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2011-01-19

La blogosphère réagit à la révolution tunisienne

Par Mona Yahia pour Magharebia à Tunis – 19/01/11

  • 8

Ce sont des sentiments mitigés qui emplissent la blogosphère tunisienne, avec les réactions des gens aux grands changements que traverse le pays. L'excitation, l'espoir et la fierté se mêlent à la peur et à la prudence.

"J'ai 46 ans, et pour la première fois de ma vie, j'irai voter. C'est un sentiment de fierté", écrit Mon Massir.

"Mais j'ai peur aujourd'hui. Saurons-nous répondre aux enjeux ? Les choses vont-elles vraiment changer ?", ajoute-t-elle, mettant en garde sur le fait que "la bataille n'est pas encore gagnée".

Pour les Tunisiens à l'intérieur et à l'extérieur du pays, la révolution a servi d'élan pour faire entendre leurs voix.

"Aujourd'hui plus que jamais, je ressens le besoin urgent d'écrire et de partager mes opinions et mes idées avec le monde entier. Ma voix ne sera peut-être pas entendue dans le tumulte de la révolution, mais cela ne m'empêchera pas de hurler, parce que, étant loin de mon pays, c'est pour moi la seule thérapie pour ne pas imploser", écrit Houblog.

Après l'annonce du gouvernement intérimaire, le blogueur Wled El Banlieue a commenté : "Après 23 ans de voix politique unique en Tunisie, nous découvrons maintenant le pluralisme. Apprenons la démocratie."

Sous le titre "La Tunisie est nôtre et nous en serons responsables", Khal Wa Lil écrit : "Notre pays connaît aujourd'hui un moment historique décisif de son histoire ; un moment sans précédent, si ce n'est, peut-être, le moment de son indépendance."

"Au milieu de ce soulèvement massif, les évènements se sont accélérés et les développements s'enchaînent d'une manière telle qu'il est désormais difficile pour nous d'en suivre les conséquences. La plupart des milieux et des observateurs étrangers s'accordent à considérer ces évènements comme une révolution au plein sens du terme ; une révolution qui s'est attirée l'attention et la sympathie du monde, et qui a été appréciée pour sa nature civilisée et pacifique. Dans la mesure où cette révolution a éclaté spontanément depuis les profondeurs du pays et de son peuple, elle doit être préservée et protégée."

Si certains ont été rapides à saluer les changements, d'autres en revanche ont appelé à une approche graduelle, soulignant que les gens "ne peuvent pas tout changer du jour au lendemain".

"Je pense, comme l'ancien leader Habib Bourguiba l'a confirmé, que nous devrons procéder par étapes", écrit Emma Benji. "Un travail en profondeur doit être fait pour changer les mentalités, la culture des institutions et de l'administration."

Les blogueurs ont également partagé leurs sentiments sur la formation d'un nouveau gouvernement.

"Je suggère d'impliquer le secteur privé et les membres des professions indépendantes dans un gouvernement de technocrates", écrit Tunisie-révolution.

Underash commente : "Nous ne voulons pas que notre révolution perde son cours. Il ne fait aucun doute que le Rassemblement constitutionnel démocratique (RCD) était imprégné de corruption et qu'il a commis des violations extrêmement graves à l'égard du peuple tunisien, et qu'il doit, par conséquent, être dissout. Mais que nous le voulions ou non, ce parti, qui a pris son appellation actuelle avec Ben Ali, est l'héritier du Parti libéral constitutionnel et du Parti socialiste constitutionnel, et a dominé la scène politique du pays pendant plus de 50 ans."

"Il comprend donc un grand nombre de personnes compétentes parmi ses membres, et nous ne devrions pas les exclure maintenant sous le prétexte qu'elles étaient actives dans le parti. Nous savons tous que l'adhésion à ce parti n'était pas une option, mais une obligation pour tous les hauts responsables de l'Etat, et que la peur, plus que la conviction, était la cause principale de ces adhésions", écrit le blogueur.

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  1. Anonymous_thumb

    العالمي 2011-9-13

    J'espère que vous soutiendrez et que vous aiderez les syriens à renverser ce tyran et son régime corrompu.

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    imane ajem 2011-2-1

    La paix de Dieu soit sur vous. Mon nom c'est Imane. Je vous souhaite de réussir.

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    Samia 2011-1-24

    Je ne comprends pourquoi le gouvernement de transition s'entête à ne pas écouter la voix du peuple. Les manifestants dans toutes les villes ne suffisent-ils pas pour qu'ils arrêtent de nous ingurgiter le mm langage de bois qui dit que des groupes veulent créer le vide dans le pays? Et puis de quel vide parle t- on? La Tunisie regorge de compétences capables de tenir le pouvoir jusqu'aux élections. Pourquoi cet entêtement? Est-ce l'aimant du pouvoir ou est-ce qu'il y une force quelconque qui les impose et leur impose de tenir tête au peuple et sa volonté? "Si le peuple choisit la vie, assurément le destin s'y plie." Abou Kacem Chabbi. Basta! Assez! Stop! KFAYA DICTATURE! Yezzi! Obéissez à la volonté du peuple, vous, les héritiers du dictateur! http:samialamin.overblog.fr

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    Anonymous 2011-1-24

    La police internet de Ben Ali est encore active, à ce que je vois. Qu'a donc à voir Karadawi avec la Tunisie ? Est-ce que la révolution tunisienne est une révolution islamique, comme en Iran? La prochaine fois on pourra s'attendre à plus de mails médiocres de ce genre de la part du dénommé Abdelkader et de ses amis, qui voudraient discréditer la révolution tunisienne. Mais qu'est-ce qu'il pense de la tenue de Laila Ben Ali en Arabie Saoudite ? Dès qu'elle a posé le pied à Djedda elle a enfilé le nikab et signé un document stipulant qu'elle porterait le nikab au cours de tout son séjour en Arabie Saoudite. Elle s'abstiendra aussi de boire de l'alcool, elle ne portera pas de hauts talons et ne quittera pas le palais sans qu'un tuteur masculin ne la surveille. Cela semble plus intéressant que l'appel de Karadawi, et plus ridicule aussi. J'aurai pensé que l'ex-première dame et son mari étaient des champions de la liberté des femmes. Pourquoi n'ont-ils pas choisi un pays conformément à leurs convictions profondes ? Pourquoi est-ce qu'ils ont voulu marcher sur les pas de Hadj Amin Dada qui a fini ses jours à Djedda? Amusez-vous bien.

