2011-04-28
Les rebelles libyens racontent...
Par Asmaa Elourfi pour Magharebia à Benghazi – 28/04/11
L'étincelle de la révolution libyenne a été déclenchée par les habitants de Benghazi qui aspiraient à la liberté. Mais comment ont-ils décidé de lancer ce mouvement d'ampleur nationale ? Magharebia a recueilli les témoignages de ces hommes qui sont devenus les fers de lance du soulèvement en Libye.
Dans la première partie de deux séries d'entretiens, les rebelles de Benghazi racontent comment leur manifestation pacifique du 15 février, en soutien à un avocat des droits de l'Homme victime de persécutions, a fait trembler les fondations du régime de Moammar Kadhafi, au pouvoir depuis 42 ans.
Mohammed Saad : Sans que rien n'est été prévu à l'avance, j'ai reçu un coup de téléphone d'un proche. Il m'a dit qu'un groupe se rassemblerait devant le bâtiment de la direction générale de la sécurité, le 15 février. J'y suis allé. Il y avait environ 27 personnes venues pour demander la libération de l'avocat qui défendait leurs droits. C'était des personnes d'origines, d'opinions, d'idées et de cultures très diverses. Mais ce qui nous avait rassemblés, c'était le respect des droits des victimes et l'appel en faveur de la libération de ce juriste, Fathi Terbal.
Lorsque nous sommes partis de la direction générale, nous étions peu nombreux, mais nous avons été progressivement rejoints par d'autres personnes. Nous avons encouragé les jeunes par nos appels à se joindre à nous, et nous sommes alors devenus un groupe important, jusqu'à ce que nous rencontrions quatre véhicules d'intervention de la police qui nous avaient suivis. Nous ne leur avons rien fait, notre marche était pacifique. Nous n'avions pas encore eu recours à la violence. Notre objectif était d'atteindre le tombeau. La police anti-émeutes est alors arrivée, mais nous ne l'avons pas défiée. Nous avons poursuivi notre marche jusqu'à ce que nous soyons très nombreux. Nous avons commencé à chanter des slogans appelant à renverser le régime.
Mais dès que notre voix s'est faite plus forte, des voyous nous ont rejoints à minuit et nous ont attaqués avec des matraques et des bâtons, alors que nous ne leur jetions aucune pierre.
Nous manifestions encore de manière pacifique.
Dr Abdul Salam Abdul Rahman Shamata : Il y avait des hommes et des femmes dans cette manifestation, qui demandaient la libération de l'avocat Fathi Terbal. Nous les avons rejoints. Mais Fathi Terbal n'était pas notre seule revendication. Nous demandions également d'autres droits, comme la liberté et la justice. Oui, c'est vrai que nous avions organisé la manifestation du 17 février via Facebook, mais nous avions trouvé une bonne occasion le 15.
Nous avons essayé de débloquer la pensée des gens, parce que l'ancien régime avait fini par limiter très fortement notre capacité à penser. Nous ne pensions qu'à pouvoir manger, boire et nous marier. Mais en deux jours seulement, les 15 et 17 février, nous avons commencé à parler d'autres sujets, notamment des droits financiers et moraux et de nos revendications.
Permettez-moi de citer mon frère Mohamed. Lorsque nous sommes arrivés au carrefour de Ras Abeida, un véhicule de la police s'est approché de nous. Mais nous ne les avons pas provoqués. Nous leur avons dit que nous manifestions pacifiquement. Nous avons alors atteint la rue Qaat al-Montejeen, où un autre véhicule de la police nous a menacés en disant : "Je décapiterai le premier d'entre vous qui fera un pas de plus". Or, nous avions protégé tous les lieux publics contre les actes de sabotage.
A ce stade, la situation a changé, se transformant en auto-défense. Ils étaient nombreux. Il y avait deux véhicules de la police et deux canons à eau, dans lesquels l'eau était mélangée à de l'acide dilué. Il y avait également des véhicules de transport de troupes blindés. Ils ont commencé à nous arroser avec ce mélange d'eau et d'acide pour nous disperser. Mais Dieu nous a protégés. Nos vêtements ont été abimés par l'acide. Les forces de l'ordre se sont donc retirées, mais ce n'était ni par crainte ni par amour pour nous. Nous sommes finalement arrivés au tombeau. Le premier jour, certains d'entre nous ont été blessés, et le premier martyr est tombé à Benghazi.
Nous étions convenus d'atteindre le tombeau d'Omar al-Mukhtar, qui est notre symbole. Mais au vu de l'insistance et de l'enthousiasme des jeunes, nous sommes allés jusqu'à la Place al-Shajara.
A 4 heures du matin, Al-Baghdadi [Ali Al-Mahmudi] est venu et a souhaité s'adresser à nous. Mais nous n'avons pas voulu l'écouter. Il a donc dû repartir sans prononcer un mot.
