2011-05-18
Un Libyen pourrait succéder à ben Laden
Analyse de Camille Tawil pour Magharebia à Londres – 18/05/11
Le succès des forces spéciales américaines qui ont abattu le leader d'al-Qaida Oussama ben Laden au Pakistan a déclenché tout un ensemble de spéculations concernant les noms des possibles candidats à sa succession. L'un des noms les plus fréquemment cités est celui de Hasan Qaed, plus connu sous ses pseudonymes d'Abou Yahya al-Libi, et de Younis al-Sahrawi. Quel rôle cet islamiste libyen pourrait-il jouer dans la nouvelle direction d'al-Qaida qui sera désignée pour l'après-ben Laden ?
En fait, Abou Yahya al-Libi est l'une des personnalités médiatiques les plus en vue au sein d'al-Qaida, bien que son rôle effectif au sein de l'organisation ne date que de quelques années. Al-Libi a gravi les échelons de la hiérarchie al-qaidienne très rapidement, jusqu'à devenir, en l'espace de quelques années seulement, le numéro trois de l'organisation, après ben Laden et le Dr Ayman al-Zawahiri.
Abou Yahya a débuté sa carrière au sein d'al-Qaida durant l'époque qui a suivi son évasion de la prison de Bagram, au nord de Kaboul, durant l'été 2005. Avant cela, il n'était pas membre de l'organisation. Lors de son arrestation par les forces de sécurité pakistanaises et de sa remise aux forces américaines après la chute du régime taliban, à la fin de l'année 2001, al-Libi était membre du groupe de la Charia du Groupe islamique combattant libyen (GICL), basé en Afghanistan depuis les années 1990. Lorsque la "guerre contre le terrorisme" a renversé le régime taliban, le GICL a dû quitter l'Afghanistan. Mais nombre de ses membres ont été arrêtés par les forces de sécurité. Abou Yahya était l'un d'entre eux. Il a été transféré à la prison de Bagram, où il est resté en détention jusqu'en juillet 2005, date à laquelle il est parvenu à s'échapper en compagnie de trois autres prisonniers.
Après cette fuite de la prison de Bagram, Abou Yahya a estimé qu'al-Qaida était devenue la seule organisation arabe capable d'opérer sur le terrain, aux côtés des Talibans en Afghanistan (et plus précisément aux côtés du réseau Haqqani dans la partie orientale du pays), ainsi que dans les régions tribales du Pakistan, où était implantée une branche pakistanaise des Talibans. Cette réalité était totalement différente de la situation qui prévalait sous le régime des Talibans, lorsqu'existaient différents groupes arabes qui se qualifiaient de djihadistes et opéraient dans la région sans avoir à adhérer à al-Qaida.
Abou Yahya al-Libi et d'autres leaders du GICL qui résidaient à la frontière afghano-pakistanaise se sont ainsi rapidement retrouvés dans une position où ils n'ont eu d'autres choix que de rejoindre al-Qaida, notamment après que cette organisation ait réussi à attirer des groupes armés qui sont devenus ses bras armés dans le monde arabe, comme le groupe al-Tawhid wal Jihad sous la direction d'Abou Musab al-Zarqawi, nommé l'émir d'al-Qaida en Irak en 2004, et le Groupe salafiste pour le prêche et le combat (GSPC), qui a rejoint al-Qaida en 2006 et qui est devenue la branche maghrébine de l'organisation en 2007. Abou Yahya al-Libi semble avoir lui aussi rejoint al-Qaida en 2007, lorsque le leader du GICL sur le terrain Abou Laith al-Libi a annoncé qu'un "groupe" de son organisation avait rejoint al-Qaida.
Quelques mois après l'annonce que le GICL en Afghanistan avait rejoint al-Qaida, Abou Laith al-Libi a été tué par un drone dans la région du Waziristan en janvier 2008. En l'absence d'Abou Laith al-Libi de la scène, Abou Yahya a endossé la fonction de principal porte-parole d'al-Qaida, avec le Dr Ayman al-Zawahiri. Al-Libi a commencé à apparaître régulièrement dans plusieurs enregistrements vidéo et audio, ainsi que dans les autres types de communications diffusés par al-Qaida par le biais de ses organisations médiatiques (al-Sehab et al-Fajr). Il s'est efforcé de poser le cadre de l'approche de son organisation et d'en défendre la politique et les objectifs. Au travers de ces communiqués, il est apparu clairement qu'Abou Yahya al-Libi est considéré comme "l'idéologue de la Charia" d'al-Qaida. Cette mission lui a apparemment été facilitée par les leaders de son ancien groupe, le GICL, qui l'avait envoyé en Mauritanie dans les années 1990 pour étudier la Charia et la jurisprudence ; cela lui a permis d'entrer en contact avec certains des célèbres sheikhs salafistes de ce pays avant de repartir pour l'Afghanistan (Al-Libi a épousé une Mauritanienne, avec laquelle il a eu des enfants).
