2007-03-11
Les mauritaniens attendent les éléctions présidentielles avec impatience
Par Mohamed Yahya Ould Abdel Wedoud et Mohamed Khayar pour Magharebia à Nouakchott – 09/03/07
Les rues mauritaniennes sont prises d'assaut par des gens en attente de rassemblement.les murs urbains disparaissent derrière les photos des 19 candidats à la Présidence qui ne cessent de parcourir le pays depuis le Palais de Nouakchott. La conviction profonde de l'éléctorat est que le pays est riche, mais la population pauvre. Les gens sont fatigués et lassés de leur longue histoire faite de faux-semblants démocratiques, et sont prêts à élire un président qui saura construire une Mauritanie prospère.
L'éléction du dimanche 11 mars est l'étape finale de la transition démocratique promise par Ely Ould Mohammed Vall, leader de la junte militaire qui a pris le pouvoir lors d'un Coup d'Etat en août 2005. Junte qui a également prévu des élections parlementaires et locales en novembre 2006, et des élections sénatoriales en février. Vall a promis de se retirer dès lors qu'un nouveau président aura été élu, et les membres de la junte militaire retourneront à leurs anciens postes.
Le Président sera élu pour une durée de cinq ans avec un mandat renouvelable. Si aucun des 19 candidats ne devait atteindre les 50%, un second tour se tiendra le 25 mars entre les deux candidats les plus sollicités au moment du vote.
Ce sont plus d'1.3 millions d'élécteurs qui sont attendus afin de glisser leurs bulletins dans l'urne, dans les bureaux de vote répartis dans tout le pays. Les éléctions précédentes s'étaient déroulées sans difficulté, mais certains candidats, ainsi que leurs comités de soutien, réclament davantage de garanties au niveau de la transparence électorale. Des représentants des partis en lice, dans les bureaux de vote locaux, ont demandé que des copies des rapports officiels des votes leur soient remises, avant qu'elles ne parviennent à la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI). Ces représentants ont souligné qu'il serait important de les autoriser à ajouter leurs propres commentaires aux rapports transmis.
La presse mauritanienne locale a désigné quatre favoris dans l'éléction de dimanche. Zein Ould Zeidan, qui est le plus jeune candidat, a un doctorat en économie et une expérience dans la gestion bancaire. Ahmed Ould Daddah est un vétéran de la politique, armé de 20 ans d'expérience dans l'opposition. Sidi Ould Cheikh Abdellahi est le candidate le plus âgé, et est entouré d'hommes qui ont travaillé aux côtés de l'ancien Président du Parti Républicain démocratique et social (PRDS) de Maaouiya Ould Taya. Saleh Ould Hanena, au passé militaire reconnu, drainera le vote islamiste du pays, en raison de sa promesse de rompre les liens diplomatiques avec Israël, s'il était élu.
Certains candidats se sont inquiétés d'un discours fait par Vall, au cours duquel il exprimait son soutien aux candidats indépendants, discours qui, selon eux, marque un vrai manque de neutralité. "Ce discours est une manière de dire que le chef de l'Etat ne veut pas se retirer, et cela est une cause d'inquiétude", remarque Massaoud Ould Bolkheir, leader de l'Alliance Progressive Populaire. A l'occasion d'une conférence de presse donnée le 30 janvier, Vall avit déclaré qu'il "ne se présenterait pas comme candidat à quelque poste élu que ce soit, avant qu'un président ne soit désigné".
Dans l'ensemble, les mauritaniens sont contents du processus démocratique. "Les sans-pouvoirs sont forts maintenant parce qu'il sentent qu'ils peuvent élire leur prochain président, sans subir de pressions, "dit un journaliste local.
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![[Mohamed Yahya Ould Abdel Wedoud] Les rues mauritaniennes sont prises d'assaut par des gens en attente de rassemblement.](/awi/images/2007/03/11/070311awifeature1-271_179.jpg)
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