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2011-11-16

Les nouveaux médias au coeur du débat politique au Maroc

Par Rachid Jankari pour Magharebia à Casablanca – 16/11/11

Malgré leur réticence initiale, les responsables politiques marocains utilisent de plus en plus les médias sociaux pour transmettre leurs messages au public.

Ces nouveaux médias sont devenus une partie intégrante de la réalité du paysage politique. Mais le phénomène n’est toutefois pas nouveau. Plusieurs acteurs de la scène politique avaient déjà lancé des sites internet au début des années 2000.

Le Maroc compte plus de 2 millions d’abonnés à l'internet, 13 millions d’internautes et 35 millions de clients mobiles. Malgré la maturité du marché marocain de l’équipement et l'étendue des accès à l'internet, le recours aux outils de l'information et de la communication dans le champ politique reste cepndant du domaine de l’exceptionnel.

En effet, très peu de responsables gouvernementaux utilisent Facebook et Twitter pour communiquer sur leurs actions au quotidien. C’est le cas du ministre du Commerce Ahmed Reda Chami, et de son collègue de la Jeunesse et des Sports, Moncef Belkahyat.

Même constat du côté des parlementaires. Rares sont en effet les membres de l’hémicycle marocain qui ont osé franchir l’univers du numérique pour communiquer auprès des internautes. C’est le cas des parlementaires Khalid El Hariry, de l'Union socialiste des forces populaires (USFP), de Brahim Zerkdi, du Mouvement populaire, et du secrétaire-général du Parti pour le progrès et le socialisme (PPS), Nabil Ben Abdallah.

“Certes, les hommes politiques marocains veulent être présents dans sur les nouveaux médias, mais ils restent prisonniers des moyens, des pratiques et des mentalités de la communication des médias classiques", nuance Houda Chaloun, membre actif de Twitter et de la blogosphère. "En conséquence, ils courent droit à l’échec."

Chaloun ajoute que les réseaux sociaux ne sont pas "que des outils", mais surtout un état d’esprit et des pratiques nouvelles de communication".

“L'usage des médias sociaux par les responsables politiques au Maroc reste embryonnaire et assez "artisanal". C'est un nouveau média qui a ses propres règles, ses manières de faire, que les politiques n'ont pas encore totalement assimilés, ou qui se sentent dépassés par ces nouvelles technologies et les opportunités qu'elles peuvent apporter au travail de mobilisation”, explique Marouane Harmach, consultant en TIC et directeur de la société Consultor.

Le mouvement régional en faveur du changement politique qui a démarré dans le contexte du Printemps arabe a utilisé les réseaux sociaux comme un instrument majeur de promotion et de défense des causes politiques auprès de l'opinion publique.

Le Mouvement du 20 février a pu ainsi profiter des TIC pour faire ses demandes, proposer une large couverture de ses manifestations et promouvoir ses prises de position à travers les blogs, les podcasts, Twitter et Facebook.

La société civile n’est pas en reste. Un collectif d’ONG, en partenariat avec l’Organisation marocaine des droits de l’Homme (OMDH), a lancé récemment un observatoire en ligne des élections à l'occasion du prochain scrutin parlementaire. Lancé à la fin du mois de septembre, Marsad.ma permettra aux citoyens et aux observateurs de poster directement en ligne des alertes sur le déroulement de ce rendez vous électoral prévu le 25 novembre.

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