Il est important de souligner que les publications d'Abou Yahya al-Libi au cours des dernières années ne se sont pas limitées à un sujet donné ; il a abordé plusieurs sujets relatifs aux mondes arabes et musulmans. Cela signifie que le leader d'al-Qaida Oussama ben Laden doit lui avoir accordé une telle liberté dans l'élaboration des politiques d'al-Qaida et dans l'expression de ses positions, que ce soit concernant la Somalie, l'Irak, la Palestine ou même le Maghreb, notamment sur son propre pays, la Libye. Al-Libi ne s'est pas contenté de clarifier les positions d'al-Qaida à partir des développements sur le terrain qui survenaient dans les pays arabes (comme les attentats à la bombe en Algérie, la lutte d'al-Shabab al-Mujahideen en Somalie et les assassinats menés par al-Qaida en Irak), il a également commencé à parler de sujets relatifs à la jurisprudence et à la philosophie, comme sa forte opposition au "dialogue des religions" que le royaume d'Arabie saoudite a co-parrainé en 2008.
Malgré les divers sujets dont al-Libi a parlé ou qu'il a commentés pour le compte d'al-Qaida, les spéculations l'ont toujours lié à la situation au Maghreb, notamment lorsque le GSPC algérien et une partie du GICL ont rejoint al-Qaida en 2007. Ces deux groupes, algérien et libyen, n'étaient pas en bons termes l'un avec l'autre par suite des réserves dont le GICL aurait fait part à propos du GSPC. Les Libyens n'avaient apparemment pas oublié qu'ils avaient perdu plusieurs de leurs grands combattants dans les années 1990 du fait de militants soupçonnés d'avoir appartenu au Groupe islamique armé (GIA), qui fut ensuite démantelé et donna naissance au GSPC. Mais l'accord donné à l'adhésion du GSPC à l'organisation al-Qaida de ben Laden par les dirigeants de cette dernière en 2006 et sa transformation en une organisation affiliée, al-Qaida au Maghreb islamique (AQMI) début 2007, a posé le problème de la réconciliation entre les Algériens et leurs homologues libyens au sein du GICL.
En réalité, on ne sait pas vraiment si Abou Yahya al-Libi a joué un quelconque rôle dans cette réconciliation entre les deux organisations, mais l'ancien leader du GICL Nu'man Bin Othman affirme que les litiges entre les djihadistes algériens et libyens ont été réglés par une décision du Dr Ayman al-Zawahiri, qui a défini une zone d'opérations pour la branche maghrébine d'al-Qaida dirigée par les Algériens (Abou Moussaab Abdelouadoud) au Maghreb excluant la Libye, sur laquelle al-Zawahiri a demandé à être consulté avant d'y mener toute opération.
Bien que cela ait été al-Zawahiri qui résolut apparemment ce problème, certains rapports indiquent qu'Abou Yahya al-Libi est passé des repaires d'al-Qaida au Waziristan aux zones d'opérations de la branche maghrébine d'al-Qaida au Sahel. Ces rapports restent à confirmer, mais le fait ne serait pas en lui-même improbable. Abou Yahya al-Libi connaît très bien la région, étant originaire de Libye et ayant étudié la Charia en Mauritanie. De plus, les rapides développements survenus dans la région, notamment le conflit meurtrier en Libye entre les révolutionnaires et le régime de Mouammar Kadhafi, pourraient également avoir incité Abou Yahya al-Libi à tenter un retour dans la région du Maghreb. Mais ce scénario suppose qu'Abou Yahya al-Libi ne succédera alors pas à ben Laden à la tête d'al-Qaida, mais en restera l'un des hauts dignitaires, peut-être en charge des questions relatives à la Charia et à la jurisprudence, comme c'est actuellement le cas. Il n'est pas connu pour être un combattant, mais plutôt un intellectuel distingué pour sa connaissance de la Charia et l'éloquence de son expression.
