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2007-04-11

Des explosions meurtrières touchent la capitale algérienne

Lyes Aflou à Algiers a contribué à ce reportage -- 11/04/2007

Un jour seulement après qu'un raid des forces de police ait déclenché des explosions multiples au Maroc, deux bombes ont touché la capitale algérienne d'Alger. Ce sont quatre véhicules piégés qui ont explosé dans la ville à peu de temps d'intervalle, peu avant midi, mercredi 11 avril, faisant de nombreuses victimes.

La première bombe a visé un immeuble gouvernemental dans la ville d'Alger, et les autres un commissariat de police de Bab Ezzouar, un quartier de l'est de la capitale à proximité de l'aéroport international. Dans un rapport préliminaire, les forces de sécurité annoncent un bilan de 30 morts et de 110 blessés.

Au centre d'Alger, une voiture piégée a explosé à proximité des bureaux du Premier Ministre Abdelaziz Belkhadem, tuant de nombreux officiers de police ainsi que des passants, et blessant de nombreuses personnes. Les fenêtres des immeubles et les véhicules environnants ont été décimés par la force de l'explosion, projetant du verre et des débris sur une zone de 200 mètres. Les corps déchiquetés des victimes parsemaient les trottoirs lorsque les premiers secours sont arrivés.

La bombe de Bab Ezzouar a sévèrement endommagé un commissariat de police et a détruit une centrale électrique appartenant à l'entreprise Sonelagaz.

les deux attaques se sont produites d'une manière qui était presque simultanée, il était approximativement 10 heures 45 du matin.

Au milieu de la journée, le verre et les autres débris causés par l'attaque jonchaient encore le lieu du drame au centre d'Alger, dans un rayon qui s'étendait depuis l'entrée d'un immeuble massif appartenant au Gouvernement et qui abrite aussi le Ministère de l'Intérieur. Un témoin oculaire raconte qu'un nuage épais de fumée noire s'élevait sur le site de l'explosion violente, et que la façade du Palais du Gouvernement avait été déformée sous le choc de l'explosion.

Alors qu'il visitait le site, le Premier Ministre Abdelaziz Belkhadem a fermement condamné l'attaque en la qualifiant de "criminelle et lâche, perpétrée à un moment où tous les algériens recherchent l'unité nationale".

Abdelkrim Dahmane, représentant de la Société du Mouvement de la Paix (MSP), un parti islamiste du Parlement, a déclaré son opposition aux attentats dans une interview accordée à Al-Jazeera, en les mettant dans la même catégorie que les explosions perpétrées à Casablanca, le jour précédent.

Un représentant de l'Organisation Al-Quaida pour le Maghreb Islamique, nouvelle appellation du Groupe Salafiste pour le Prêche et le Combat (GSPC), a revendiqué les attentats au nom d'Al Quaida.

Ces attentats sont les plus meurtriers à Alger depuis des années. Une habitante de la zone, Yasmina Kabli, qui passait devant le Palais du Gouvernement peu de temps avant l'explosion, dit que ces attaques ramènent Alger aux heures noires de son histoire, lorsque les bombes y explosaient quotidiennement.

Les élections législatives auront lieu le 17 mai en Algérie, et beaucoup redoutent des attentats provenant des militants islamistes ayant pour but d'entraver le processus démocratique.

Les deux attentats arrivent quelques jours après un échange féroce entre l'armée et un groupe islamiste, samedi soir, près d' Ain Defla, à l'ouest d'Alger, au cours duquel 9 soldats avaient été tués. L'armée est aussi engagée dans la troisième semaine d'assiègement et d'opérations de recherche de grande envergure à l'encontre de militants de Bejaia, dans la région Kabyle à l'est de la capitale.

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