2012-01-10
Les Libyens divisés après la nomination du nouveau chef des armées
Par Asmaa Elourfi pour Magharebia à Benghazi – 10/01/12
Les jeunes de Benghazi ont organisé une manifestation, vendredi 6 janvier, après les prières de l'Asr pour exprimer leur désaccord après la nomination du nouveau chef des armées libyennes. Les habitants de l'est du pays craignent en effet que leur région ne soit marginalisée par le nouveau gouvernement.
"Nous n'avons rien contre Youssef al-Mangoush lui-même, mais nous rejetons la manière dont il a été désigné", a expliqué Ahmed al-Mansouri. "Cette affaire présente une forme de domination et un certain type de détournement qui est rejeté par les révolutionnaires."
Le ministre de la Défense Osama al-Juwali a déclaré sur des chaînes satellitaires que la désignation, le 3 janvier, d'al-Mangoush au poste de chef d'état major des armées était définitive et irréversible. Ce poste avait été laissé vacant depuis l'assassinat en juillet dernier du général Abdel Fattah Younes, qui bénéficiait d'un fort soutien des régions orientales du pays.
"Nous étions fatigués de la marginalisation sous l'ancien régime", a déclaré Ali al-Mariemi. "Aujourd'hui, nous, les habitants de l'Est, souffrons encore de cette marginalisation de la part du Conseil national de transition (CNT), bien que la révolution du 17 février ait commencé dans cette région, qui a sacrifié des milliers de ses jeunes pour notre nation. Ce que nous voulons, c'est la reconnaissance, non la marginalisation."
Pour sa part, Salem al-Raidi a expliqué que les révolutionnaires de l'est avaient choisi le colonel Saleh Zeibag comme chef de l'armée de Cyrénaïque.
"Pour moi, le colonel al-Mangoush est un homme honnête, dont l'histoire est connue. Il n'y a aucun doute à ce sujet", a commenté Abdallah al-Mebri. "Mais certains en Cyrénaïque s'opposent à cette nomination par suite de la marginalisation dont nous avons souffert. Comme vous pouvez le voir, la Cyrénaïque n'a obtenu aucun portefeuille souverain dans ce gouvernement, contrairement à Tripoli.
Par conséquent, oui, j'affirme que la Cyrénaïque, qui comprend toute la région de l'est, n'obtient pas ses droits."
Cependant, un certain nombre de Libyens ont apporté leur soutien au nouveau chef des armées.
Le colonel Solayman Mahmoud, qui a travaillé toute sa vie avec l'ancien régime mais a fait défection lors du déclenchement de la révolution en février, a réfuté toute légitimité à l'armée de Cyrénaïque et salué la nomination de Youssef al-Mangoush au poste de chef d'état major des armées libyennes.
"Nous soutenons le colonel Youssef al-Mangoush et condamnons tout rejet de sa nomination sur la base de facteurs tribaux émanant d'une seule tribu, qui vise à mettre en avant ses propres intérêts", a déclaré Othman al-Fallah. "Nous imposerons la décision du CNT par la force et ne permettrons à quiconque d'objecter ou de saper les efforts visant la stabilité."
"Je suis favorable au choix du CNT parce que j'ai entière confiance en lui", a déclaré pour sa part Adam Mohammed, ajoutant que "tous ceux qui s'opposent à ce choix montrent qu'ils ne recherchent pas la stabilité pour le pays et sont favorables aux conflits tribaux".
Wanas al-Gamati, un citoyen, a expliqué ce mécontentement en soulignant que l'est de la Libye a été marginalisé sous le régime de Kadhafi, tandis que les membres de la tribu des Warfallas et les habitants de Syrte étaient récompensés par des emplois et des bourses d'étude. Il a laissé entendre que ce fossé économique était au centre de la controverse concernant la nomination d'al-Mangoush, et que les habitants étaient las de voir la situation se renouveler.
"J'ai beaucoup d'amis à Tripoli et dans l'ouest, et l'on peut voir que leur situation financière est très facile, dans la mesure où la limite de retrait d'argent est fixée à 2 000 dinars, alors qu'elle était de 700 dinars auparavant, alors que nous, dans les régions de l'est, rencontrons encore des difficultés pour les retraits d'argent, qui sont encore limités à 200 dinars", a-t-il dit.
"Comment une telle situation pourrait-elle ne pas révolter les gens ?", ajoute al-Gamati. "Nous sommes tous des Libyens, et nous ne voulons pas diviser le pays, mais pourquoi nos frères dans l'ouest et le CNT ne prêtent-ils pas attention à ces questions et ne répondent-ils pas à la colère des gens, plutôt que de tester leur patience ?"
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![[Asmaa Elourfi] Le président du CNT Mustapha Abdel Jalil félicite le nouveau chef d'état major des armées libyennes Youssef al-Mangoush (au centre).](/awi/images/2012/01/10/120110Feature2Photo1-271_179.jpg)
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ahmed najem 2012-1-13
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