Voulez-vous faire du français votre langue par défaut sur ce site ?

2011-02-03

Les Tunisiens jugent leur nouveau gouvernement

Par Iheb Ettounsi pour Magharebia à Tunis – 03/02/11

  • 6

Le Président par intérim Fouad Mebazaa a nommé, mercredi 2 février, de nouveaux gouverneurs dans les 24 régions du pays, dernière en date d'une série de mesures prises par le gouvernement d'unité nationale pour couper les liens avec le régime de l'ex-Président déchu, Zine El Abidine Ben Ali.

"Ce [nouveau] gouvernement est le résultat de débats sérieux et approfondis entre l'ensemble des groupes politiques et nationaux et avec les institutions de la société civile, visant à parvenir à un consensus", a déclaré le Premier ministre Mohamed Ghannouchi.

Les membres du Rassemblement constitutionnel démocratique (RCD) de Ben Ali ont disparu. Des personnalités controversées, comme l'ancien ministre de la Défense Ridha Grira, l'ancien ministre de l'Intérieur Ahmed Friaa et l'ancien ministre des Affaires étrangères Kamel Morjan, ont été écartés. Ils avaient été largement critiqués par les syndicats, les groupes de gauche et le peuple tunisien.

"Le nouveau gouvernement est un gouvernement d'intérim et de transition, dont la mission consiste à permettre au pays d'assurer la transition démocratique et à assurer les conditions nécessaires à l'organisation des prochaines élections présidentielles", a ajouté le Premier ministre.

Cette administration provisoire comporte 12 nouvelles nominations ministérielles, dont la plupart sont revenues à des technocrates et à des chefs d'entreprises internationales.

"Cela permettra au peuple d'exprimer son opinion en toute transparence et en toute liberté. Toutes les dispositions seront prises pour faire en sorte que ces élections représentent la volonté du peuple tunisien", a ajouté Ghannouchi.

Certains ont rejeté ce nouveau gouvernement, demandant le retrait de Ghannouchi de par ses liens avec Ben Ali.

"Aujourd'hui, notre mission consiste à purger la dictature après que le peuple tunisien ait renversé le dictateur, et notre pire ennemi à ce stade est une nouvelle tyrannie", a déclaré Hamma Hammami, présidente du Parti communiste des travailleurs tunisiens.

Jaloul Azouna, du Parti de l'unité populaire, a déclaré qu'il considérait le gouvernement actuel comme manquant de crédibilité et de confiance.

"La formation de ce nouveau gouvernement et le discours du Premier ministre Mohamed Ghannouchi envoient un message positif qui reflète un fort engagement en faveur de l'esprit du moment", a déclaré quant à elle Maya Jribi, secrétaire-générale du Parti démocratique progressiste. Elle a également souligné le programme de réforme adopté par le gouvernement après la chute du régime de Ben Ali.

Le mouvement Ettajdid a pour sa part affirmé que le nouveau gouvernement "comprend dans ses rangs plusieurs personnalités nationales qualifiées, honnêtes et irréprochables qui n'ont jamais été complices de l'ancien régime".

Le nouveau ministre de la Santé, le secrétaire-général du Forum démocratique pour le travail et les libertés, Mostafa Ben Jaafar, avait auparavant refusé de participer au premier gouvernement provisoire parce qu'il comportait des membres du RCD. Mais quand il a s'agit de remplacer les membres de l'ancien régime, Ben Jaafar a expliqué que "Mohammed Ghannouchi m'a simplement demandé quelques heures avant la formation du gouvernement si je souhaitais prendre le ministère de la Santé".

Le président du Parti patriotique et démocratique du travail tunisien, Abdul Razak Gilani, a demandé aux Tunisiens de s'habituer à la concurrence et à l'opposition politique.

"Dans sa nouvelle mouture, bien qu'elle soit intervenue tardivement, ce gouvernement constitue une étape positive après l'élimination des symboles de l'ancien régime, et il répond aux demandes du peuple tunisien et de l'élite politique de ce pays", a déclaré Mokhtar Trifi, président de la Ligue tunisienne de défense des droits de l'Homme (LTDH).

Le plus important syndicat du pays, l'Union générale des travailleurs tunisiens (UGTT), a également apporté son soutien au nouveau gouvernement. La centrale était auparavant opposée au premier gouvernement provisoire, au motif qu'il comprenait des membres de l'ancien régime.

"Le gouvernement a répondu aux aspirations du peuple et de l'opposition", a déclaré Iskander, un homme d'affaires, à Magharebia. "Que voulons-nous de plus ? Nous devons reprendre le travail et attendre les élections. Alors, le peuple tunisien pourra décider."

Que pensez-vous de cet article ?

18 N'aime pas

Abonnez-vous à notre newsletter et recevez les derniers articles de Magharebia dans votre boîte aux lettres électronique.

PUBLIEZ VOTRE COMMENTAIRE 6

Anonymous_thumb

Vous n'êtes pas inscrit. Les commentaires anonymes sont vérifiés. Inscrivez-vous pour que votre commentaire soit publié immédiatement - En savoir plus

Ou publiez votre commentaire en utilisant :

* INDIQUE UN CHAMP OBLIGATOIRE

  1. Anonymous_thumb

    لاينمىنىلا 2011-4-11

    Les tunisiens sont courageux.

