2011-11-18
Resserrement des liens entre la Libye et l'Algérie
Par Walid Ramzi pour Magharebia à Alger – 18/11/11
Le Président algérien Abdelaziz Bouteflika a rencontré le président du Conseil national de transition (CNT) libyen Mustafa Abdel Jalil mardi 15 novembre pour la première fois, marquant une avancée dans les relations d'Alger avec la nouvelle direction libyenne.
Cette rencontre a eu lieu en marge du Forum des pays exportateurs de gaz (FPEG) à Doha.
"Le Président Abdelaziz Bouteflika s'est entretenu jeudi à Doha lors d'une réunion tripartite avec le chef du CNT Mustafa Abdul Jalil et l'émir du Qatar, Sheikh Hamad ben Khalifa Al Thani", selon l'agence APS.
Les deux pays ont tenté de restaurer leurs relations depuis la chute du régime de Mouammar Kadhafi.
Dans un communiqué publié après la visite de Bouteflika au Mali, les autorités algériennes avaient fait part de leur volonté de "coopérer avec les nouvelles autorités libyennes pour préserver les intérêts conjoints de leurs deux peuples et contribuer au renforcement de la paix, de la sécurité et de la stabilité dans l'ensemble de la région".
Avant cette rencontre de mardi, les seuls contacts directs entre les deux gouvernements avaient eu lieu lors d'un sommet de la Ligue arabe au Caire et à New York, lors d'une session de l'Assemblée générale des Nations unies, au cours de laquelle le chef de la diplomatie algérienne Mourad Medelci avait rencontré l'ancien chef du Conseil exécutif du CNT, Mahmoud Jibril.
Les autorités algériennes n'ont pas révélé les détails de cette rencontre. Elles ont toutefois réfuté le fait que les deux rencontres entre Bouteflika et le président du CNT aient été organisées par l'entremise de l'émir du Qatar. Le ministère algérien des Affaires étrangères a déclaré qu'il s'agissait d'une "rencontre ordinaire."
"Ces deux rencontres entre le Président de la République et le chef du CNT libyen s'inscrivent dans le cours naturel des choses, et sont conformes à la position annoncée le 22 septembre par l'Algérie, lorsque nous avions établi des relations avec les nouvelles autorités libyennes sur la base de la décision de l'Union africaine", a affirmé le porte-parole du ministère algérien des Affaires étrangères, Amar Belani, dans un communiqué à la presse.
Il a ajouté : "Depuis le 2 septembre, des contacts officiels avec les nouvelles autorités libyennes ont eu lieu au niveau de hauts responsables, par le biais des consulats des deux pays."
Belani a annoncé la prochaine visite de deux délégations libyennes, l'une composée de membres de la société civile, l'autre de responsables politiques.
"Un accord a été trouvé entre les deux parties pour reporter ces deux visites jusqu'à ce que le nouveau gouvernement libyen, qui devrait être annoncé dans les tout prochains jours, soit formé", a-t-il ajouté.
Il a également souligné que l'Algérie et les nouvelles autorités libyennes tentaient de s'entendre sur les plus petits détails dans l'établissement des priorités de ces relations bilatérales. Dans son communiqué à la presse, Belani a particulièrement mis l'accent sur les questions liées à la sécurité, qui inquiètent encore les deux pays.
Mahmoud Shammam, le porte-parole du CNT, a déclaré pour sa part que cette rencontre avait porté sur plusieurs préoccupations communes.
"Ces dossiers ne concernent pas seulement les relations bilatérales entre les deux pays, la prolifération des armes le long de leur frontière commune, et l'extradition de la famille de Kadhafi qui s'était enfuie en Algérie après la mort de Kadhafi", a déclaré cet officiel libyen au quotidien algérien Echorouk.
"Il s'agit également d'une rencontre entre frères et voisins, qui ne peut donc être qualifiée d'historique. Les rencontres entre le Président Bouteflika et Mustafa Abdel Jalil sont tout à fait normales, et n'ont rien de surprenant", a-t-il ajouté. "Il n'y a eu aucune hostilité de la part des Algériens envers la révolution en Libye, et les Libyens ne s'étaient pas opposés à la révolution en Algérie."
Shammam a ajouté que "des contacts ont eu lieu entre les deux hommes, et les deux parties ont échangé des messages. Rien ne les empêche donc de se rencontrer directement."
Il a conclu que les gouvernements algérien et libyen procéderaient vraisemblablement à l'avenir à des échanges de visites.
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![[AFP/Marwan Naamani] Le Président algérien Abdelaziz Bouteflika et le président du Conseil national de transition libyen Mustafa Abdel Jalil se sont rencontrés cette semaine lors de la conférence du FPEG.](/awi/images/2011/11/18/111118Feature1Photo1-271_179.jpg)
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