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2010-12-02

La Libye accueille le sommet Afrique-UE

Par Jamel Arfaoui pour Magharebia à Tunis – 02/12/10

Le 3ème sommet Afrique-UE s'est achevé mardi 30 novembre à Tripoli, sur un accord visant le renforcement des relations entre les deux continents.

Dans leur déclaration de clôture, les chefs d'Etat et de gouvernements de 80 pays africains et européens ont reconnu que "le partenariat entre l'Afrique et l'Union européenne est l'une des relations mondiales les plus durables".

L'Afrique "est plus que jamais au seuil d'une évolution fondamentale offrant de nouvelles opportunités et de nouvelles perspectives en faveur d'une plus forte intégration et d'un développement durable renforcé", affirme cette déclaration. Les participants élaboreront cette stratégie de coopération avant le sommet 2013 à Bruxelles.

"Ce qu'il s'est passé peut être considéré comme un appel opportun à s'éveiller", a déclaré le politologue et correspondant d'al-Sharq al-Awsat Mongi Saidani. "Je pense également que quiconque lit attentivement cette déclaration de clôture y notera cette fois l'absence d'un langage sentimental, remplacé par une langue réaliste, celle des intérêts communs."

"En regardant le troisième sommet Afrique-UE, nous pourrions être enclins à espérer un avenir meilleur pour les jeunes générations du continent", a déclaré le politologue tunisien Essia Atrous. "Mais en regardant la réalité de ces relations, nous voyons que la route est encore longue avant de pouvoir récolter les fruits du partenariat entre les deux continents. En fait, au-delà de ces discours politiques optimistes, des photographies de cérémonie des responsables des deux continents, et derrière ces grands sourires, l'horizon reste limité, et cela pour plusieurs raisons."

Et Atrous d'ajouter : "Il ne fait aucun doute que changer l'image de ce continent de manière à ce qu'il ne reste pas toujours une charge pour le monde est un objectif ambitieux pour de nombreuses personnes. Mais réaliser ces objectifs requiert des options stratégiques destinées à mettre un terme à la corruption et à l'absolutisme."

La déclaration de clôture appelle également à "réaliser un développement plus égalitaire et plus équilibré", et à lutter contre l'immigration clandestine en encourageant la croissance économique en Afrique.

Ghaida Touati, journaliste libyenne et militante des droits de l'Homme, a expliqué à Magharebia que l'Europe doit "faire son devoir envers ces pays, en les aidant lors des projets de développement, en assurant un soutien au développement durable afin de pouvoir arrêter l'immigration clandestine, et en y favorisant le développement humain." Elle a ajouté que "si ce sommet ne parvient pas à activer rapidement ces stratégies, ce sera un échec, parce que la partie européenne ne veut pas assumer ses responsabilités envers ces pays."

Mais Touati a ajouté que cela ne signifie pas que les pays africains soient pour autant exonérés de leurs propres responsabilités. "Eux aussi doivent assumer leurs responsabilités envers leurs peuples et tenter de changer et d'améliorer les situations, en luttant contre la corruption, en garantissant un climat démocratique, et en apportant un appui aux organisations de la société civile. Le retard de ces pays est en grande partie dû aux gouvernements répressifs qui les dirigent l'un après l'autre, sans apporter de réels changements dans les conditions de vie de leurs peuples."

"Les débats et les discussions lors de ce sommet entre le Nord et le Sud, entre l'Europe et l'Afrique, n'ont pas été exempts des discours typiques qui prévalent entre les deux parties : un côté africain qui cherche aide et assistance et demande un soutien, et un côté européen qui s'adresse à l'autre avec un langage d'aumônes ou d'aide, mais n'oublie pas de l'enrober de slogans sur les droits de l'Homme et la démocratie", a déclaré le militant politique Mohamed bou Oud à Magharebia.

Outre la coopération économique, les parties ont parlé de la situation en Somalie, convenant de "poursuivre des efforts concertés pour mettre un terme au conflit en Somalie, stabiliser la situation intérieure et promouvoir des efforts de reconstruction et de développement post-conflit opportuns".

Cette déclaration ajoute que l'Union européenne et l'Union africaine "continueront à travailler ensemble en soutien à une Mission de l'Union africaine en Somalie (AMISOM), ainsi qu'aux forces de sécurité somaliennes, en étendant son soutien au gouvernement fédéral dans le cadre d'une stratégie politique complète et réactivée."

Les participants à ce sommet sont également convenus de continuer à collaborer dans tous les domaines entre pays africains et européens, "dans le but de se fonder sur des valeurs et des objectifs communs à la poursuite de la bonne gouvernance, de la démocratie et du respect de la loi".

"Nous condamnons fermement tous les changements non constitutionnels des gouvernements qui, au même titre que la mauvaise gouvernance, sont l'une des principales causes d'instabilité, d'insécurité et de conflits", ont-ils conclu.

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