Voulez-vous faire du français votre langue par défaut sur ce site ?

2009-09-16

Les gâteaux de l'Aïd passent du "fait maison" au "rouleau industriel" en Algérie

Par Mouna Sadek pour Magharebia à Alger – 16/09/09

  • 5

Le commerce des gâteaux traditionnels de l'Aïd devient un business prospère en Algérie, où les nombreuses femmes qui travaillent n'ont plus le temps de préparer ces friandises.

Il semble loin le temps où les femmes se regroupaient pour confectionner les gâteaux au miel indispensables à la fête de l’Aïd al-Fitr.

Aujourd'hui, nombre d'entre elles, qui doivent équilibrer travail et vie familiale, préfèrent acheter les sucreries traditionnelles directement auprès des commerçants. "Le Ramadan a été éreintant", explique Fadhéla, employée dans une entreprise publique. "Entre le travail, les enfants et l’obligation de préparer chaque jour un repas copieux pour l’iftar, il ne reste plus de temps pour confectionner les gâteaux de l’Aïd."

Les prix des gâteaux varient selon leur type. Les gâteaux aux amandes sont bien plus chers que les pâtisseries de type occidental. Le prix d'un gâteau oscille entre 35 et 50 dinars.

"Ces gâteaux exigent un travail minutieux. On ne peut pas les vendre au même prix que les autres pâtisseries", explique Mourad, chef pâtissier dans la rue Meissonier à Alger. "Et il ne faut pas oublier la hausse du prix des matières de base, notamment le sucre et l’huile."

Mourad explique que la demande de gâteaux traditionnels atteint un pic "inégalé" à partir du 27ème jour du mois du Ramadan.

D’autres femmes se tournent vers les "expertes du rouleau" pour la confection des gâteaux de l’Aïd. Fouzia, femme au foyer, réalise des "gâteaux-maison" pour les plus pressées.

"J’ai toujours été douée pour les gâteaux traditionnels. Je me suis dit pourquoi ne pas en profiter pour gagner un peu d’argent, d’autant que la vie devient extrêmement chère", explique-t-elle.

A 25 dinars la pièce, elle facture ses gâteaux mois cher que les commerces et demande à ses clientes d’apporter elles-mêmes les produits nécessaires à la confection. Fouzia explique travailler "toute l'année", réalisant notamment des gâteaux au miel pour les circoncisions, les mariages, les fêtes religieuses et les baptêmes.

Mais il reste tout de même des gardiennes des traditions qui tiennent à faire elles-mêmes les gâteaux de l’Aïd.

"Même si mes gâteaux ne sont pas aussi réussis que ceux des commerces, je tiens à les faire moi-même", explique Nouria, une fonctionnaire à la retraite. "La confection des gâteaux fait partie de la fête de l’Aïd. Je n’envisage pas une fête sans mes gâteaux ."

Hamid, 40 ans, regrette l’odeur de l’eau de fleur d’oranger et des amandes torréfiées qui embaumaient la maison de son enfance. "J’aimerais que mes enfants s’imprègnent de cette ambiance si particulière pour qu’ils puissent redonner les mêmes sensations aux générations à venir", affirme-t-il en se rappelant l'odeur de la cuisson des gâteaux. Il demande à sa femme de ne pas acheter les gâteaux dans les magasins.

Hadj Brahim, boulanger à Hussein Dey, à Alger, se rappelle le temps où les enfants apportaient des plateaux de gâteaux pour les faire cuire dans son four.

"Nous étions très sollicités par les ménagères pour la cuisson des gâteaux-maison. De nos jours, les gens préfèrent les préparer chez eux ou carrément les commander", explique-t-il avec regret.

Brahim explique que même l’aspect des gâteaux a changé au gré des ans et des modes. Alors que les gâteaux en vogue autrefois étaient halwet el tabâa, halwa lambout, al-ghribia et al-kâak, la ménagère d'aujourd'hui ne jure plus que par les "cravates", les "éventails", les "chapeaux" ou les "princesses".

Que pensez-vous de cet article ?

9

Abonnez-vous à notre newsletter et recevez les derniers articles de Magharebia dans votre boîte aux lettres électronique.

PUBLIEZ VOTRE COMMENTAIRE 5

Anonymous thumb

Vous n'êtes pas inscrit. Les commentaires anonymes sont vérifiés. Inscrivez-vous pour que votre commentaire soit publié immédiatement - En savoir plus

Ou publiez votre commentaire en utilisant :

* INDIQUE UN CHAMP OBLIGATOIRE

  1. Anonymous thumb

    ummunabila02gamil.com 2010-7-15

    Merci pour nous avoir montré ces pâtisseries des temps anciens. Que Dieu vous protège. (Oum Nabila)

    • 0 Aime

  2. Anonymous thumb

    simbad 2009-9-24

    Je suis Simbad, et j'apprécie énormément les"gateaux de l'aid particulièrement tcharek l'harienne,griouche,et halouet taba'a.merci, pour cette article.

    • 0 Aime

  3. Anonymous thumb

    Houhou 2009-9-22

    Il est évident que les multiples occupations de la femme d'aujourd'hui réduisent de beaucoup le temps qu'elle pourrait consacrer à la confection des gâteaux. Je ne peux imaginer néanmoins que la plupart des maisons d'un même quartier voire même de la même ville puissent servir les mêmes gâteaux provenant du même pâtissier!!! Découvrir les saveurs des gâteaux des autres faisait partie du charme de l'Aid de mon enfance... C'est quand même dommage de perdre nos traditions petit à petit. Je me demande vraiment ce qu'il nous en restera d'ici quelques décennies !!!

    • 0 Aime

  4. Anonymous thumb

    BEN 2009-9-17

    Ce qui manque le plus en Algérie,ce sont des écoles de cuisine pour hommes,en vue que ces derniers se passeront de leurs femmes dans le domaine culinaire traditionnel. Les plus avisés,ont trouvé la solution;Epouser une marocaine. Bonne fête à tous et à toutes.

    • 0 Aime

  5. Anonymous thumb

    mab65 2009-9-16

    En lisant cette article,je me suis replongé dans mon enfance ou les arômes et l'odeur de la cuisson nous annoncaient la fin du mois de Ramadhan et l'approche de l'Aid.Hélas !Cela est devenu de l'histoire ancienne dûe à plusieurs facteurs.Chereté de la matière première,l'effet de mode ,avec les nouveaux g^teaux à la mode,ce n'est pas tout le monde qui pourra les confectionner.En plus les mamans ont un peu contribuer à la disparition de ses habitudes.Tellement elles veulent que leurs filles se réalisent dans la société machiste et réussissent dans leur études ,que ce n'est pas toutes les femmes qui ont donner le flambeau.

    • 0 Aime