2011-09-21
Les jeunes entrepreneurs doivent se battre au Maroc
Par Siham Ali pour Magharebia à Rabat – 21/09/11
Une étude publiée le 13 septembre par "Amal job," un site d'emploi en ligne, révèle qu'un nombre record de jeunes diplômés souhaitent créer leur propre entreprise.
Sur un échantillon de 7 056 hommes et femmes âgés de 18 à 27 ans, originaires de toutes les régions du Maroc et de l'étranger et couvrant tous les profils éducatifs, ils sont 79 pour cent à rêver d’être entrepreneurs.
Selon le ministre de la Jeunesse et des Sports, Moncef Belkhyat, l’Etat doit fournir davantage d'efforts pour permettre aux jeunes diplômés de créer leur propre entreprise et éviter les entraves qui peuvent freiner leur élan.
Des entraves qui commencent dès le premier jour de l'obtention de leur diplôme.
De nombreux jeunes diplômés veulent au préalable se créer une expérience avant de se lancer, mais de nombreux postes disponibles exigent que les candidats aient déjà acquis cette expérience. Ces jeunes professionnels en herbe souffrent également d'un manque de formation spécifique à l'emploi demandé, de faibles compétences en langues étrangères, et sont par ailleurs face à une concentration des offres d'emploi sur l'axe Casablanca-Rabat.
Ainsi, 27 pour cent des jeunes sondés sont pessimistes quant à leur insertion dans le marché de l’emploi. Ce pessimisme ne cesse par ailleurs de s'accroître avec l'âge, en raison des difficultés rencontrées dans la signature du premier contrat.
Ils sont nombreux à pointer du doigt le système d’enseignement supérieur qui ne prend pas en considération les exigences professionnelles.
"On devait nous orienter vers les branches demandées par le marché de l’emploi pour que chacun sache quelle voie emprunter", déplore un étudiant en droit.
Houda Sebri raconte à Magharebia qu’elle n’a pas réussi à trouver un travail avec sa licence en sciences économiques. Elle a dû, de ce fait, suivre une autre formation de deux ans en gestion pour enfin trouver un poste dans une entreprise privée.
"Il faut s’accrocher et ne pas perdre espoir", dit-elle. "Le plus important est de ne pas hésiter à s’auto-former et à suivre d’autres études qui peuvent mener vers le travail tant souhaité".
De l’avis de plusieurs spécialistes, il faut miser sur l’orientation, certains secteurs d'études menant à l'emploi de manière plus aisée que d'autres. L’étude de Amal Job a démontré que ce sont les lauréats d'écoles d'ingénieur, de commerce et les diplômés de l'étranger qui arrivent à trouver rapidement un emploi.
Selon le ministre de la Jeunesse, il est nécessaire de trouver des solutions efficaces pour faciliter l'accès à l'emploi pour les jeunes. Dans ce cadre, son département œuvre, en collaboration avec d'autres ministères, à la création d'un certain nombre de centres d'orientation et d'aides à l'emploi, afin d'accompagner les jeunes dans leur recherche d'un premier emploi.
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![[Reuters/Youssef Boudlal] Les jeunes diplômés marocains sont face à de sombres perspectives en matière d'emploi en raison de leur manque d'expérience.](/awi/images/2011/09/21/110921Feature4Photo1-271_179.jpg)
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