Hesham Zubi (ingénieur) : A ce moment, le mouvement et les slogans ont visé al-Baghdadi. Nous nous sommes dispersés à 4 heures du matin. Chacun est rentré chez lui.
Lorsque nous sommes rentrés et que nous avons regardé la télévision, nous avons été déçus. Mais pas désespérés. Nous sommes ressortis le lendemain matin parce que nous voulions connaître le sentiment de la rue. Par suite de 42 ans de peur, certaines personnes avaient une réaction négative. Certes, ils n'étaient pas contre les révolutionnaires, mais ils ne nous étaient pas favorables non plus. Nous avons motivé les jeunes et les personnes plus âgées, en leur expliquant que c'était une étape positive pour satisfaire toutes nos revendications, notamment nos demandes morales et financières, pas seulement des revendications financières.
Nous parlions de liberté, de dignité et de justice sociale. Nous voulions tous nos droits.
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![[Asmaa Elourfi] Les habitants de Benghazi racontent comment leur manifestation pacifique s'est transformée en un soulèvement qui a embrasé toute la Libye.](/awi/images/2011/04/28/110428Feature1Photo1-271_179.jpg)
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ناروتو 2011-8-27
Je n'ai pas confiance en ces paroles.
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علي اليدري 2011-5-3
L'alliance des forces du mal contre la Jamahiriya libyenne. C'est une erreur que de considérer les évènements qui se déroulent dans la Grande Jamahirya libyenne arabe socialiste comme la même chose que les évènements qui ont pris place et qui surviennent encore dans certains pays arabes comme la Tunisie, l'Egypte, le Bahreïn et autres. Les manifestations populaires qui ont émergé dans ces pays, étaient majoritairement motivés par des appels à une qualité de vie qui était extrêmement dure à obtenir, et par l'entrevue de la dignité humaine. Et il ne peut pas y avoir de telles demandes pratiquées dans la Jamahiriya libyenne, où le citoyen profite d'une vie luxueuse, dans la richesse de son pays, grâce à ce qui avait été fait lors de la révolution d'Al Fateh depuis 1969 sous le leadership du colonel Mouammar Kadhafi - avec des conditions en faveur de l'investissement orientées principalement pour assurer le bonheur du citoyen libyen par dessus tout le reste. Celui qui observe les slogans brandis par les rebelles en Libye remarquera qu'ils ne se réfèrent d'aucune manière à d'éventuelles difficultés ou à la souffrance du peuple. Les manifestations se sont déclenchées comme la foudre, appelant au départ du régime et rejetant toute forme de dialogue. Cela confirme bien que la question dépasse les limites d'un mouvement de protestation populaire et qu'elle aspire à des objectifs qui sont très éloignées des conditions de vie ou de la dignité. Il s'agit d'une méprisable conspiration dans lesquelles les forces du mal ont fait une alliance : impérialisme, sionisme, forces réactionnaires et mercenaires dans le but d'assujettir le dernier symbole de la fierté arabe. Et tous ceux qui considèrent donc que la bataille menée par le leader Mouammar Kadhafi, soutenue par tous les esprits nobles et libres en Libye et au-delà, comme un conflit nouveau sont donc dans l'illusion. Ceux qui pensent de cette manière manquent de la connaissance du chemin historique emprunté par la Libye et du contexte révolutionnaire international en général. Qualifier les actes de rébellion et de destruction dirigés par certains traîtres dans le pays, qui sont soutenus par des personnalités infiltrantes, encouragés par les cercles impérialistes et sionistes "d'actes de révolution", reflète un manque d'analyse comme un manque de compréhension des choses. Et ceci parce que la révolution du 1er septembre dirigée par le colonel Kadhafi a créé le terreau capable d'absorber toute action révolutionnaire réelle, à partir de son contexte idéologique théorique, consistant du régime républicain en tant que système social le plus sublime pour résoudre grand nombre de problèmes humains et de ses outils méthodologiques ou de ses organes organisationnels représentés par les comités révolutionnaires et les conférences populaires qui symbolisent la démocratie directe.
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MARWAN 2011-4-29
Je ne suis pas Libyen , mais je jure par Dieu , que mes larmes coulent quand je lis des choses pareilles , je souffre pour le vrai peuple de libye qui se retrouve en "enfer" à cause de la perversité de certains hommes dénués de la moindre sensibilité humaine.Quand il prétendent que leur forfaiture se nomme : intérèt du Peuple ? ils assassinent lachement une seconde fois chaque victime innocente . Pour qui vous prenez vous , pour prétendre SAVOIR , CE QUI EST BIEN POUR LE PEUPLE A SA PLACE ? ? ? IL NE VOUS A JAMAIS DONNE PAREIL MANDAT , vous ne représentez que votre personne !!!
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youssef 2011-4-29
j’espère que cette révolution en Libye notamment et dans tous les pays arabes donne une leçon pour toute personne qui ose à ignorer les droits de l’homme. et le tour sur qui?
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