2011-11-13
Au Maroc, Koutla et le PJD n'excluent pas une alliance
Par Siham Ali pour Magharebia à Rabat – 13/11/11
L'alliance politique marocaine Koutla pourrait prochainement compter un nouveau membre. Alors que le royaume se prépare pour ses élections législatives du 25 novembre, cette coalition de trois partis envisage de s'associer avec le Parti pour la justice et le développement (PJD) pour garantir une majorité gouvernementale.
Mais aucune annonce officielle n'a encore été faite, dans la mesure où Koutla, qui fait partie de l'actuel gouvernement, ne souhaite pas sceller une alliance pré-électorale avec un parti de l'opposition. Koutla regroupe le parti Istiqlal, l'Union socialiste des forces populaires (USFP) et le Parti pour le progrès et le socialisme (PPS).
Ces trois partis ont fermement critiqué le fait que leurs alliés au gouvernement, le Mouvement populaire et le Rassemblement national des indépendants, aient formé une coalition avec six autres partis de l'opposition.
Le Premier ministre marocain et secrétaire général du parti Istiqlal Abbas El Fassi a déclaré lors d'une conférence de presse organisée le 2 novembre qu'il était temps de modifier l'alliance au pouvoir. Selon lui, l'actuel gouvernement a été "entravé par un manque de solidarité et d'homogénéité entre les partis qui composent la majorité".
Ces erreurs, a-t-il poursuivi, résultent du fait que le gouvernement se compose de membres affichant des vues divergentes.
"Il est temps de changer cet état des choses, parce que des partis pro-capitalisme ne peuvent s'entendre avec des partis qui défendent des causes sociales", a déclaré le Premier ministre lors de cette conférence de presse du 2 novembre. "Au sein de Koutla, nous n'avons pas encore évoqué l'idée d'élargir ce cadre, mais nous restons ouverts aux partis qui partagent nos valeurs."
Les partis membres de Koutla ont affirmé se sentir exclus par leurs alliés traditionnels. Cette coalition espère remporter la majorité des sièges lors des prochaines élections, un objectif qui semble être à leur portée s'ils devaient parvenir à se réconcilier avec le PJD, selon le politologue Najib Tadlaoui.
Celui-ci estime en effet que l'actuel système électoral ne permet pas à un seul parti de remporter une majorité comfortable et de former un gouvernement à lui seul. De ce fait, Koutla et le PJD ont besoin de trouver d'autres partis pour former une coalition.
Les dirigeants de Koutla ont récemment défendu le PJD, en dépit de leurs anciennes critiques envers ce parti, a souligné Tadlaoui. C'est ainsi que le secrétaire général du PPS Nabil Ben Abdellah, autrefois opposé à une alliance avec le PJD, a récemment affirmé qu'il n'y avait aucune raison de diaboliser ce parti.
Il a expliqué qu'en dépit des différences de points de vue entre son parti et le PJD concernant les libertés civiques, les affaires religieuses et l'abandon des réserves exprimées par le Maroc concernant la Convention sur l'élimination de toutes les formes de discrimination contre les femmes, le PJD avait contribué à stabiliser le pays et ses institutions en ne participant pas aux manifestations du 20 février.
Les dirigeants du PJD ont accueilli favorablement l'idée d'une réconciliation avec Koutla. Le secrétaire général adjoint du parti, Lahcen Daoudi, a expliqué que le PJD se sent proche des partis composant l'alliance Koutla, dans la mesure où ces derniers mettent l'accent sur le social. Il souhaite trouver des alliés fiables pour lui permettre de quitter les bancs de l'opposition.
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![[Siham Ali] L'alliance marocaine Koutla pourrait prochainement ajouter un nouveau parti politique à ses rangs pour tenter de s'assurer la majorité au parlement.](/awi/images/2011/11/13/111113Feature1Photo1-271_179.jpg)
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