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2011-01-06

Concurrence entre médias sociaux et presse traditionnelle en Tunisie

Par Jamel Arfaoui pour Magharebia à Tunis – 06/01/11

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Au lendemain des récentes manifestations de Sidi Bouzid, le public tunisien découvre une nouvelle source d'information, qui lui permet de connaître les derniers développements dès qu'ils se produisent. Des sites de médias sociaux comme Facebook font désormais concurrence aux organismes d'information professionnels, que certains observateurs ont critiqués pour ne pas avoir assuré la couverture de ces évènements.

"Alors que les médias officiels étaient absents, Facebook, YouTube, Twitter et les blogs étaient remplis de vidéos, d'images et assuraient la couverture des évènements. Les agences de presse mondiales et les chaînes de télévision par satellite utilisaient également les contenus publiés par ces médias et s'appuyaient sur eux pour préparer leurs articles et leur informations", a expliqué l'éditorialiste de l'hebdomadaire al-Watan, Noureddine Mbarki.

"Nous n'exagérons peut-être pas lorsque nous confirmons que ces évènements ont été l'application sur le terrain de ce que nous appelons depuis des années les "nouveaux médias", qui utilisent les moyens de communication modernes. Ils sont également l'application de ce que certaines personnes appellent les "médias citoyens", ce qui signifie que chaque citoyen peut être un reporter d'informations et d'évènements", a-t-il ajouté.

Et de poursuivre en affirmant que "cela a donné l'image suivante : des médias officiels absents des évènements, comme si ces derniers n'existaient pas, et des médias étrangers (chaînes satellitaires, agences de presse, sites web, magazines et journaux) qui rapportent les évènements sur la base de leurs origines et de leurs agendas ; cela a créé une très forte sympathie à leur égard, parce qu'ils "ont assumé la charge de faire entendre la voix et les revendications des protestataires" dans le monde entier."

Selon Mbarki, "les évènements de Sidi Bouzid ont montré clairement que le dossier des médias en Tunisie a besoin d'une sérieuse refonte au vu du net recul de leurs performances et de leur rôle, notamment à la lumière des évolutions qui se produisent dans les moyens de communication et au vu de l'influence des médias en général sur les évènements et leur cours."

Pour sa part, le journaliste Nasredine Ben Hadid se refuse à considérer les sites de réseaux sociaux comme une forme de journalisme.

"Je les considère plutôt comme une sorte de participation, parce qu'ils ne sont pas soumis aux exigences minimales qui caractérisent les médias. Pour ce qui est de leur contenu, si nous mettons de côté les mauvaises intentions et les tentatives de partialité intentionnelle de la part de certaines personnes, le citoyen moyen n'est pas en mesure de noter, de décrire et donc, de rapporter", a-t-il affirmé.

Durant cette crise, de nombreuses chaînes de télévision satelllitaire, comme Al Jazeera, ont dépendu de ce que les citoyens tunisiens publiaient sur l'internet, malgré la faible qualité des images.

La Tunisie compte plus d'un million d'abonnés à Facebook, soit près de 11 pour cent de la population du pays, contre plus de 10 millions de téléphones mobiles, soit près de l'ensemble de la population.

"Aujourd'hui, nous comptons 1,5 million de journalistes via Facebook. Cela signifie que toutes les barrières ont été abolies par ce média numérique, qui est en réalité un média populaire qui a su s'implanter auprès du plus grand nombre possible de personnes", a expliqué Ghassan al-Kosaibi, journaliste à al-Shaab et membre de l'Union générale du travail.

"Le blackout est définitivement révolu. Ce que nous voulons des médias traditionnels, c'est qu'ils restent dans la course", a-t-il ajouté. "Je dis simplement au-revoir au blackout, et oui à l'information, oui à l'objectivité, et non au blackout, non à l'exagération."

Pour sa part, Mahmoud al-Jadidi, responsable de l'éducation, estime que les médias ne sont plus du domaine des seuls professionnels.

"Chaque propriétaire d'un ordinateur est devenu une personne des médias, un reporter d'informations et de rumeurs. Nous vivons une époque où une rumeur peut devenir un fait par suite de sa fréquente diffusion, de la vitesse de sa communication et de sa transmission, et de la difficulté d'en connaître la source", a-t-il conclu.

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  1. Anonymous thumb

    Essid 2011-1-16

    À Ahmed: Je crois que le peuple tunisien vient de démontrer ce qu'ils pensent de la diarrhée explosive qui sort de votre bouche. (Il semble que votre employeur n'est plus au pouvoir.) Traiter superficiellement des problèmes réels ne crée que de la colère, et cette colère conduit à la révolte comme celle-là que nous voyons en Tunisie aujourd’hui. Vous mentez quand vous parlez des universités dans chaque village. En outre, vos références anecdotiques aux tunisiens qui travaillent dans les grandes entreprises américaines ou européennes montre que vous recevez les nouvelles de la propagande officielle. Ce pourcentage un minuscule du pays qui a été suffisamment chanceux de trouver de bons emplois, grâce au système d'éducation ne mérite pas notre louange - un leader ne mérite des éloges pour la chance et la résilience du peuple, un leader mérite des éloges pour veiller à ce que tous les citoyens aient des chances égales et sont fournis aux besoins de base (e.g. la dignité, la santé, etc.) et les structures de base (e.g. l'application de la loi, des tribunaux équitables, etc.) pour exceller dans leur vie. Ben Ali a avant tout fait exactement le contraire de cela, de priver le peuple de leurs besoins et les structures de base afin de remplir ses propres poches. Les gens en ont marre, et ils ont montré leur colère en mettant fin au charge de Ben Ali. Cependant, il reste à voir si les Tunisiens comprendront que pour éviter une répétition de ce mal chaque individu aura besoin de façon permanente et sans cesse de participer à la politique afin de s'assurer que leur volonté politique soit respectée. Sinon, la volonté de quelqu'un d'autre va dominer la scène politique et nous reviendrons à l'oppression.

