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2010-08-16

Un rapport américain salue les efforts antiterroristes du Maghreb

Par Adil Dekkaki pour Magharebia à Washington – 16/08/10

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Al-Qaida au Maghreb islamique (AQMI) représente la principale menace terroriste dans le Grand Sahara et la région du Sahel, selon un rapport sur le terrorisme récemment publié par le département d'Etat américain.

L'analyse du Moyen Orient et de l'Afrique du Nord dans les Rapports nationaux 2009 sur le terrorisme, publiés le 5 août, montre qu'AQMI est essentiellement actif à partir du nord-est de l'Algérie et du nord du Mali. Les membres d'al-Qaida se sont déplacés dans le Maghreb arabe et au Sahel, notamment entre le Mali, le Niger et la Mauritanie pour monter leurs attaques.

Les rançons versées pour la libération d'otages étrangers enlevés ont assuré à AQMI sa principale source de financement, souligne ce rapport. Bien que les gouvernements de la région aient tenté par le passé de lutter eux-mêmes contre AQMI, ils ont encore besoin d'une aide étrangère pour renforcer leurs capacités militaires et policières, indique cette analyse.

Les opérations d'AQMI le long de "frontières sous-gouvernées" constituent toutefois "un défi" aux réponses des Etats, a indiqué l'ambassadeur itinérant Daniel Benjamin, coordinateur de la lutte antiterroriste au département d'Etat, lors d'une conférence de presse organisée le 5 août à Washington.

Benjamin a appelé les Etats de la région du Maghreb arabe et du monde entier à adopter une "politique sans concession" vis-à-vis des ravisseurs, afin de pouvoir mettre un terme aux flux de financement.

Les opérations des services de sécurité algériens et le rejet du terrorisme par l'opinion publique "ont réduit l'efficacité globale d'al-Qaida au Maghreb islamique (AQMI ) ces deux dernières années", souligne ce nouveau rapport.

"Les forces algériennes de sécurité ont fait un excellent travail [pour la défense] de l'Algérie et en conséquence, al-Qaida au Maghreb islamique est contraint de se retirer plus au sud, dans le Sahel : Mauritanie, Niger et Mali… y augmentant le nombre des attentats", a indiqué le vice-directeur du Centre national antiterroriste Russ Travers lors de cette conférence de presse.

Ce rapport souligne une réduction dans le nombre d'attentats terroristes de grande ampleur en Algérie en 2009, bien que les activités terroristes de faible niveau subsistent dans les zones rurales sous la forme de bombes artisanales et d'embuscades contre les forces de sécurité.

Ce document souligne que le Groupe salafiste pour le prêche et le combat, le GSPC algérien, qui se fait désormais appeler al-Qaida au Maghreb islamique (AQMI), ne dispose d'aucun soutien dans les populations.

Par suite de ses carences de recrutement, AQMI a dû travailler d'arrache-pied pour tenter de remporter la bataille des médias, comme l'a montré la capacité de l'organisation à mener une attaque et à en revendiquer la responsabilité par un communiqué dans les heures qui suivent.

Ce rapport souligne la nécessité pour les forces algériennes de sécurité de s'adapter continuellement aux tactiques changeantes d'AQMI.

Les efforts de l'Algérie pour lutter contre les activités terroristes ont également été soulignés dans ce rapport. Alger a récemment accueilli une réunion des chefs d'état major militaire du Mali, de Libye, de Mauritanie et du Niger pour mettre en place une stratégie régionale antiterroriste et créer un centre de commandement régional à Tamanrasset. De plus, le gouvernement algérien a mis en place un programme visant à embaucher 100 000 nouveaux policiers et gendarmes, à renforcer les frontières et la sécurité dans les aéroports et à augmenter la présence sécuritaire globale dans les principales villes.

