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2010-12-14

Le Maroc prend une initiative pour protéger les droits des malades du SIDA

Par Naoufel Cherkaoui pour Magharebia à Rabat – 14/12/10

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Le Conseil Consultatif sur les Droits de l'Homme (CCDH) du Maroc a signé un accord le 6 décembre à Rabat avec le Programme conjoint des Nations-Unies sur le VIH/SIDA (UNAIDS) destiné à protéger les droits des personnes vivant avec le VIH/SIDA.

"Dans le cadre de notre travail pour promouvoir et protéger les Droits de l'Homme, nous travaillerons à mieux sensibiliser au fait que les personnes infectées et vivant avec le VIH/SIDA ne doivent pas être traitées comme des exclus", a déclaré Ahmed Herzenni, président du CCDH, à Magharebia. "Nous oeuvrerons également à changer les préjugés sur cette maladie, qui peut être évitée par la prévention. Nous devons également travailler à protéger les droits et la dignité des personnes infectées."

Kamal Alami, directeur du programme UNAIDS au Maroc, a expliqué à Magharebia que "cette initiative est la première de ce genre au Moyen Orient et en Afrique du Nord, accordant aux personnes vivant avec le VIH/SIDA la possibilité de bénéficier des importants progrès accomplis dans le domaine des Droits de l'Homme au Maroc."

"Cet accord s'inscrit dans le cadre des efforts de soutien à un programme national stratégique anti-SIDA dans le cadre de la révision du programme en termes de droits humains", a-t-il expliqué. "De nombreuses recommandations ont indiqué que ce domaine doit être renforcé tout en travaillant à lutter contre cette maladie, car lorsque les personnes vivant avec le VIH/SIDA ressentent l'exclusion et la discrimination, elles ont tendance à s'isoler, ce qui ne leur permet pas de bénéficier des programmes de prévention et du soutien qui peut leur être apporté."

"Le Maroc réalise un bon travail dans la lutte contre le SIDA, car il existe un fort engagement dans ce sens de la part des plus hautes autorités du pays", a souligné Alami. "Lors des conférences régionales, le Maroc semble être le pays le plus avancé dans ce domaine par rapport au restant des pays de la région Afrique du Nord et Moyen Orient."

Ce responsable des Nations-Unies a ajouté que beaucoup restait encore à faire, notamment "en étendant les programmes de prévention à certaines zones reculées qu'aucun de ces programmes n'a encore jamais atteintes. De plus, nous devons encourager les gens à faire dépister la maladie, car nous nous sommes aperçus que 80 pour cent des personnes infectées au Maroc ignorent qu'elles le sont."

Pour sa part, Aziza Benanni, directrice du programme national anti-SIDA au Ministère marocain de la Santé, a expliqué à Magharebia : "En examinant le plan national stratégique anti-SIDA, nous avons constaté que les Droits de l'Homme, et d'autres droits aussi, ne sont pas respectés. Dans le cadre du partenariat qui débute aujourd'hui, nous espérons couvrir tous les domaines et élargir le domaine du respect des droits des êtres humains."

"Dans le cadre du partenariat avec la société civile, nous travaillons à élargir l'accès au dépistage précoce du SIDA, car il facilite le fait de vivre avec la maladie et permet d'apporter un soutien aux personnes infectées", a-t-elle ajouté. "Mais nous constatons une faible participation de la part des Marocains à ce processus."

Elle a souligné que "le Gouvernement marocain étend l'accès au dépistage de la maladie", ajoutant que l'état "a mis en place des centres de dépistage au niveau des organisations non gouvernementales. Il a également structuré ce dépistage au niveau des dispensaires, et veillé à ce que les personnes infectées bénéficient d'une trithérapie gratuite."

Concernant le nombre de personnes infectées par le SIDA au Maroc, Alami a expliqué : "Le dernier rapport de l'UNAIDS, publié il y a deux semaines, estime le nombre de malades du SIDA au Maroc à 26 000 personnes." Il a ajouté que "3 000 cas d'infection sont enregistrés chaque année. Mais le taux d'incidence au Maroc reste faible, comme dans le bassin méditerranéen, à 1 pour 1 000, par rapport à certains pays africains, où ce taux d'incidence est de 10 pour cent."

S'adressant à Magharebia, une femme infectée par le VIH, qui n'a pas souhaité révéler son identité, a expliqué avoir contracté la maladie il y a vingt ans, après son divorce, après avoir eu plusieurs relations sexuelles non protégées avec différentes personnes.

"A l'époque, il n'y avait pas beaucoup de moyens de sensibilisation, comme c'est le cas aujourd'hui", a-t-elle expliqué.

Elle a ajouté : "Il existe encore une discrimination envers les personnes affectées par le SIDA", alors qu'elle s'est vu interdire l'entrée aux bains publics et à un salon de coiffure, ainsi qu'à une clinique dentaire après que la nouvelle de son infection fut connue. "Les mentalités ont changé avec le temps", conclut-elle.

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  1. Anonymous_thumb

    VIH/SIDA 2011-2-27

    C'est une bonne initiative, mais il reste beaucoup. Les autorités marocaines et les autorités du Maghreb ont besoin de rendre l'éducation sexuelle et l'éducation des drogues obligatoire dans nos écoles. Le nombre d'adolescents qui ont des rapports sexuels est faible, mais il y a quand même suffisamment d'adolescents qui ont des rapports sexuels que nous avons besoin de les éduquer sur les risques de transmission du VIH. Et il faut que l’on rappelle que les adolescents d'aujourd'hui sont les adultes mariés de demain. Et, bien que tout le monde espère que les deux partenaires dans un mariage seraient fidèle les uns aux autres, on doit toujours prendre la précaution que l'un des partenaires ou les deux peuvent être déloyal. Et cela veut dire que cet adulte doit être conscient des risques d'infection et comment éviter la transmission de la maladie en utilisant correctement un préservatif ou une digue dentaire, sinon l'autre partenaire et les enfants sont à risque d'infection. On a aussi besoin d'enseigner les adolescents sur les risques d'infection par des seringues contaminées. Et on a besoin de faire pour que les condoms et les seringues soit disponibles gratuitement. Et indépendamment de ce que nous croyons comme religion, ils vont choisir de vivre comme ils veulent, donc la prestation de ces préservatifs et de seringues n'est pas un encouragement. Nous devons nous assurer que les personnes qui choisissent de ne pas respecter ces préceptes sont à l'abri de l'infection. Je sais que de nombreux marocains dissent que la fornication et l'abus de drogues sont des péchés, et cela peut être vrai, mais ces péchés ne méritent pas la mort. En outre, les personnes qui sont à risque parce qu'ils sont dans une relation avec quelqu'un qui les met à risque ne mérite pas la mort.

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