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    Anonymous 2011-1-23

    Je reviens encore une fois sur le sujet de l'article de Jamal Arafaoui sur les réactions Tunisiennes concernant Al Jazeera. Dans son article J. Arfaoui a donné la parole à Abdallah Kallal, le président de la Chambre des Conseillers de Ben Ali (Sénat) afin qu'il donne des leçons d'éthique journalistique à Al Jazeera. Il est impossible que J.Arfaoui ne soit pas au courant du fait que Kallal est après Ben Ali le criminel no 1 de la Tunisie. Quand il était ministre de l'Intérieur il a torturé des milliers d'opposants dont de nombreux journalistes. Aujourd'hui dimanche 23-1-2011 l'Agence Tunisienne de Presse, TAP, vient d'annoncer son arrestation. Nul doute qu'il sera jugé pour ses crimes contre l'humanité.

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    عبدالقادر 2011-1-21

    Au cours du sermon du vendredi aujourd'hui, après avoir salué la révolution de la population tunisienne, le prêcheur islamique Sheikh Qaradaoui l'a dédiée au mouvement islamique en appelant les femmes tunisiennes à porter le Hijab.

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    Anonymous 2011-1-21

    Je voudrais attirer l'attention sur une émission de France24 que je viens de voir: l'émission Opinions présentée par Bernard Cadier. Son invité Fabrice Epelboin l'éditeur de ReadWriteWeb a fait des révélations très intéressantes concernant les manipulations médiatiques de Ben Ali. Elles font découvrir un cerveau vicieux proche de celui du père de la propagande Goebbels. Étant tombé sur des sites islamistes agressifs, Fabrice Epelboin a voulu les pénétrer. Mais il a découvert qu'il s'agissait de la police de l'internet de Ben Ali chargée d'un travail d'intoxication sur le web. Ces policiers qu'il qualifie de très vicieux et très agressifs se font passer pour des islamistes pour faire peur aux gens. D'après Epelboin leur nombre doit varier entre 600 et 1000 individus. Ceci confirme mes observations personnelles sur de nombreux sites dont celui de Magharebia qui a été lui aussi ciblé. Je me suis souvent élevé contre des articles portant la signature de Jamal Arfaoui et de Saloua Charfi parce que je reconnaissais dans leurs écrits la propagande de l'Agence Tunisienne de la Communication Extérieure. Je cite comme exemples deux articles de Arfaoui datés du 7-1-2011 et titrés:"Les droits de la femme remis en cause en Tunisie" et "La coercition religieuse menace les femmes Tunisiennes". Ces deux articles ont suscité à part des indignations contre la manipulation, de fausses réactions indignées appuyant la ligne propagandiste de l'auteur. Après la chute de Ben Ali ces interventions sur le web ont beaucoup diminué. Je voudrais souligner que les manifestations anti Ben Ali n'avaient pas de slogans religieux et n'étaient pas organisées par des partis politiques opposés à lui. La manipulation de l'internet au moment où Ben Ali était ouvertement rejeté n'a pas servi le dictateur.

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    Anonymous 2011-1-20

    "Ma voix ne sera peut-être pas entendue dans le tumulte mais cela ne m'empêchera pas de hurler". Comme je me reconnais dans ce cri de Houblog cité plus haut! Pendant des années je n'ai pas cessé de hurler ici. J'ai dénoncé les manipulations de la propagande de Ben Ali qui infectait des articles de correspondants à Tunis. Les Tunisiens connaissent le but de l'Agence Tunisienne de la Communication Extérieure (ATCE) chargée de mener une campagne de désinformation internationale. À travers les lignes de certains articles de correspondants je sentais l'haleine nauséabonde du censeur Tunisien qui me donnait en même temps l'occasion d'exposer la vérité. Un exemple honteux de désinformation a été un article mettant en doute le prestige de Al-Jazeera pendant la révolution Tunisienne. L'immense succès de cette chaîne qui a tenu les Tunisiens au courant des évènements que leurs médias leur cachaient a été souligné par les médias occidentaux. J'ai trouvé honteux que pour dénigrer Al Jazeera le correspondant à Tunis s'est cru obligé de nous donner l'opinion de l'un des plus grands criminels du régime Ben Ali, Abdallah Kallal. Cet ancien ministre de l'intérieur pendant les années '90 a planifié la torture systématique et procédé à la torture de milliers d'opposants dans les caves de son ministère, parmi lesquels de nombreux journalistes. Plusieurs sont morts. Il a été dénoncé par des organisations des droits de l'homme et poursuivi par la justice Suisse mais a pu s'échapper. Un correspondant nous l'a présenté comme donneur de leçons en éthique journalistique. Je remercie la rédaction d'avoir presque toujours publié mes réactions où, preuves à l'appui, je dénonçais les mensonges et corrigeais le tir. Combien de journalistes Tunisiens vont bientôt retourner leur veste?

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