2008-06-11
Un calme prudent après un affrontement fatal à Redayef
Par Jamel Arfaoui pour Magharebia à Tunis – 11/06/08
Le calme est revenu dans la ville minière de Redayef, dans la partie la plus au sud de la Tunisie, après que des affrontements violents entre les habitants et la police, renforcée par des hommes armés, aient fait un mort et de nombreux blessés, le week-end dernier.
Depuis le début de l'année les tensions à Redayef n'ont fait qu'accroître entre les autorités locales et les jeunes chômeurs, qui ont échoué à passer l'examen d'entrée de la Compagnie des Phosphates Gafsa (CPG). Les habitants ont clamé que l'entreprise avait fait usage de favoritisme et de népotisme dans la sélection de ses futurs employés, une accusation qu'a démenti la CPG.
Les conditions de vie qui ne cessent de se déteriorer et un taux de chômage croissant ont fait monter la tension à Redayef et à la ville voisine d' Oum Larais, en particulier parmi les diplômés d'université.
Un communiqué rendu public vendredi 6 juin par la population de Redayef condamne ce qu'elle a appelé "l'assassinat du martyr Hefnaoui Megzaoui", et demande que "tous ceux qui sont responsables de ce meurtre rendent des comptes et soient punis" ; que l'état d'urgence non-déclaré soit levé ; et que le siège de la police soit sorti de la ville".
Bechir Takari, Ministre tunisien de la Justice et des Droits de l'Homme, a déclaré que de tels incidents avaient lieu dans tous les pays. "Les enquêtes préliminaires établissent qu'un groupe a été arrêté en train de préparer des cocktails molotovs," dit-il. "Ils étaient en état d'arrestation, mais se sont opposés à l'intervention des services de sécurité, et cela a mené a des échauffourées qui ont eu pour conséquence la mort d'un homme".
"La situation est tendue, dit Mokhtar, habitant de Redayef, à Magharebia. Il a refusé de faire part de son identité complète. "On ne trouvera pas la solution dans la ville de Gafsa, elle est dans la capitale. "
Les membres de toutes les catégories de la société tunisienne, dont ceux qui sont connus par ailleurs pour leur loyauté au régime, ont rejeté la stratégie utilisée par la police au coeur des manifestations, décrivant son comportement comme violent et irresponsable.
Le Syndicat Général du Travail tunisien, le plus grand syndicat du pays, a rendu public un communiqué exprimant son inquiétude au vu de ces violences et appelant le Gouvernement à offrir des opportunités en toute égalité aux chômeurs. "La solution à apporter aux conflits sociaux ne peut être trouvée en recourant à la violence. Elle se révélera plutôt à travers le dialogue entre toutes les parties concernées", établit-il.
Pendant ce temps, le parti Vert pour le Progrès (PVD) a appelé le Président Zine El Abidine Ben Ali à porter davantage d'attention à la zone minière de Gafsa, en prenant des mesures visant à soutenir "les programmes de développement provinciaux".
D'autres groupes ont souligné la nécessité de l'exécution convenable du droit civil à manifester. Le Part Social Libéral a dit : "Les critiques et les manifestations sont des droits civils basiques, mais ils doivent être mis en oeuvre en conformité totale avec les règles de la loi. Les demandes, aussi légitimes qu'elles soient, ne donnent pas à ceux qui les formulent le droit d'enfreindre la loi et de faire des ravages".
Le taux de chômage dans le Gouvernorat de Gafsa est élevé par rapport aux autres. Si le chiffre officiel l'estime à 24%, des sources indépendantes le situent à hauteur de 40%. Le taux de chômage en Tunisie, au niveau national, est de 14%.
A travers ce qui semble à de nombreuses personnes un signe d'apaisement, le Président a décidé, lundi, de renvoyer le Directeur-Général de la CPG, qui est le premier employeur de la région.
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![[Getty Images] La police tunisienne et des hommes armés ont affronté les jeunes au chômage dans la ville minière de Redayef, la semaine dernière. Les politiques et les habitants ont appelé au dialogue pour résoudre les tensions économiques et sociales.](/awi/images/2008/06/11/20080611feature2photo-271_179.jpg)
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اليمام الجريح 2008-6-18
Nos revendications sont de jouir des droits dont nous avons été privés parce que nous appartenons au sud. Ces droits sont réservés aux populations du nord et de la côte. Cette question fait partie de la recherche d'égalité à laquelle vous aspirez.
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ريهام 2008-6-18
Quand avez-vous mis les gens en esclavage ? Leurs mères ne leur avaient-elles pas donné naissance en tant qu'individus libres ??
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سمير ك. 2008-6-15
Redayef est une ville assiégée de toutes parts par différents groupes de sécurité qui s'efforcent d'arrêter le plus grand nombre de jeunes possible. Ils sont accusés d'avoir participé aux récentes manifestations, sur la base d'une photo postée par des jeunes sur un CD, ces derniers voulant faire connaître leur cause. Des dizaines de jeunes gens ont été arrêtés et confinés dans des prisons spéciales (appelées Guantanamo et Abou Ghraib par les résidents locaux). Il y a des postes de sécurité où les jeunes sont torturés et même ceux qui sont parvenus à rendre visite à leurs proches ne les ont pas reconnus sous l'effet des coups et des chaînes. Des douzaines de personnes blessées lors des affrontements du 6/6/2008 sont également persécutées par les forces de sécurité... Malgré la présence de l'armée en face des institutions, les équipes de sécurité ont fait feu sur les manifestants le 7/6/2008 et ont blessé le jeune Brahim Fajraoui à l'épaule, alors qu'il était sans armes et au milieu d'une foule de gens... Nous, les habitants de Redayef, demandons à toutes les populations libres dans le monde d'intervenir afin de faire cesser ces injustices commises à notre encontre.
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Anonymous 2008-6-13
A Vous de voir si vous voulez le traduire ou pas La radio et la télévision et voir même les journaux, ont évité d'en parler! C'est un sujet dont on doit pas parler! L'information passe avec une grande difficulté et ne permet pas à tout le monde de savoir ce qui se passe vraiement. C'est un état qui camoufle et qui cache tout. C'est inssuportable. Je suis né en 1981, et je n'ai jamais vu que l'état faire un effort pour montrer sa franchise et dire la vérité
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