2011-01-28
L'Algérie attribue la mortalité infantile à l'insuffisance de soins prénataux
Par Walid Ramzi pour Magharebia à Alger – 28/01/11
Plus de 36 000 enfants de moins d'un an meurent chaque année en Algérie, a révélé l'Office national de la statistique (ONS) lors d'un forum organisé le mardi 25 janvier.
Près de 16 000 d'entre eux meurent à la naissance, une situation que l'ONS a qualifiée de "terrifiante" et qui dure depuis 5 à 6 ans. Cette étude présentée lors de ce forum à Alger souligne la nécessité de mettre en place un programme national visant à réduire le taux de mortalité infantile, qui est l'un des indicateurs du développement et le quatrième Objectif du Millénaire pour le développement (OMD) défini par les Nations-unies.
Ce séminaire était organisé dans le cadre d'un projet destiné à faciliter la mise en oeuvre de l'Accord d'association Algérie-UE et a rassemblé des experts à la fois algériens et européens, qui ont discuté des causes à l'origine de ce grand nombre de décès et fait des suggestions sur la manière de le réduire.
Le Dr Djamil Lebbane, directeur du Programme national des nouveau-nés, a souhaité une révision de la législation sur les certificats de naissance, soulignant la nécessité d'assurer des soins appropriés à tous les stades de la grossesse et de veiller à garantir une formation dans ce domaine.
Il a souligné les lacunes qui empêchent l'Algérie de passer de 24,5 morts pour 1 000 naissances à 18 morts pour 1 000 d'ici 2015, de manière à réaliser cet OMD.
"Le taux de mortalité infantile, qui avait été enregistré dans les années 1970 et avait été estimé à 170 morts pour 1 000 naissances, était le résultat des mauvaises conditions environnementales à cette époque", a-t-il indiqué.
Mais ces dernières années, les décès d'enfants ont été essentiellement le résultat d'un "manque de soins appropriés pour les mères durant leur grossesse", a-t-il souligné.
Les régions reculées en particulier souffrent d'une forte pénurie de dispensaires, d'un faible niveau de soins et d'un manque de personnels médicaux.
Messaouda Chader, responsable du dossier de la santé des femmes au Conseil national économique et social (CNES), a souligné la nécessité "du suivi et de la surveillance de la grossesse au niveau des dispensaires primaires, et du soin apporté par les institutions de santé universitaires pour les grossesses à risque".
Les autorités publiques doivent mettre en place une stratégie destinée à "assurer la formation des sage-femmes", a déclaré Akila Guerrouche, présidente de l'Union nationale algérienne des sage-femmes.
Elle a fait état d'une grave pénurie dans "cette importante spécialisation, qui assure le suivi et la surveillance des grossesses et aide lors des accouchements, notamment dans les régions reculées qui manquent de médecins spécialisés en gynécologie, obstétrique et pédiatrie."
Les participants venus de différents pays ont partagé leurs expériences et des conseils sur la manière de reméder à ce problème.
"L'Union européenne est prête à apporter son soutien aux pays du Maghreb qui sont géographiquement proches d'elle, en présentant le succès de son expérience dans la lutte contre la mortalité infantile et l'amélioration des conditions sanitaires", a déclaré le représentant de l'UE, Gye Desplanques.
Ce spécialiste français en démographie a présenté la stratégie des pays européens et affirmé que l'Union "travaillera pour aider l'Algérie à disposer de données réelles, pour lui permettre d'enregistrer des progrès dans la lutte contre la mortalité infantile."
L'Algérie fait face à une sérieuse pénurie de spécialistes en pédiatrie et maternité. Un rapport publié par le ministère de la Santé en juillet dernier montre que les hôpitaux algériens souffrent d'un déficit estimé de 900 médecins, parmi lesquels 541 gynécologues et obstétriciens, ainsi que 389 pédiatres.
En juillet dernier, l'Algérie a signé un accord concernant l'arrivée de 181 médecins cubains pour aider à réduire les taux de mortalité infantile et maternelle dans le pays.
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![[Reuters/Zohra Bensemra] Les autorités qualifient le taux de mortalité infantile de "terrifiant".](/awi/images/2011/01/28/110128Feature2Photo1-271_179.jpg)
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abdou 2012-2-28
la mortalité infantile augmente pour plusieurs raisons,à savoir l'absence de qualité de soins,absence de moyens,personnels incompétents je donnerais par l'occasion l'exemple d'une maternité rurale à l'epsp de bouinan w de Blida dans un passé récent des infirmières brevetés assurant des gardes de sages femmes avec une absence de médecins,pas d’oxygène,absence de chauffage,pas de groupe électrogène au su et au vue du premier responsable de wilaya le Dsp et ce depuis 2008 malgré la mort de plusieurs nourrissons et femmes.c'est l'exemple d'une maternité à 36 km du nministere comment serais celle d'ilizi ou in salah?