AQMI constitue la principale menace terroriste en Mauritanie, estiment les analystes. Ce rapport passe en revue un certain nombre d'attentats qui ont visé des intérêts étrangers et des ressortissants nationaux en 2009, dont le plus important a été l'attentat suicide à proximité de l'ambassade de France à Nouakchott.

Concernant le Maroc, le document affirme que le gouvernement poursuit une approche antiterroriste globale qui met l'accent sur la neutralisation des cellules terroristes existantes par le travail traditionnel des services de renseignement, par des mesures de sécurité préemptives et par la collaboration avec des partenaires régionaux et internationaux.

En s'appuyant sur le rejet du terrorisme dans l'opinion publique, le gouvernement marocain s'attache à réduire l'extrémisme, à dissuader les individus d'adopter des attitudes radicales et à promouvoir des points de vue religieux modérés et pacifiques.

Le Maroc s'est également intéressé au financement du terrorisme et aux opérations de blanchiment d'argent par le biais de l'Unité de renseignements financiers créée en avril 2009.

Les autorités marocaines ont pu démanteler plusieurs cellules terroristes. Mais, précise ce rapport, la seule présence de ces groupes souligne la nécessité de continuer à être prudent et vigilant.

Le rapport indique que le gouvernement tunisien a fortement mis l'accent sur la lutte contre l'extrémisme et le terrorisme. Outre la mise en place de mesures de sécurité et l'application de la loi, le gouvernement utilise également des programmes sociaux et économiques, notamment la santé et l'éducation publique, pour améliorer les situations que les terroristes exploitent pour leur recrutement et leur propagande.

Quant à la Libye, le département d'Etat note que le gouvernement libyen continue de coopérer avec les Etats-Unis et la communauté internationale pour combattre le terrorisme et son financement, après la décision de Tripoli de renoncer au terrorisme et à ses programmes d'armes de destruction massive.

Le rapport analyse les déclarations du Président malien Amadou Toumani Touré le 20 juillet 2009, lorsqu'il a confirmé que la Libye, l'Algérie et le Mali envisageaient des efforts militaires et de renseignement conjoints pour lutter contre les menaces à la sécurité liées à AQMI dans la région transsaharienne.

Il souligne la réconciliation de la Libye et les efforts de réhabilitation lancés par la Fondation Kadhafi pour le développement pour convaincre le Groupe combattant islamique libyen (GCIL), auparavant affilié à al-Qaida, de renoncer à la violence et au terrorisme. Six membres importants du GICL, détenus dans la prison d'Abou Salim, ont publié un document dans lequel ils affirment renoncer à la violence et vouloir adhérer à une théologie islamique plus saine.

Ce rapport indique que ce document de 417 pages du GICL, intitulé "Etudes révisionnistes des concepts du djihad, vérification et jugement du peuple", donne des interprétations détaillées de "l'éthique et la morale du djihad". Il comprend le rejet de la violence comme moyen de changer les situations politiques dans les pays à majorité musulmane dont les dirigeants sont musulmans, et condamne le meurtre de femmes, d'enfants, de personnes âgées, de religieux, etc. Réduire la notion du djihad à la lutte au sabre est une erreur, ajoute-t-il.

Le rapport du département d'Etat américain ajoute que les autorités libyennes ont libéré quelque 144 anciens membres du GICL et 60 membres d'autres groupes djihadistes de prison après qu'ils eurent achevé leur programme de réhabilitation.

Enfin, ce rapport indique que le Partenariat antiterroriste transsaharien (TSCTP) a réussi à renforcer les capacités des pays de la région du Sahara et du Sahel et à coordonner les efforts, malgré quelques revers politiques enregistrés au fil des années par suite de coups d'Etat, de rebellions ethniques et de mesures extra-constitutionnelles.

Le TSCTP est une stratégie pluriannuelle à différents volets destinée à combattre l'extrémisme violent et à marginaliser les organisations terroristes en renforçant les capacités de lutte antiterroriste de chaque pays et au niveau régional, en améliorant et en institutionnalisant la coopération entre les agences de sécurité et de renseignement de la région, en favorisant la gouvernance démocratique et en discréditant l'idéologie terroriste.

