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2010-12-09

Cheb Kader : "Je ne suis pas quelqu’un qui force le destin'

Par Hassan Benmehdi pour Magharebia à Casablanca – 09/12/10

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Après une absence de près de dix ans, la star marocaine du raï Cheb Kader fait son retour sur la scène musicale internationale. Il pense que son nouvel album, Dima Rai, qui sortira en janvier, représente la réconciliation avec le public et ses fans dans le monde entier. Magharebia l'a rencontré à Casablanca pour parler de sa carrière [Cliquez ici pour écouter], de son nouvel album et du message qu'il adresse à la jeunesse du Maghreb.

Magharebia : Quelle est la raison de votre absence de la scène musicale pendant près de vingt ans ?

Cheb Kader : En fait, je n’ai pas de véritable explication à donner. C’est vrai que l’essentiel de ma carrière s’est fait entre 1987 et 1991 en produisant quatre albums, soit un album par an. Je pense que j’ai fait l’essentiel à ce niveau là. J’ai eu par la suite des soucis avec mon ancienne maison de disques qui ne m’a pas soutenu comme il le fallait sur le plan international. J’ai été l’un des rares artistes à croire en l’avenir de cette musique qu'est le raï au plan international, mais malheureusement, notre société de production a cru en d’autres artistes et les a développés. Je me suis rendu compte qu’il a fallu à un moment donné que j’arrête pour mieux réfléchir et essayer de mieux repartir. Malheureusement dans ce métier, on sait quand on s’arrête, mais on ne sait jamais quand on peut reprendre. On n’est pas les seuls maîtres du jeu.

Magharebia : Mais vingt ans, c’est beaucoup quand même ?

Cheb Kader : En réalité, ce n’est pas vingt ans, mais dix. Car j’ai sorti en 2001 un album intitulé "Mani" qui comprend le titre "Majiti" qui a d’ailleurs très bien marché ici au Maroc et ailleurs. Malheureusement, je me suis retrouvé une deuxième fois avec la même histoire, à savoir un manque de développement total. Mais je ne suis pas quelqu’un qui force le destin. L’album "‘Mani"’ n’était pas prévu. C’était presque un accident. C’est l’histoire d’un ami, un arrangeur musical, qui m’a demandé de lui faire une copie de ce que je composais chez moi dans mon studio. Une semaine après, la maison Universal m’a contacté pour qu'on travaille ensemble. Voilà l’histoire de la naissance de cet album qui est sorti durant l’été 2001.

Magharebia : Quels sont maintenant vos projets d’avenir ?

Cheb Kader : Il y en a en fait plusieurs. Il y a d’abord mon nouvel album qui sortira en janvier prochain. C’est une espèce de compilation de tout ce que j’ai fait jusqu’à présent, avec des standards considérables. J’ai gardé dans cet album des titres originaux comme Sid El Houari ou Sel Dem Drâi. Des titres qui ont une belle histoire. Il y a également des titres méconnus du public marocain comme Nia ou encore Dima Raï, qui est en réalité une chanson d’espoir visant à rapprocher encore plus les Marocains et les Algériens. D’ailleurs, le raï a toujours été ce point commun fort qui ne cesse de rapprocher la population maghrébine. Je pense aussi que la musique a toujours joué dans le monde un rôle essentiel, celui de la culture et du rapprochement, en dépit des problèmes politiques. De toutes les manières, on ne peut pas arrêter ou limiter les échanges culturels entre les peuples. La musique dans ce sens peut être quelque chose qui soit en mesure d’amener la paix. A noter toutefois que pour 2011, je suis sur la liste d’un certain nombre de festivals à travers le Maroc. Et pour fin 2011, il y aura un nouvel album inédit qui est actuellement en préparation.

Magharebia : L’origine de Cheb Kader est peu connue auprès du public. Pour certains vous êtes de nationalité algérienne, pour d’autres, vous êtes Marocain.

