eu le sentiment que ma chanson sera reconnue à sa juste valeur dans ces médias, même si elle est écrite en dialecte égyptien.

Magharebia : Cela n'aurait pas été le cas au Maroc ?

Hmamich : J'aurais aimé que cela se fasse dans mon pays, mais je n'ai pas pu le faire. En tout cas, d'autres artistes ont choisi le Liban et l'Egypte pour le lancement de leurs oeuvres, comme Samira Said, Rajae Belmlih et Asma Lmnawar.

Magharebia : Cela signifie-t-il que le Maroc ne soutient pas ses artistes ?

Hmamich : Je ne parle pas tant du manquement ou de la marginalisation des artistes au Maroc que du fait que, selon moi, les artistes marocains ne sont pas traités à leur juste valeur et ils n'ont pas l'opportunité de lancer leurs oeuvres à partir du pays. Des festivals et des concerts sont certes organisés, et de nombreuses personnes nous soutiennent, mais le problème est le manque de sociétés de production telles qu'elles existent en Egypte et au Liban. De nombreuses artistes marocaines ont été lancées et continuent de travailler au Maroc, mais je suis "ambitieuse" de nature, alors j'ai choisi le Liban pour le lancement de ma carrière artistique, aujourd'hui comme à l'avenir.

Magharebia : Parlez-nous de votre nouvelle chanson.

Hmamich : "Oui, je l'aime" a été écrite par Osama Mehrez, composée par Basil Masrour et produite par la société égyptienne "Pause", par son propriétaire Mido Muneeb.

Magharebia : Vous aviez déjà sorti un titre, "Je te comprends", que vous aviez dédié à l'artiste marocaine Houda Saad. Pouvez-vous nous en parler un peu ?

Hmamich : J'avais dédié les paroles et la musique de cette chanson à ma compatriote Houda Saad. Elle m'avait contactée immédiatement après mon départ de la Star Academy, parce que je reprenais toujours ses chansons. Je n'aurais pas imaginé que je recevrais ce cadeau qu'elle m'a offert, qui a été une grande motivation à mes débuts. C'est un cadeau particulier d'une artiste marocaine à une autre artiste marocaine sur la voie du professionnalisme. Je tournerai le clip de "Je te comprends" à mes frais et aussi rapidement que possible.

Magharebia : Allez-vous bientôt préparer votre propre album ?

Hmamich : J'attends la stabilisation de la situation en Egypte pour commencer sa préparation, et pour enregistrer alors les chansons. Cet album comprendra onze ou douze titres, et j'y collabore avec un groupe de compositeurs et d'auteurs libanais, égyptiens, marocains et du Golfe. Il y aura donc une diversité de dialectes, de chansons et de musique. Cet album exprimera le côté espiègle de ma personnalité, malgré le calme pour lequel je suis connue.

Magharebia : Sentez-vous un soutien de la part des jeunes Marocains ?

Hmamich : Bien sûr, ils me soutiennent par leur amour et en venant à mes concerts. Ils suivent également mon actualité dans les journaux et les magazines locaux et internationaux.

Magharebia : Que leur souhaitez-vous ?

Hmamich : Au Maroc, comme en Tunisie, il y a de jeunes voix fantastiques, et mon souhait est qu'elles puissent rencontrer la bonne personne qui puisse s'engager à leurs côtés au nom de leur talent, de manière à ce que ces jeunes n'aient pas à prendre des chemins pernicieux pour enfin réaliser ce qu'ils veulent. On veut que les jeunes talents marocains s'attachent à réaliser leurs rêves au niveau de ce que l'art a de grand, en exprimant la culture et l'image réelle du Maroc, ce pays à la fois si beau et si pur.

Magharebia : Quel conseil pouvez-vous donner aux artistes marocains en herbe ?

Hmamich : Mon message pour eux, c'est qu'ils peuvent réaliser leurs rêves en se concentrant sur leur talent et leur voix, et qu'ils doivent chercher à réaliser ne serait-ce qu'une partie de leur rêve. J'ai commencé comme cela, et je travaille à peaufiner mon talent et à me développer, ainsi que ma voix, car ce sont là mes richesses, ce n'est pas mon apparence.

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