    • 0 Aime

  2. Anonymous_thumb

    MOHAMED 2011-2-17

    ....LES TUNISIENS DEMANDENT UN PARLEMENT AVANT UN PRESIDENT... ...LEUR PEUPLE DEMANDE UN CONTROL CONSTITUTIONNEL DU LEGISLATIF ET DE L'EXECUTIF... ...QUATRE OU CINQ PARTIS ELUS DANS LA TRANSPARENCE DE LEURS RESSOURCES...ET RENDANT DES COMPTES A LEURS ELECTEURS POUR CONTOLLER L'EXECUTIF... ...UNE PRESSE LIBRE DE TOUT MONTAGES... SPONTANEE AVEC LE CITOYEN... ET ORGANISATRICE DE DEBATS SUR LES SUJETS QUI INTERESSENT LES "LAISSES POUR COMPTE" ET NON DES DEBATS D'INTELLECTUELS AVIDES DE PRESENTER LEUR EGOS... ET LEUR NARCISSISME DU CULTE DE LEUR PERSONNE... ...LE TOUT POURQUOI ? POUR QUE L'intelligence de tous les tunisiens apparaisse par la suppression des zones de misères et d'exclusion,et non l'inverse ! COMMENT ? En pratiquant dignement un métier sans corrompre...ni etre corrompu...Ce programme me parait etre leplus urgent en cette phase de bon départ ! d'autres suivront aprés

    • 0 Aime

  3. Anonymous_thumb

    BEN 2011-2-7

    Soyons clair?M.Ghannouchi n'est pas quand même Pétain? Le régime Ben Ali a hérité du Parti unique,membre de l'International Socialiste et le soutien de l'armée.La classe politique internationale s'accomodait bien de ce régime?Dans ce shéma que pouvait faire Ghannuci,un civil,sinon d'arrondir les angles?Il offre son expérience et sa compétance à son pays puisque le changement le lui permet,jugez-en à son action présente dans cette période de transition et au résultat?à mon avis!.

    • 0 Aime

  4. Anonymous_thumb

    Essid 2011-2-6

    Immédiatement après la lecture du sous-titre de cet article, j’ai rendu compte que je pouvais attendre de bla-bla extrême. «Bien que le nouveau gouvernement ne comporte aucun nom de la vieille garde, les Tunisiens réservent leur jugement.» Drôle. Alors, quelle ironie, la ligne suivante commence par «Le président par intérim Fouad Mebazza...» Eh, où ai-je entendu ce nom» Bon, je me souviens, Mebazza a été le Président du Parlement sous Ben Ali. Ghannouchi, le premier ministre actuel, est l'ancien ministre de l'Intérieur. Ounais, l'actuel ministre des Affaires étrangères, était ambassadeur. Farhat Rajhi, le ministre de l'Intérieur actuel, était le procureur général. Ahmed Ibrahim était le chef de l'opposition fictive. (Vous vous souvenez, Ben Ali a inventé une opposition afin de se faire apparaître démocratique et puis il a donné les sièges en échange de l'obéissance.) «Les membres du Rassemblement constitutionnel démocratique (RCD) de Ben Ali ont disparu.» Je crois que le journaliste et je ne dois pas partager la même définition du mot «disparaitre». Pour moi, «disparaitre» voudrait dire qu'ils n'ont plus un bureau au sein du gouvernement. Mais, à l'auteur, Iheb Ettounsi, «disparaitre» signifie qu'ils ont décidé de cesser de se faire appeler «des membres du RCD», mais ils sont toujours dans le gouvernement. Cela équivaut à dire: «Il n'y a pas de meurtriers dans le gouvernement.» «Comment?» «Parce qu'ils ne s'appellent plus des meurtriers.» Et, Je n'exagère pas du tout par cette analogie. Ghannouchi est responsable de l'assassinat de plus qu’une personne. Et, je ne doute pas de dire que Rajhi est aussi un assassin, car je suis sûr qu’au moins une personne a dû mourir à la suite de ses poursuites mafieuses, sinon comme à la suite de son attaque mafieux à la Kasbah.

    • 0 Aime

  5. Anonymous_thumb

    محمد 2011-2-5

    non, non, non, non, ne restons pas silencieux sur ce qui est juste !

    • 0 Aime

  6. Anonymous_thumb

    Anonymous 2011-2-4

    Le sous-titre de cet article est une insulte au bon sens. Il faut vraiment ignorer la signification du mot honte pour oser dire: "le nouveau gouvernement ne comporte aucun nom de la vieille garde". Est-ce que l'auteur de cet article a vécu sur la planète Mars ou bien en Tunisie? Ne sait-il pas que le premier ministre Mohammed Ghannouchi est un produit typique de la vieille garde et qu'il s'est accomodé non seulement de la dictature de Ben Ali qu'il a servi tête basse mais aussi de celle de son prédécesseur Bourguiba qui a introduit la fraude électorale et la torture en Tunisie? Ben Ali a été son élève et Ghannouchi son domestique. Jouini n'était-il pas ministre dans le dernier gouvernement Ben Ali? Est-ce que le ministre des Affaires Étrangères Ounaiss aurait pu devenir ambassadeur de Bourguiba puis de Ben Ali de longues années sans être membre de leur parti? L'ex-communiste Ahmed Ibrahim qui a cautionné la machination de Ben Ali de créer une opposition docile siègeant au parlement grâce à des sièges charitablement offerts par Ben Ali ne fait-il pas partie de l'ancienne garde toujours prête à des compromis et à retourner la veste? Je me limite à ces quelques exemples et espère que Magharebia prêtera à l'avenir plus d'attention à la qualité de ses articles pour nous éviter la qualité zéro, la mauvaise foi et les articles sans contenu. Merci. Je voudrais garder mon estime à Magharebia qui a offert un espace indéniable à la libre parole les dernières années.

    • 0 Aime