2011-09-15
Maroc : les quotas appliqués aux listes électorales suscitent des critiques
Par Siham Ali pour Magharebia à Rabat – 15/09/11
Le ministère de l'Intérieur et les partis politiques sont récemment convenus que la représentation des femmes et des jeunes dans le prochain parlement marocain sera multipliée par trois.
Ainsi, selon le texte adopté le vendredi 9 septembre par le conseil des ministres, ce sont soixante fauteuils qui seront réservés aux femmes et trente aux candidats âgés de moins de 40 ans.
Le système des listes permet à chaque parti d'établir sa liste de candidats, et aux électeurs de choisir dans ces listes, contrairement à l'élection d'une personne pour un mandat spécifique.
Les candidats seront élus à partir des listes proposées par les partis, et la barrière électorale a été abaissée à 3 pour cent, pour permettre aux petits partis d'être représentés au parlement.
Cette décision a toutefois suscité un tourbillon de réactions négatives chez les militants. Certains la considèrent comme une violation du principe de l'égalité des chances, tandis que d'autres affirment qu'elle ne va pas assez loin.
Khadija Rebbah, coordinatrice du Mouvement pour une démocratie égalitaire, dénonce une décision qu’elle considère comme une injustice envers les femmes. Elle compte faire pression sur le parlement pour que celui-ci revoit sa copie.
Pour la présidente de la Ligue démocratique pour les droits des femmes, Fouzia Assouli, l’esprit de la parité prôné par la constitution n’est pas respecté. Elle demande à ce qu'un tiers des sièges soient réservés aux femmes.
Cette requête vient faire écho à un appel antérieur lancé par l'Union socialiste des forces populaires (USFP), qui réclamait que les femmes puissent constituer un tiers des membres de la Chambre des représentants.
Pour sa part, le secrétaire général de la jeunesse au sein du mouvement Istiqlal, Abdelkader Kihel, estime que les jeunes attendaient un changement plus ambitieux de leur représentativité. Pour lui, 30 sièges sont insuffisants par rapport aux ambitions et aux compétences des jeunes qui aspirent à participer à la mise en œuvre des changements escomptés.
Il souligne également l'importance de la participation des jeunes dans ce contexte particulier marqué par le foisonnement des mouvements de la jeunesse.
Les jeunes candidats et les femmes ne sont pas les seuls à réclamer leur représentation sur les listes nationales. Les expatriés marocains souhaitent eux aussi être davantage intégrés au sein de l'institution législative.
Pour le politologue Hamza Berdouani, la question des listes nationales a été l'un des principaux points de désaccord entre les partis politiques. Il explique que le renouvellement des instances élues ne se fait pas par des décisions administratives et qu’il faut que les partis politiques adoptent une vision et une stratégie nouvelles pour restaurer la confiance envers le monde politique, notamment en cooptant de jeunes candidats dans les listes locales.
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![[Reuters/Rafael Marchante] Le gouvernement marocain a proposé d'augmenter les quotas de femmes au parlement.](/awi/images/2011/09/15/110915Feature3Photo1-271_179.jpg)
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