Cheb Kader : C’est vrai. On me pose souvent la question. Je suis né en fait en 1966 à Oran de parents marocains. Avec le problème du Sahara en 1975, on a quitté l’Algérie. J’ai vécu quelques mois au Maroc que j’ai quitté en 1976 pour la France, où j’ai rejoint mon père qui vivait déjà dans ce pays. Depuis, je suis resté en France. Mais je suis Marocain. La chanson Bghite Bladi est en quelque sorte une réponse aux interrogations, notamment des internautes, sur mes origines. Cela ne veut pas dire que je n’apprécie les Algériens. Bien au contraire, j’ai beaucoup d’estime pour tout le peuple algérien. D’ailleurs ma chanson Sid El Houari qui a une vingtaine d’années est un hommage au quartier où j’ai grandi à Oran, à l’Algérie et aux Algériens.

Magharebia : Votre style musical marqué par une forte présence du violon se distingue-t-il des autres styles musicaux du raï ?

Cheb Kader : Je pense que j’ai été l’un des premiers artistes à faire un raï naturel. Le mot naturel est très important. En Algérie et au Maroc, j’ai écouté presque tous les styles musicaux, notamment traditionnels. En France, j’ai découvert la variété internationale. Ceci dit, j’ai vraiment baigné dans toutes ces musiques.

Avec le raï, j’ai essayé de faire un mélange assez spécial entre deux styles musicaux différents, le traditionnel et le moderne. Pour revenir au violon, je suis un fan de musique classique. J’ai toujours rêvé d’un raï classique et orchestral. De plus, je suis un grand fan de Santana, ce qui explique le côté électrique de ma musique. C’est vrai que mon style musical n’a pas convaincu beaucoup de monde au début, mais il s’est avéré que, bizarrement, ces derniers qui l’ont critiqué, l’ont copié quelques années plus tard. Mais à mon avis, le violon est la base de la musique raï. Et si on enlève cet instrument, on perd une âme et quelque chose d’essentiel sur le plan de la mélodie.

Magharebia : Que pensez-vous du raï d’aujourd’hui ?

Cheb Kader : Sincèrement, il n’y a plus rien. Je le dis comme je le pense. Le raï de nos jours manque d’inspiration. C’est comme une voiture qui a perdu son moteur.

Magharebia : Quel est votre message pour les jeunes Maghrébins ?

Cheb Kader : Il faut se battre chaque jour. Nous avons une importante richesse culturelle à développer. Il faut toujours faire un peu plus et y croire. A travers les médias et lnternet, ils sont de plus en plus ouverts sur le monde. C’est bien, mais de la même manière, il ne faut pas oublier ses origines et sa culture.

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  1. Anonymous_thumb

    Abdellah 2011-1-5

    Ca fait 20 ans que j'ai perdu la trace de Cheb Kader, revenant à mon enfance je l'adorais et j'adore encore sa musique, et j'ai lu quelque part sur le net une rumeur selon laquelle il quittait le monde de la musique pour celui des affaires je ne l'ai pas crue parce que il est un vrai artiste à l'intérieur et que le talent ne peut pas et ne pourra pas se faire enterrer au nom de gagner de l'argent. Si tu es en train de lire et sûr tu liras à un moment les commentaires des lecteurs je suis impatient d'entendre tes nouvelles créations, et merci Maghribia.com pour cette misse à jour et pour tout votre bon travail.

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    charaf 2010-12-13

    ce ke je veux dire k"autant des sitoyens marocains ou algeriens on s'aime quand le maroc joue les algeriens soutient et aussi pour les marocains quand l'equipe algerie joue,mais ce k'on comprent pas la haine du gouvernement algérienes vert le maroc???? soyons unis pour etre vraiment des musilments.merci

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  3. Anonymous_thumb

    Jamal 2010-12-13

    Bonne initiative Kader, nous en avons besoin pour mettre fin à cette situation indigne

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