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2011-09-26

Rentrée scolaire sur fond de controverse au Maroc

Par Siham Ali pour Magharebia à Rabat – 26/09/11

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Ce sont 6,5 millions d’enfants marocains qui ont repris, il y a quelques jours, le chemin de l’école. Cette année, l’avenir de l’enseignement public dans le Royaume continue à susciter des débats animés en cette période de rentrée.

Les Marocains expriment leur peu de confiance dans l’enseignement public, critiquant tant le corps enseignant que la stratégie adoptée par le gouvernement en la matière.

Du côté du ministère de l’Education, on signale que si certaines difficultés persistent encore, beaucoup de progrès ont toutefois été réalisés. La secrétaire d’Etat chargée de l’Enseignement scolaire, Latifa Labida, reconnaît l’existence de plusieurs obstacles à la stratégie de son département.

Dans un point de presse, le 13 septembre, elle a relevé l’importance de la motivation des enseignants, dont une partie a perdu confiance. Pour régler ce problème, elle estime que l’amélioration du système éducatif pourra faire renaître cette confiance chez les acteurs intervenant dans le secteur.

En ce qui concerne l’approche pédagogique épinglée par les parents et les spécialistes, El Labida a indiqué que le gouvernement prévoyait le lancement, dès cette année, d’une opération de révision des manuels scolaires du cycle primaire. Il est également prévu d’élaborer un programme pour les enfants présentant des besoins spécifiques et d’évaluer les programmes des cycles secondaires en collège et en lycée. L’objectif est de renforcer l’enseignement des sciences et des technologies et d’orienter davantage les élèves vers les filières scientifiques et techniques.

Dans les grandes villes marocaines, de nombreux parents choisissent dorénavant d'envoyer leurs enfants dans des institutions scolaires privées, malgré le fardeau écrasant qu'une telle décision peut représenter pour les familles.

"Il est difficile de faire confiance à l’école publique, où les enseignants ne sont pas assez contrôlés et où les programmes pédagogiques sont dépassés", explique Laila Zerhouni, mère de deux enfants scolarisés dans une école privée moyennant 2 400 dirhams par mois. Elle et son mari touchent ensemble 6 000 dirhams.

Selon la ministre du Développement social, de la Famille et de la Solidarité Nouzha Skelli, des efforts considérables sont déployés par l’Etat pour l'amélioration des établissements publics, précisant que plus de 23 pour cent du budget de l'Etat est consacré à l'éducation.

"Plus de 4 millions d'élèves ont bénéficié de cartables scolaires et plusieurs autres milliers de jeunes sont accueillis dans les Dar Talib et Dar Taliba; et autres internats", a-t-elle signalé lors d'une rencontre organisée le 14 septembre à Casablanca.

Une autre problème concerne l'abandon scolaire. Quelque 400 000 élèves quittent chaque année l’école. Pour y remédier, le programme d'aide directe aux familles démunies baptisé "Tayssir" a été lancé. Ce programme profite actuellement à 609 000 élèves et 88 000 familles, contre 47 000 familles et 363 000 élèves en 2008-2009. Mais il n’a pas encore été généralisé.

La secrétaire d’Etat avoue que l'abandon scolaire en collège, notamment chez les filles vivant en milieu rural, constitue encore un défi à relever. Les familles dans les campagnes préfèrent encore aujourd'hui garder leurs filles à la maison pour des raisons culturelles. Dans certaines localités, l’insuffisance d’infrastructures scolaires d’accueil contribue aussi à ce phénomène.

"J’avais des ambitions qui ont vite disparu. Maintenant, tout ce qui me reste c’est d’attendre qu’un mari se pointe à l’horizon", déclare à Magharebia Hafida, 15 ans, qui vit dans un douar à Taza. Elle dû arrêter l'école en sixième année de primaire car le collège se trouvait trop loin de chez elle.

