2011-09-20
Les partis tunisiens signent la feuille de route de la transition
Par Houda Trabelsi pour Magharebia à Tunis – 20/09/11
Douze partis politiques tunisiens ont signé la semaine dernière un document qui trace leurs obligations morales en vue d'assurer le succès de la transition démocratique en Tunisie.
Le principal objectif de la Déclaration du processus de transition, adoptée le jeudi 15 septembre, est de protéger la date de l'élection de l'assemblée constituante contre toute "manoeuvre politique", a indiqué le président de la Haute commission pour la réalisation des objectifs de la révolution, Iadh Ben Achour.
"Cette initiative est également destinée à rassurer l'opinion publique et à mettre fin à la confusion et aux craintes au sein de la société tunisienne quant aux pouvoirs de cette assemblée constituante et à sa composition", a-t-il ajouté. "Elle vise à apaiser le climat politique dans le pays."
Parmi les signataires se trouvent les partis représentés dans la commission de Ben Achour, car il est "impossible de rassembler l'ensemble des partis qui se trouvent actuellement sur la scène politique", a-t-il ajouté. En signant cette déclaration, les partis unifient "leurs visions pour faire du processus démocratique dans ce pays un véritable succès", selon le président de ce groupe de réforme.
D'autres partis et les indépendants peuvent adhérer à cette charte, mais son contenu n'oblige que ceux qui la signent. "Elle n'est pas destinée à ramener en son sein les partis qui se sont retirés de cette initiative", a-t-il poursuivi.
"Cette période de transition est l'une des phases les plus délicates que peut traverser un pays", a commenté Ben Achour. "La concorde est à l'heure actuelle la seule option permettant à la Tunisie de traverser avec succès toutes les futures élections, avant qu'une nouvelle constitution n'ait été élaborée pour constituer le fondement de la légitimité dans le pays."
"Ce document est un message qui parviendra sûrement au peuple tunisien, affirmant que nous sommes parvenus à nous entendre en dépit de nos différences, et qu'il est de notre responsabilité envers le peuple de respecter une feuille de route qui rassure tout un chacun", a déclaré la secrétaire général du Parti démocratique progressiste (PDP), Maya Jribi.
Selon le responsable du Parti d'avant-garde arabe démocratique, Kheireddine Souabni, "cette initiative répond à plusieurs questions qui préoccupent la classe politique et les citoyens ordinaires de Tunisie".
"Ce document permet également de rapprocher les opinions des partis et nous donne la chance d'une juste concurrence", a-t-il ajouté.
Cette initiative montre que "la scène politique dans ce pays peut engendrer des accords lorsque cela est nécessaire ou en période de tension", selon le militant des droits de l'Homme Ghazi Ghrairi. "Un fait qui est encourageant et rassurant pour tous", a-t-il ajouté.
Mais certaines voix se font également entendre dans l'opposition à cette initiative. Certains la considèrent en effet comme une atteinte aux principes de la révolution tunisienne.
Ce document vise à couper "le processus de transition politique en Tunisie pour aussi longtemps que possible", fait valoir le journaliste et défenseur des droits de l'Homme Chawki Ben Salem.
"Les Tunisiens sous le régime de Ben Ali sont différents des Tunisiens d'aujourd'hui", a-t-il ajouté. "Ce qui se passe aujourd'hui est seulement une tentative de perpétrer la période de vide, et rien d'autre."
Les signataires se sont engagés à maintenir le code d'éthique publié par l'Instance supérieure indépendante des élections (ISIE) pour garantir le respect mutuel lors des campagnes électorales et sont convenus de la nécessité de limiter le mandat de l'assemblée constituante à un an. Selon cette déclaration, les actuels président et gouvernement par intérim poursuivront leur mission dans l'attente de l'élection du 23 octobre, de celle d'un nouveau président et de la formation d'un nouveau gouvernement.
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![[Houda Trabelsi] Le secrétaire général du Forum démocratique pour le travail et les libertés (FDTL), Moustapha Ben Jaafar, lors de la signature d'un plan de transition pour la Tunisie.](/awi/images/2011/09/20/110920Feature1Photo1-271_179.jpg)
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