Les objectifs ultimes de cette initiative sont de renforcer les capacités locales des gouvernements du pan-Sahel (Mauritanie, Mali, Tchad et Niger, ainsi que le Nigeria, le Sénégal et le Burkina Faso) ; de relever les défis posés par les organisations terroristes au trans-Sahara ; et de faciliter la coopération entre ces pays et leurs partenaires américains au Maghreb (Maroc, Algérie et Tunisie).

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    يوسف عمر الطه 2012-9-18

    Il es vrai qu'on ne devrait pas garder le silence au sujet de ces choses faites par les américains. Mais en même temps, on ne devrait pas agir de cette façon parce que nous ne devons pas oublier que les auteurs du film sont un groupe de coptes égyptiens. Que Dieu calme nos esprits et qu'Il soulage la détresse de tout le monde !

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    Essid 2010-8-29

    À Arabgirl89: Je crois qu'ils se soucient de l'argent des touristes occidentaux, pas des touristes eux-mêmes. Le tourisme nécessite très peu d’investissement, de ressources, d'instruction. C’est une merveilleuse combinaison pour les dirigeants corrompus. Ils espèrent qu’une population sans instruction n'aura pas d'intelligence pour formuler une opposition persistante, réale. L’investissement, les ressources et l'éducation sont tous les frais que ces dirigeants peuvent éviter. Quant à la limitation des choses symboliquement religieuses (une barbe), une partie de l'explication c’est l’image que les dirigeants corrompus veulent présenter aux consommateurs cibles, mais il a plus à voir avec la crainte des chefs religieux. Bien que les gens sont presque toujours assez intelligents pour comprendre quand les mots des dirigeants contredissent à leurs actions et à leur réalité sociale, les personnes privées d’éducation n'ont aucun moyen d'expliquer les problèmes de la vie. Pour les expliquer, ils se tournent vers le familier: la religion. La religion a sa propre hiérarchie, qui menace les élites politiques. Cependant, l'absence de la religion n'est évidemment pas la cause de la corruption. Regardez les pays laïque comme le Canada et son bilan des droits humains, et puis, l'Iran, qui a un gouvernement religieux, et son bilan. Concernant les stratégies de lutte contre le terrorisme, la «guerre au terrorisme» est une industrie lucrative elle-même. Même si les stratégies, selon la Rand Corporation, qui comprennent les efforts de développement sont beaucoup plus efficaces que le combat punitive pur, ils n'offrent pas de subventions de l'Ouest à ces dirigeants, qui, à leur tour, sont toutes utilisée pour payer les contrats d'armes avec l'Occident (après les dirigeants les ont écrémé).

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    Arabgirl89 2010-8-23

    c'est sûr parce que ces pays se préoccupent davantage des touristes occidentaux qui viennent les visiter, plutôt que de leurs propres populations...en particulier en tunisie où les femmes ne sont pas libres de porter le nikab, les hommes la barbe, où la police se tient près des mosquées... ca me dégoûte. Oh au fait, 'Essid', est-ce que tu es de Tunisie ?? il semblerait qu'on partage le même nom :-)