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  1. Anonymous_thumb

    ضلاخع فضقثش 2011-10-4

    Le problème de l'abandon scolaire est dû en particulier à de nombreux facteurs, le plus grave étant le chômage des diplômés qui avaient consacré leurs vies à améliorer leurs conditions sociales, parce que des familles ont mobilisé toutes leurs ressources en sacrifiant ce dont elles avaient besoin pour investir dans l'éducation et les études de leurs enfants. Mais ils se sont en fin de compte retrouvés avec un jeune chômeur, sans travail et sans profession. On voudrait mentionner ici les failles du secteur de l'enseignement, les absences, les retards et les pénuries dans certaines régions spécifiques, tandis qu'il y a un surplus dans d'autres. Il existe aussi une sous-estimation du rôle du principal qui n'a aucun rôle dans l'institution; il est devenu comme un facteur, son rôle peut être discutable à n'importe quel moment, les piles entières de rapports contribuent grandement à gêner l'opération ordinaire que devrait être l'éducation. De plus, certains semblent experts dans la soumission de certificats médicaux.Il y a également le rôle tenu par les syndicats qui contribuent à rendre plus sensible encore la situation en défendant les professeurs même si ils ont tort, constamment absents, qu'ils falsifient les certificats médicaux produits par les personnes concernées, même si elles sont en bonne santé. De surcroît, il y a l'autorisation des cours particuliers privés qui épuisent l'énergie des enseignants. Et c'est ce qui fait que l'enseignement public ressemble à des vacances, sûrement pas à un moment de dur labeur. Les autorités compétentes ont aussi pris du retard dans l'annonce des professeurs titularisés. Certains qui ne méritaient pas d'être promus ont eu une promotion, on a abandonné la relégation, on a coupé l'herbe sous les pieds des principaux des institutions, à un moment où les professeurs disponibles refusent de rejoindre d'autres écoles pour remplir les vides, grâce à l'intervention de personnalités influentes, des syndicats et du favoritisme, au détriment des élèves qui sont manipulés dans cette gestion chaotique tandis que les parties responsables n'interviennent pas. Il y a de nombreux autres problèmes comme celui de la nomination de tuteurs de formation à des fonctions administratives dans la délégation ou dans l'académie, même s'ils ignorent tout du domaine de l'administration. Ils saisissent alors l'occasion de se venger des principaux en dévoilant ce qui doit rester secret, ils détruisent les lettres écrites par les principaux au sujet du comportement de ces mêmes tuteurs et de leurs absences. De plus, la délégation ne prend pas en considération les suggestions des principaux d'effectuer des déductions sur les salaires de ceux qui ont été absents. Les principaux dans les écoles affrontent de nombreuses oppressions à chaque fois qu'ils tentent de mettre un terme aux comportements incorrects, aux absences excessives, aux certificats médicaux. Et cette pagaille dans le secteur éducatif, en plus des pénuries de ressources humaines administratives pour contrôler les absences et effectuer le suivi des élèves, contribue à l'abandon. Et si le nombre de caractères n'était pas limité, on aurait pu ajouter encore bien plus de choses.

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    Yidir 2011-9-28

    Ce que le Maroc a à faire c'est de donner un ordinateur à chaque enfant, un ordinateur de base et pas cher qui ne coûterait même pas 20 euros à fabriquer, et si on ne peut pas le faire on peut même en acheter à la Chine. Les compagnies de téléphonie mobile donnent des ordinateurs et des Ipad gratuitement alors pourquoi un état avec des millions de citoyens ne pourrait pas faire la même chose. Et on doit mettre dans ces ordis des applications scientifiques et toutes sortes de livres informatisés. De cette manière ce sera même moins cher et plus efficace que cela ne l'est maintenant : Quelques entreprises jouent sur le marché de l'enseignement en se faisant des milliards par la vente de livres qui rendent les gens plus analphabètes et plus stupides qu'ils ne le sont déjà et en important des produits depuis la chine qui ne durant pas une semaine... Le coût moyen pour un gamin c'est 200 dollars pour l'envoyer à l'école et on ne parle même pas ici de l'y faire rester... Ils devraient avoir honte!!!

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    عمر غ 2011-9-27

    La paix soit sur ceux qui suivent le bon chemin. Il y a des solutions qui peuvent stimuler ce secteur vital du gouvernement. Des lois préventives et encourageantes doivent être adoptées. Pour les lois préventives, elles devraient être adoptées en créant un conseil disciplinaire qui sanctionnerait ceux qui se montrent imprudents, qui ne prennent pas en considération ce que leur profession a de sacré, en les empêchant d'avoir des promotions ou en faisant des déductions sur les salaires.Concernant les encouragements, ils devraient avoir la forme de dotations aux chefs de service enregistrant les meilleurs niveaux à la fin de l'année. Un comité ad-hoc devrait être fondé à cet effet. A suivre.

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  4. Anonymous_thumb

    hmadhhayzoun 2011-9-26

    L'enseignement public au Maroc souffre de nombreuses tares notamment dans les grandes villes: -Sur-effectif,des classes dans la majorité des cas dépassent les 40élèves,ce qui rend impossible l'apprentissage -Les programmes scolaires sont trop chargés de disciplines facultatives.Or le but escompté de la scolarisation des apprenants est d'amener ces derniers à 's'exprimer dans différentes notes et à pouvoir compter. Les enseignants sont peu motivés car ils ne jouissent d'aucun avantage matériel,à part leur traitement compté au compte goutte L'Etat suit toujours sa politique de combler le vide dans le secteur administratif.Or dans les établissements publics on devrait donner plus d'importance à l'enseignement utilitaire,jardinage mécanique informatique couture au lieu de l'enseignement livresque et incongru préconiséactualituellement Devant l'échec flagrant de l'enseignement public ,même s'il est budgétivore beaucoup de parents préfèrent s'endetter pour enseigner leurs enfants dans des écoles privées au moins celles -ci travaillent avec un effectif ne dépassant pas les 20 élèves par classe.

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