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ابراهيم 2011-6-26
Peut-être certaines causes sous-jacentes à cette hausse de la mortalité infantile - en plus de celles citées ci-dessus - sont 1-l'incompétence des sages-femmes, certaines demandent même des pots de vins pour venir assister les femmes enceintes pendant la délivrance. Certains cas de décès ont été rapportés, soit de la femme enceinte soit du nouveau-né, en résultat du manque de sérieux des sages-femmes dans l'accomplissement de leur tâche. 2-les bas salaires des médecins, qui se sont reflétés par une pénurie grave de leur présence dans les institutions publiques de médecine et aussi des spécialistes, qui ont migré à l'étranger ou dans des cliniques privées. 3-La plupart des cas de décès des enfants à la naissance ou immédiatement après concernent des enfants illégitimes. Cela exige de lutter par tous les moyens possibles contre le vice.
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Nasima 2011-1-30
C'est une question très complexe, mais pas parce que les causes sont inconnues. Elle est complexe car la résolution nécessite une approche à multiples facettes. L'article a raison que les soins prénatals sont déficients. Mais l’explication est beaucoup plus grande. Tout d'abord, notre pays est pauvre et il devient de plus en plus pauvres. En un mot, le coût des produits de base augmente plus rapidement que nos revenus. Nous ne pouvons pas nous offrir la bonne nutrition. Si le prix d'une pomme de terre a triplé au cours des deux dernières années, vous pouvez imaginer que le coût de la viande, du lait et des légumes, qui contiennent beaucoup de vitamines et minéraux nécessaires, le suit de près. Notre alimentation se tourne de plus en plus aux grains, qui sont bourratifs et qui nous fournissent de l'énergie, mais qui ne fournissent pas les protéines, lipides, minéraux et vitamines nécessaire dont le fœtus a besoin pour se développer sainement. En outre, la santé en général est trop chère. Idéalement, l’Etat devrait payer intégralement les frais médicaux pour toute personne qui est enceinte ou qui nécessite un traitement d'urgence ou une hospitalisation à long terme et le gouvernement devrait payer 70-90% du coût de la santé pour des maladies bénignes. Ce n'est pas le cas ici en Algérie, en particulier depuis que les médecins, qui sont très mal payés, ont commencé d’attendre le noire, augmentant les coûts au-delà de ce que montrent les statistiques officielles. Et nos hôpitaux manquent le matériel adéquat et le personnel bien formé. Enfin, les femmes enceintes n'ont pas une éducation sur ce qui veut dire une bonne nutrition et la santé correcte, qui les amènent remèdes soi-disant traditionnelles nocives ou négligentes pour des afflictions qui nécessitent un médecin.
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Essid 2011-1-29
Je crois que l’Office nationale de la statistique (ONS) n'a pas adéquatement expliqué la question. L'ONS n'a point essayé de nous fournir des rapports annuels sur le revenu médian des ménages (RMM), l'indicateur le plus important dans l'évaluation du développement économique au niveau de la ménage. Cela dit, l'ONU fournit des statistiques sur le ratio entre les 10% plus riches et les 10% plus pauvres du pays en proportion de population (ratio 1) et pareille pour les 20% (ratio 2). Ces deux chiffres sont en train de monter et le ratio 1 monte plus vite, c-à-d non seulement le fossé entre les riches et les pauvres deviennent plus grands, mais aussi la richesse du pays en se consolide entre les mains de peu de gens. En utilisant une estimation du RMM, j'ai trouvé que ce nombre est d'environ $5400 par ménage. Mais la plupart des ménages ont 5,2 personnes en Algérie, donc le revenu médian des ménages par habitant est $1038 alors que le PIB par habitant est $4160. Les Algériens ne jouissent que un quart de la richesse du pays, par rapport à la Suède, qui a les programmes sociaux les mieux dans le monde et où les gens jouissent une moitié des richesses du PIB par habitant. En outre, le RMM n'augmente que de 0,4% par rapport aux 1,4% pour le PIB par habitant. En d'autres termes, la nouvelle richesse du pays ne va pas au peuple. Au même temps, l'année dernière, le coût de la vie (selon le prix du lait, du pain, des œufs, du viande, de l’essence, de l’électricité, du gaz, d’eau, de l’assainissement, du louer, etc.) a augmenté par 7,8%. En conclusion, la mortalité infantile est élevée puisque le revenu augmente à 0,4% et le coût de la vie augmente à 7,8%, donc les femmes enceintes ne peuvent pas se permettre de se nourrir sainement ou d’acheter des vitamines prénatales.
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