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2011-10-19

Islamistes et militants de l'unité organisent des marches concurrentes en Tunisie

Par Houda Trabelsi pour Magharebia à Tunis – 19/10/11

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"Non à l'extrémisme ! Non à la régression ! Ce que nous voulons, c'est la liberté" ; tel a été l'un des slogans scandés lors de la manifestation "Aatqni" (Fiche-moi la paix) organisée en réponse aux rassemblements organisés par les islamistes, vendredi dernier, contre Nessma TV.

Près de 3 500 personnes se sont rassemblées dimanche 16 octobre dans le centre de Tunis, selon les estimations officielles. Ce rassemblement était organisé en réponse à ce que certains qualifient de "dictature au nom de Dieu". Le slogan utilisé était "Tous ensemble contre l'extrémisme religieux et la dictature".

"La Tunisie est assez grande pour tous, quelles que puissent être nos différences idéologiques", a déclaré Sana Wichteti, l'une des organisatrices de cette marche, à Magharebia.

"La cohabitation n'est possible qu'au travers d'un débat sain. Notre religion, l'Islam, nous y appelle. C'est une religion d'amour et de tolérance, et chaque Musulman devrait garder cela présent à l'esprit", a-t-elle ajouté.

Le journaliste Hassan Ben Othmen a expliqué à Magharebia qu'il était venu apporter son soutien à la liberté d'expression. "C'est un sujet critique et fondamental, à propos duquel nous ne saurions faire aucune concession", a-t-il expliqué. "Personnellement, je soutiens la jeunesse tunisienne qui a fait sa révolution et qui cherche réellement à protéger les droits civiques."

Le problème n'est pas celui de la défense du caractère sacré de la religion, selon le journaliste Salem Labben. "Nous sommes tous disposés à la défendre, de la même manière que nous sommes prêts à défendre l'intérêt de la mère-patrie. Ce problème est lié à la définition du caractère sacré et à la définition de ce qui doit vraiment être considéré comme un blasphème."

"Dans le passé, l'ancien régime avait choisi l'intérêt de la mère-patrie pour le peuple, selon une définition qui restait souple pour servir les caprices du régime et lui permettre de répimer qui il voulait. Aujourd'hui, le caractère sacré est devenu une manière de limiter la liberté", a-t-il ajouté.

Une jeune femme, Yassmine Triki, a expliqué que cette manifestation n'était pas destinée à défendre la chaîne de télévision privée Nessma. "Elle est destinée à défendre notre liberté personnelle", a-t-elle déclaré. "Nous ne voulons pas instaurer une nouvelle dictature des islamistes après celle de Ben Ali."

Les islamistes ont eux aussi manifesté pour défendre leur position.

"Ces personnes ne représentent pas le peuple tunisien. Ceux qui ont manifesté vendredi pour exprimer leur indignation après cette atteinte à l'Islam sont ceux-là même qui représentent le peuple tunisien", a expliqué Fatma à Magharebia. "Il s'agit d'une minorité bourgeoise qui avait pour habitude de profiter du régime de Ben Ali. Ils veulent aujourd'hui profiter de notre révolution au nom de la laïcité", a-t-elle insisté.

Comme l'a expliqué à Magharebia le blogueur et membre d'Ennahda Nizar Hadj-Kacem : "Nous sommes favorables à cette manifestation si elle défend la liberté d'expression et nous lui sommes également favorables si elle défend l'Etat civil."

"En revanche, ce que nous estimons et avons vu lors de cette manifestation, c'est que les gens qui appellent à la liberté d'expression ne l'appliquent pas vraiment. Ils excluent quiconque est opposé à leur opinion", a ajouté Hadj-Kacem.

D'autres sympathisent avec les deux courants, imputant ces divisions à l'ancien régime.

"De prime abord, les motifs de la première manifestation étaient justes, mais ceux de la seconde n'étaient pas faux non plus. C'est une contradiction qui caractérise notre société après des décennies d'une répression qui a crée une société bipolaire dans laquelle un côté n'accepte pas vraiment l'autre. Cela prendra du temps", a déclaré le journaliste Banneni à Magharebia.

"En y regardant de plus près, je trouve pathétique de voir une chaîne de télévision qui était ouvertement favorable au régime et n'affichait pas un grand respect pour le public tunisien jouer maintenant le rôle de la victime et devenir le symbole de la liberté d'expression après la révolution. Je suis également attristé de voir une partie de la société tunisienne tenter de recouvrer sa liberté religieuse au travers du fanatisme", a-t-il conclu.

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  1. Anonymous_thumb

    klode_pizza 2012-2-26

    Salam. J'espère que vous allez bien bon Dieu, hypocrites !

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