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2009-10-16

Les blogueurs du Maghreb parlent de changements climatiques et de santé

Les blogueurs du Maghreb ont consacré ces derniers jours à traiter des questions d'environnement et de santé dans la région, du commerce équitable de l'huile d'argan et de la préservation des trésors architecturaux dans les vieux quartiers des villes d'Afrique du Nord.

A l'occasion de la Journée d'action sur les blogs, le 15 octobre, les blogueurs du Maghreb se sont intéressés aux effets des changements climatiques et des réponses apportées par leurs pays à cette question.

Taha Balafrej, de Vues du Maroc, écrit ainsi : "Le Maroc se trouve dans une région vulnérable aux effets néfastes du changement climatique". Balafrej estime nécessaire que le Maroc, ainsi que les autres pays en développement, organisent des négociations avant la conférence des Nations Unies sur les changements climatique de Copenhague, en décembre.

Mouad, du Maroc, ajoute : "Durant les 15 dernières années, les Marocains (comprenez les hommes & les femmes) ont commencé petit à petit à adopter les attitudes de la société de consommation, notamment les citadins." Les Marocains, "comme tout le reste du monde, contribuent au réchauffement du climat dans le monde à travers leur mode de vie, le plus souvent inconsciemment et d'une façon directe ou indirecte."

"N'oublions pas que le Maroc est un pays à vocation agricole, où beaucoup d'agriculteurs sont petits et dépendent de la pluie pour vivre", conclut Mouad.

Selon le Marocain Omar El Hyani, "une prise de conscience commence à émerger, mais dépasse rarement le stade d’intentions ou de stratégies annoncées en grande pompe. Dans un pays miné par plus de 40 pour cent d’analphabétisme, les mentalités sont difficiles à changer."

Balafrej note l'appel du Roi Mohammed VI au gouvernement marocain pour "élaborer un projet de Charte nationale globale de l’environnement". Une telle charte permettrait de préserver les espaces et les ressources naturels. Balafrej souligne toutefois que la France a annoncé une charte similaire, et qu'il a fallu quatre ans pour parvenir à des résultats. Le Maroc, lui, s'est donné six mois. Et Balafrej de se demander si le Maroc "fera en six mois ce que la France a mis quatre ans à faire ?"

Sur une note également écologique, le blog tunisien Journal Non-Intime se penche sur la question du "recyclo-design", à savoir les objets pouvant être réalisés en plastique recyclé.

Les blogueurs du Maghreb ont également abordé un autre sujet d'importance, celui de la santé. Startup Tunisia rapporte que de nombreux professionnels de la santé, notamment plus de 50 pour cent des médecins français, "ne seraient pas prêts à se porter volontaires pour être vaccinés contre le virus H1N1". Il en va de même pour les infirmières, toujours selon le sondage IFOP cité par le blogueur, qui indique que seuls 26 pour cent des infirmières souhaitent être vaccinées. "Même cas aussi pour la Grande-Bretagne, dont 50 pour cent des médecins refusent de se vacciner", ajoute le blogueur.

The View from Fez ajoute que les Marocains ont été informés des mesures de précaution à prendre pour éviter de contracter la grippe porcine pendant le hajj, après une mise en garde des autorités saoudiennes.

Dans un post intitulé "La vie tranquille des urgences", Boukornine parle du mauvais état du secteur hospitalier en Tunisie, bien que le pays soit classé premier dans le monde arabe et en Afrique en termes de qualité de vie.

Sur le front économique, The View from Fez écrit à propos de l'usage ancien de l'huile d'argan, dont la popularité ne cesse de s'affirmer dans le monde entier. Le blogueur note qu'il faut “15-20 heures pour produire les 2 1/2 kilos d'amandes nécessaires à la production d'un litre d'huile”. Mais "il est certain que les femmes qui travaillent si dur pour produire cette huile fabuleuse voient très peu des 346,50 dirhams marocains en moyenne qu'une femme occidentale est prête à débourser pour se frotter les cheveux."

Terminant cette tournée de la blogosphère, le Tunisien Barberousse analyse l'état de la ville ville de Tunis et sa préservation. Un ancien plan urbain prévoyait de détruire plusieurs bâtiments et de prolonger un grand boulevard dans le vieux quartier. Les habitants ont résisté, et en 1979, ce quartier de Tunis a été porté sur la liste du patrimoine de l'humanité de l'UNESCO.

Barberousse note toutefois que depuis lors, l'état de la vieille ville s'est détérioré, au point qu'elle est devenue une honte.

"Sauver la médina ne consiste pas à collecter quelques fonds pour restaurer tel ou tel bout de monument ni à ouvrir une poignée de restaurants dans la casbah”, écrit le blogueur. “Il s’agit plutôt d’une action radicale, qui permette de refaire vivre ce centre historique."

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