Mais qu'Abou Yahya al-Libi se rende au Maghreb ou reste à la frontière afghano-pakistanaise, il tentera sans aucun doute d'entrer en contact avec son frère aîné Idriss, l'un de six leaders du GICL à avoir publié des révisions jurisprudentielles en 2009 intitulées "Etudes correctives dans la compréhension du Djihad, redevabilité et jugement du peuple", qui présentent des positions critiques à l'égard des exagérations de certains groupes dans leur interprétation des concepts et de la philosophie du djihad. Les spécialistes estiment très largement que ces critiques sont dirigées contre al-Qaida et d'autres groupes influencés par son idéologie, bien que le GICL n'ait pas mentionné ceux qui étaient visés par de telles critiques. Il y a trois mois, les autorités libyennes ont relâché le frère d'Abou Yahya, qui a rapidement disparu après le déclenchement de la révolution contre le régime de Kadhafi.
Il est difficile de dire quel type de dialogue s'instaurera entre les deux frères, dont l'un s'est rangé aux côtés d'al-Qaida et l'autre parmi ses détracteurs. Mais le résultat de ce dialogue, si tant est qu'il ait lieu, sera intéressant, et permettra de voir si le plus jeune des deux frères réussit à convaincre son aîné de la véracité des positions et des politiques d'al-Qaida, ou si ce dernier parvient à persuader son frère des erreurs de cette organisation et de ses agissements pouvant être contraires à l'Islam !
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![[File] Abou Yahya al-Libi pourrait être un éventuel successeur de l'ancien chef d'al-Qaida Oussama ben Laden.](/awi/images/2011/05/18/110518Feature1Photo1-271_179.jpg)
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الساخر 2011-6-6
Cette personnalité répugnante va succéder à l'officier saoudien agent de la CIA et des services internationaux de renseignements appelé Ben Laden? Comment est-ce que l'agence centrale de renseignements a-t-elle pu l'accepter ? En premier lieu, c'est parce qu'il est très célèbre, c'est un sorcier de l'est du Tchad. En second lieu, il est membre de la maçonnerie mondiale. Tout le monde le sait. De plus, il n'a rien qui soit en mesure d'influencer les arabes stupides ou les étrangers, qui sont encore plus idiots. J'espère que les services internationaux de renseignements chercheront un autre agent qui soit acceptable. Pourquoi est-ce qu'ils ne choisissent pas Droukdel (Moussaab Abdelouadoud), il est plus beau, il a un look acceptable comme leader du terrorisme mondial. Je ne pense pas que les services américains de renseignements accepteront ce sorcier, dont le look ou l'apparence ne sont vraiment pas acceptables. Pourquoi est-ce que l'Amérique n'ouvre pas officiellement un concours pour ceux qui souhaitent diriger Al Qaida, avec un salaire qui dépasse celui de n'importe quel ministre français !
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Anonymous 2011-5-20
Camille Tawil emploie la terminologie "officielle" qui parle de terroristes comme de personnes ordinaires : "leader" , "Dr.el zawahiri" , "intellectuel distingué pour sa connaissance de la chariaa , et l'éloquence de son expression" ... il y a là autant si ce n'est plus de déférence qu'au musulman lambda ... le discours en dit plus par la forme que par le fond... Le français comme toutes les langues est suffisamment doté pour qu'il existe le terme exact.S'agissant de terroriste notoire le terme "leader"(anglophone)n'est pas approprié ... il convient de parler de "chef de bandes" ou tout autre terme , mais en aucun cas "leader"dont la conotation est résolument positive ex. un leader révolutionnaire , d'une belle cause ,pas d'une activité criminelle,à moins de passer de l'autre coté , adhérer à l'autre logique. Le discours n'est jamais neutre , le discours journalistique moins que tout autre.On doits'interroger sur ce qui a rendu "célèbres"des criminels,certainement pas leurs forfaits!ce sont les médiats qui ont faitd'eux "des leaders","jurisconsultes","des intellectuels", eux qui dans leurs rèves les plus fous n'en demandaient pas tant ...
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مسعود العود 2011-5-18
Malgré le grand nombre d'associations terroristes algériennes, on ne voit aucun leader algérien chez al-Qaida, même si ces derniers sont connus pour leur cruauté, leur amour du sang et leur déloyauté. La raiso de ça, c'est qu'ils ne peuvent pas dire une seule phrase sans une grosse erreur. La seconde raison, c'est la plus importante, c'est l'absence de charisme, c'est la créature de Dieu. Quand vous voyez le visage d'un algérien, vous pourriez croire qu'on l'a sorti de sous un camion ! Même sa mère ne peut pas le regarder comme si elle était enceinte d'un caméléon !
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