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    Intissar 2011-1-12

    vive la Tunisie vive le peuple fier le pays des fellagah ne flechira pas devant la douce dictature de la bastonnade ,le peuple a dit son dernier mot ,cessez de vampiriser les biens du peuple , Voyons un peu de pudeur,la rue tunisienne gronde et plus ne sera jamais pareille ,on ne muselle pas impunement la voix d'un peuple en colère , oh rage au desepoir oh vielliesse ennemie pourquoi tant d'infâmie ????

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    maaroufi mouldi 2011-1-8

    Le problème, ce n'est pas de rapporter ou de témoigner des faits dans leur globalité, il subsiste plutôt dans la nécessité d'expliquer ce qu'il se passe au lecteur ou à l'auditeur en d'autre mot d'expliquer le fait sans partialité, sans que la pensée de votre esprit ou vos sentiments ne viennent s'impliquer, il faut laisser les gens se faire une opinion. Plus vite nous atteindrons le niveau des médias modernes et le mieux ce sera pour nous tous, nous sauverons des vies et calmerons les hystéries.

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    Anonymous 2011-1-6

    Ben Ali a limogé son ministre de la Communication. Mais il ne s'agit pas de personnes. C'est la fonction du ministère qui a échoué. Les médias avaient comme ordres de ne rien rapporter sur les évènements graves qui ont secoué le pays. Mais la censure n'a pas pu empêcher les jeunes via leurs portables et Facebook d'informer le monde sur l'infamie de la république bananière de Ben Ali. Pour être honnête c'est plutôt le dictateur lui-même qu'il faudrait tenir responsable de l'échec. À quoi sert-il encore? Sa politique socio-économique a piteusement échoué bien qu'il faille lui reconnaître un succès indéniable dans le domaine de la corruption et la peur qu'il a répandue comme une tache d'huile à travers le pays par son usage systématique de la torture. Mais le peuple Tunisien vient de remporter une victoire éclatante sur la peur qui s'est installée dans leur pays depuis 1987. Aujourd'hui la jeunesse Tunisienne défie la mort la plus atroce pour réclamer sa dignité spoliée. Les jeunes scandent à haute voix toute la haine et le mépris qu'il ressentent envers le dictateur et surtout sa femme soudain disparue les derniers jours après avoir été incontournable. Cette mascarade a trop longtemps duré. Mais tout le monde sait que le dictateur n'acceptera pas de partir d'une façon honorable. Il a passé un quart de siècle à sucer les richesses de la Tunisie, lui et son clan. Le fait qu'il s'accroche encore au pouvoir est un signe positif. Il signifie que la Tunisie n'est pas dans une faillite totale. Ben Ali y voit encore des choses à grignoter. C'est aux Tunisiens de lui faire comprendre que la Tunisie appartient aux Tunisiens et non à la famille Ben Ali. Ni sa femme, ni ses gendres, ni son fils n'hériteront de la Tunisie. Les Tunisiens ne sont pas du bétail et ils le prouveront.

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  5. Anonymous thumb

    Ahmed 2011-1-6

    Le chômage touche tout le monde. Plutôt que de critiquer le pays il faut au contraire le féliciter et l’encourager pour ses initiatives telles que la construction de plusieurs universités et le soutien à la poursuite des études supérieures ; ou encore le courage de nos politiques qui, lors des anciennes manifestations contre le chômage, ont appelé à la construction de plus d’écoles d’ingénieurs... En Tunisie presque chaque village a une Université : le pays a passé de 12 000 étudiants a 350 000 etudiants dont 60 % des filles. La Tunisie est devenu le pays d’1 million d’ingénieurs. Nos jeunes ingénieurs construisent aujourd’hui des Avions AIRBUS alors qu’avant ils ne faisaient que fabriquer des vêtements et des slips !!!. Je suis fier de lire dans la presse mondial sur les compétences tunisiennes qui travaillent dans les grands groupes (en Europe, USA…), dans les grandes universités, la Nasa… Scientifiquement, économiquement et technologiquement, la Tunisie est classé le 1er pays d’Afrique et du Monde arabe. D'après l'ONU, la Tunisie (sans ressources naturelles) est classée 1er pays arabe et 16 pays mondial !! en investissement dans le système d'éducation La Tunisie préfère avoir des chômeurs diplômés que des chômeurs incultes. Les autres pays préfèrent eux fermer les universités et réduire les taux de réussite au bac.

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