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    Essid 2010-8-21

    Il est difficile de trouver aucun valeur dans un éloge pour les efforts de lutte contre le terrorisme venant d'un pays dont les efforts de lutte contre le terrorisme ont échoué lamentablement. Peut-être que Pol Pot pourrait nous louer de notre protection de la vie humaine, Kim Jong Il pourrait nous louer de nos institutions démocratiques, Staline pourrait nous louer de notre protection des droits de l'homme et Hitler pourrait nous louer de notre respect interethnique. Désolé, mais les États-Unis a lancé une «guerre contre le terrorisme» que ses dirigeants savaient à l'avance ne réussirait pas. Les États-Unis sait pertinemment que les mesures de prévention sont beaucoup plus productives dans la lutte contre les extrémistes idéologiques que des mesures punitives. Faire la guerre à l'extrémisme veut dire convaincre les extrémistes et leurs recrues potentielles que l'extrémisme n'est pas une option viable pour remédier à leurs problèmes dans la vie. Pour le faire, vous avez besoin de développement social. Les gens ont besoin d'éducation, les possibilités d'emploi, la santé, etc. Pour assurer l’approvisionnement stable de ces choses, la protection militaire est nécessaire, mais les agences de renseignement auront probablement plus de succès à l’élimination des extrémistes dans une société en voix de développement réussi que les tanks et les mortiers l’auraient dans une société de défaut. Je suis fermement convaincu qu'une personne pauvre qui reçoit une éducation et qui a la possibilité de travailler ou de créer sa propre entreprise et d'améliorer sa vie est beaucoup moins susceptibles de choisir le terrorisme qu’une personne pauvre qui voit sa maison soufflée dans une guerre contre le la terreur - ce qui rend difficile de comprendre qui est le héro et qui est le méchant.

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    ahmadsouhil 2010-8-20

    c'est super quand je lis votre article on dirais qu'il a été rediger par sa majesté le roi du maroc et ,depuis quand le maroc a combatu les terroristes a j'oublie c'est a coup se tajine, moi je pense qu'il y a un partis pris, c'est toujours l'algerie et elle seule qui a fait face au terrorisme au moment ou toute les nations vouleaient faire de l'algerie un terrain d'experimentation ainsi que le maroc et son roi hebergé les terroristes de tout bord, et maintenant c'est le maroc qui remporte sa palme d'or sur le terrorisme c'est honteux au moment ou l'algerie rtait en face des hordes barbares nos voisins de l'ouest et de l'est etaient entrain de faire des affaires sur le dos de l'algerie a l'exception de la libye

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    Anonymous 2010-8-17

    Je me demande si le gouvernement Américain se trouve sur la même longueur d'onde que ses partenaires lorsqu'il analyse le phénomène du terrorisme. Je me contenterai de l'exemple de la Tunisie, pays le moins touché mais qui hurle le plus fort et qui prend des mesures relativement draconiennes. L'accusation de terrorisme en Tunisie me semble surtout cibler les journalistes qui essaient de dénoncer les dérives de l'état et les activistes pour une société citoyenne. Une manifestation de mineurs contre la corruption et le chômage comme celle de Redeyef n'a rien à voir avec le terrorisme. Envoyer des forces de sécurité armées jusqu'aux dents tirer sur la foule, assiéger la ville par l'armée, effectuer des arrestations massives suivies de tortures, viols et faux procès, ne peut pas être considéré comme 'le gouvernement Tunisien a fortement mis l'accent sur la lutte contre l'extrémisme et le terrorisme'. L'interdiction de la Ligue des Droits de l'Homme non plus. Que signifie 'en favorisant la gouvernance démocratique'? Est-ce que cela rime avec l'appel des 65 personnalités lancé dans la presse tunisienne le 8 août dernier et exhortant Ben Ali à se représenter à la présidentielle de 2014 pour encore 5 ans? Il y a à peine 9 mois qu'il vient d'être élu pour la dernière fois selon ses propres critères. En 2014 il aura 78 ans et sa Constitution qu'il a lui-même manipulée afin de remplir 5 mandats stipule que l'âge maximum d'un candidat ne doit pas dépasser 75 ans. Un nouveau viol constitutionnel est donc en route. Parmi les signataires de l'appel j'ai relevé le nom d'un panéliste de Zawaya, l'intègre sociologue et journaliste Khemaies Khayati. Jusqu'à présent cette information n'a été traitée par Magharébia. Je pense qu'elle en vaut la peine et qu'elle mérite d'être commentée.

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