Les Marocains souhaitent des maisons des jeunes plus nombreuses et mieux financées
2009-08-07
Malgré des moyens financiers limités, les maisons des jeunes jouent un rôle important au Maroc, en fournissant aux jeunes un lieu d'accueil et des activités.
Texte et photos par Siham Ali pour Magharebia à Rabat — 07/08/09
![]() Les maisons des jeunes sont un lieu d'apprentissage et de développement au Maroc. |
Samira M., mère salariée dans la ville de Témara, explique que que la maison des jeunes de son quartier est le seul endroit où elle laisse sortir ses deux enfants âgés de 13 et 15 ans en toute tranquillité.
"Nous n’avons aucun autre endroit ici à Témara où mes fils peuvent passer d’agréables moments en toute sécurité tout en bénéficiant d’un bon encadrement… [et] participer à des activités culturelles comme le théâtre", explique-t-elle.
Pour les jeunes des classes populaires, les 467 maisons des jeunes du Maroc restent virtuellement les seuls endroits où aller s'amuser et apprendre des activités comme le théâtre, la musique, les arts, les sports, la danse et le cinéma. Et bien que certaines soient pointées du doigt en raison de l’insuffisance de l'encadrement et des activités organisées, elles restent très prisées par des gens comme Samira.
De nombreuses personnes souhaiteraient voir le gouvernement investir dans leur amélioration et ouvrir plus de ces maisons, qui dépendent du ministère de la Jeunesse et des Sports et sont fréquentées par plus de six millions de jeunes chaque année.
"Vu que ces clubs ont un grand rôle à jouer, les responsables doivent veiller à les développer davantage et à en construire d’autres pour absorber la demande", explique Marwa, une amie de Samira, qui estime que sans ces établissements, les jeunes passeraient leur temps à errer dans les rues ou dans les cafés. "Ce serait bien si le club avait plus de moyens", ajoute-t-elle.
L'opinion de Marwa est reprise par la sociologue Jamila Berdai, qui explique que les maisons actuelles, au nombre de 177 dans les régions rurales et de 259 dans les zones urbaines, ne sont pas assez nombreuses pour répondre à la demande. Elle souhaite que des mesures gouvernementales soient prises pour en multiplier le nombre.
![]() Ces maisons des jeunes donnent aux ONG sla possibilité de développer leurs activités à un niveau de proximité. |
"Ces maisons s’avèrent un espace idéal pour connaître les véritables soucis de l’heure de nos jeunes ainsi que leurs aspirations", affirme Mme Berdai. "A travers des activités artistiques, culturelles et éducatives, on peut mieux les orienter. Or, ce n’est pas toujours le cas."
Pour sa part, Aouad Dahbi, membre de l'ONG Mon Avenir, explique que les maisons des jeunes donnent aux ONG la possibilité de développer leurs activités à un niveau de proximité. "Cependant, elles sont souvent confrontées à la problématique épineuse du manque des moyens", ajoute-t-il.
Le ministère répond à ses préoccupations grâce à un programme destiné à faire passer le nombre de maisons des jeunes à 656 d'ici 2012. Pour répondre à leur mission de couvrir l'ensemble des jeunes du pays, les responsables du ministère se penchent actuellement sur le renforcement du rôle des maisons des jeunes en matière d'encadrement, de programmes et d'équipements.
Mais le développement du nombre de maisons, qui offrent également un soutien scolaire et des programmes professionnels, ne permettra pas de résoudre la question du financement de celles qui existent, ni de faire cesser les critiques sur les activités proposées.
Mourad Marrakchi, un jeune lycée de Salé, estime que la maison des jeunes de son quartier offre peu de possibilités d'épanouissement pour les jeunes.
"Peu d’associations y participent", explique-t-il. "C’est un lieu qui n’est pas centré sur les préoccupations de la jeunesse, qui a besoin de s’exprimer et de pratiquer ses hobbies dans un cadre organisé."
Au départ, ces maisons de jeunes jouaient leur rôle dans l’encadrement des jeunes et leur épanouissement, a expliqué le sociologue Ali Chaabani à Magharebia, mais elles sont aujourd'hui boudées parce qu’elles offrent peu d’attractions. Créées par les Français durant l'époque coloniale, elles n'ont pas su s'adapter au développement de la société marocaine.
"La situation des maisons des jeunes est restée statique. Elles n’assument plus le rôle qui leur est assigné tant au niveau de l’espace que des infrastructures et de l’encadrement", poursuit-il. "Certains riverains de ces maisons ignorent ce qui se passe au sein de ces établissements qui ont beaucoup perdu de leur rayonnement."
Mais ces clubs font tout ce qu'ils peuvent et ne méritent pas de telles critiques, explique un jeune membre du personnel qui souhaite rester anonyme.
"Tout au long de l'année, des activités culturelles, artistiques et sportives sont organisées au profit des jeunes. Notre porte est ouverte aux associations pour compléter nos activités."
A l'instar de Mme Berdai, les experts soulignent que les opportunités offertes par les maisons des jeunes varient en fonction des activités menées par les organisations locales qui, dans certaines régions, assurent une bon encadrement des jeunes. M. Chaabani fait porter la responsabilité au gouvernement, qui ne fait pas assez, selon lui, pour développer et financer ces clubs.
Il explique qu'une étude détaillée devrait être menée sur la question pour savoir ce que les les gens, et notamment les jeunes, en attendent.
"Cette étude devra se pencher sur le rôle de ces maisons de jeunes à notre époque, ainsi que les perspectives", précise-t-il. "Ces établissements doivent aussi être ouverts à toutes les tranches d’âge."
Pour sa part, Mme Berdai affirme que les responsables et la société civile doivent travailler ensemble pour trouver la meilleure manière de permettre à ces maisons des jeunes de lutter contre les problèmes sociaux comme l'intolérance et l'absence de valeurs morales.
"A travers ces maisons, on peut transmettre des messages à nos jeunes tout en étant sûrs qu’on va atteindre les objectifs escomptés", explique-t-elle.








Murdo Duncan En ligne 2009-09-27
Bon après midi et j'ai trouvé ce site totalement par hasard ! J'aimerais malgré tout vraiment correspondre avec des jeunes de Marrakech et qui peuvent me parler de la réussite ou non de l'INDH. Je voudrais particulièrement savoir si le sport peut être inclus dedans parce que j'ai certaines idées pour les enfants de la Ville Rouge !! Cordialement, Murdo
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