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2011-11-17

Un forum mondial sur la lutte antiterroriste consacré à la sécurité au Sahel

Par Nazim Fethi pour Magharebia à Alger – 17/11/11

Les risques qui pèsent sur la région sont d'une telle ampleur que toute la communauté internationale s’y intéresse de très près, notamment depuis le début du conflit en Libye. Les pays de la région ont donc décidé d'accueillir des représentants venus du monde entier pour discuter de la sécurité.

Le Forum mondial de lutte contre le terrorisme (FMLT) a débuté ses travaux le mercredi 16 novembre à Alger. Cent cinquante experts venus du monde entier discuteront pendant deux jours de la lutte contre le terrorisme et le crime organisé dans la région du Sahel.

Les axes de discussions s'orientent autour de cinq thèmes, à savoir "la sécurité frontalière, la coopération entre les services de police, la lutte contre le financement du terrorisme, le renforcement des dispositifs judiciaires et de la coopération, et les engagements communautaires", a expliqué Sabine Nölke, directrice générale chargée de la sécurité internationale au ministère canadien des Affaires étrangères, qui co-préside avec l'Algérie le groupe de travail sur le Sahel.

Intervenant à l’ouverture des travaux, le ministre algérien chargé du Maghreb et des Affaires africaines, Abdelkader Messahel, a plaidé pour une coopération "féconde" entre les Etats participant aux effort de la communauté internationale pour débarrasser le monde des menaces du terrorisme et du crime transnational organisé.

Messahel a estimé que "la convergence et la conjugaison des efforts de la communauté internationale demeurent une condition primordiale du succès de la lutte contre le terrorisme".

"Nous devons être conscients du fait que nous ne serons pas toujours d'accord sur chacune des questions, mais ceux qui sont présents ici reconnaissent qu'il y a des besoins urgents et des défis non relevés, et que chaque pays présent ici détient une expertise spécifique", a souligné Daniel Benjamin, ambassadeur américain chargé de la lutte antiterroriste.

"En organisant un forum où les recommandations et conclusions de ces initiatives peuvent être présentées au groupe qui inclut les principaux acteurs de la région ainsi que des partenaires extérieurs, nous estimons que le groupe de travail va aider à apporter une meilleure cohérence et à optimiser l’impact de ces efforts", a-t-il précisé.

Pour Kamal Rezzag Bara, conseiller auprès du Président algérien, une prise de conscience internationale contre la menace terroriste est nécessaire.

"Il s’agit aujourd’hui de mettre en place des programmes concrets visant à développer les capacités des pays concernés par la lutte antiterroriste", a-t-il déclaré à la presse en marge des travaux.

Bara a ajouté que le Sahel "doit être une région d’intérêt prioritaire pour toute la communauté internationale, puisqu'il s’agit de lutter contre le terrorisme transnational".

"Nous avons acquis une très bonne expertise sur la question du financement du terrorisme, et nous coopérons avec le gouvernement algérien dans ce domaine", a déclaré le major-général Robin Searby, conseiller auprès du Premier ministre britannique pour la lutte antiterroriste en Afrique du Nord et au Sahel.

Il a ajouté que la quantité d’armes libyennes qui ont quitté le pays durant la révolution n'a pas encore été déterminée. "Il y a prolifération d’armes mais… la réalité est que nous ne savons pas combien d’armes et de missiles sol-air sont en circulation."

De son côté, Manuel Lopez Blanco, coordinateur de la stratégie de l’Union européenne (UE) pour le Sahel, a indiqué que les partenaires extra-régionaux sont plus que jamais appelés à prêter main forte à l'Algérie, à la Mauritanie, au Mali et au Niger, pour les aider à renforcer leurs capacités en matière de lutte contre le terrorisme.

Lopez n’a pas écarté l’hypothèse de liens entre le groupe Boko Haram, actif au Nigéria, et al-Qaida au Maghreb islamique (AQMI). Il a indiqué que les deux mouvements étaient susceptibles de partager un "même agenda" et qu'ils pourraient avoir une "coopération probable en matière d’entraînement, de refuge et de déplacement de leurs éléments respectifs".

Il a expliqué qu'au vu de ces menaces combinées, les capacités antiterroristes de ces pays en particulier demeurent "insuffisantes par rapport à la dimension de la menace elle-même".

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