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2011-10-17

La Tunisie se prépare à la transition démocratique

Par Houda Trabelsi pour Magharebia à Tunis – 17/10/11

La Haute instance pour la réalisation des objectifs de la révolution a conclu ses travaux la semaine dernière par une dernière réunion qui a eu lieu au Palais du Bardo, au cours de laquelle les responsables politiques ont salué le travail ardu de réforme accompli par cette instance malgré des circonstances difficiles.

"La Haute instance a réussi sa mission", a déclaré Foued Mebazaa, Président tunisien par intérim, lors de cette rencontre organisée le 13 octobre, ajoutant que cette commission avait offert une plateforme "dans laquelle les Tunisiens se sont retrouvés, quels que soient leurs orientations et leurs visions intellectuelles et politiques, pour garantir que la Tunisie passera de la tyrannie à la liberté et à la démocratie".

Le président par intérim s'est également engagé à remettre le pouvoir à un gouvernement démocratique, arguant que cette transmission relevait de son "devoir national". Les élections de l'assemblée constituante se dérouleront le dimanche 23 octobre.

Mebazaa a ajouté que ce transfert de pouvoir "s'opérera de manière civilisée, digne de la nouvelle Tunisie aspirant à la démocratie et à l'alternance pacifique du pouvoir".

"Le principal objectif poursuivi maintenant est de construire la démocratie et la citoyenneté, de rompre avec les vestiges de l'approche politique et culturelle qui a été utilisée pendant des décennies entières de l'histoire moderne de la Tunisie", selon Yadh Ben Achour, président de la Haute instance.

Latifa Lakdhar, vice-présidente de cette commission, a déclaré que son groupe avait cherché à faire "de la liberté un droit sacré pour tous, afin que cette révolution puisse représenter une rupture face à toutes les formes de despotisme, et pour rendre justice à tous ceux qui ont été marginalisés et exclus, qu'il s'agisse d'individus, de groupes, ou de régions".

"Nous espérons que la logique de réconciliation prévaudra dans la voie empruntée dorénavant par le pays", a-t-elle ajouté, soulignant que "l'objectif majeur de l'instance se réduit à créer des instruments légaux et administratifs capables de guérir les blessures de la révolution et de ses développements, tout en restant vigilant concernant les poches de contre-révolution".

Pour sa part, le secrétaire général du Mouvement Ettajdid, Ahmed Ibrahim, a indiqué que la composition du groupe de réforme était "consensuelle, comprenant des parties déjà pré-existantes et qui étaient connues pour leur détermination contre la tyrannie".

"La commission a été également en mesure de donner lieu à de grands résultats, comme la formation de l'Instance supérieure indépendante pour les élections (ISIE), la mise en vigueur de lois nécessaires pour organiser un scrutin juste et libre pour la première fois dans l'histoire du pays conformément à un code électoral démocratique, et l'approbation de la parité des genres dans les candidatures", a déclaré Ibrahim.

Mais certains ont critiqué le groupe, accusé d'avoir agi comme un parlement non élu. C'est ainsi que Mourad Koubaa, le vice-président de l'Union patriotique libre, a estimé que "la commission a échoué dans sa tentative de représenter les différentes catégories de la société tunisienne, et est devenue une sorte de club fermé de spéculateurs politiques contrôlé par une douzaine de partis sur les 110 qui existent maintenant légalement sur la scène politique tunisienne".

"La commission a abandonné son statut consultatif et s'est érigée en parlement, émettant des lois et les votant en l'absence de tout quorum légal", a-t-il affirmé.

Samir Dilou, membre du bureau politique du Mouvement Ennahda, a qualifié l'instance "d'atelier de dialogue qui a débattu d'un grand nombre de questions qui aideront à gagner du temps pendant le travail qui sera mené par l'assemblée constituante, comme le problème de l'identité". Le parti islamiste avait quitté le commission à plusieurs reprises en raison de désaccords politiques.

"Certaines lois ont toutefois été adoptées en l'absence de quorum légal, comme lors du vote sur la loi portant sur les associations", a-t-il ajouté.

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